Plusieurs bâtiments de l’université Toulouse Capitole ont été bloqués jeudi 15 octobre 2026. Les étudiants mobilisés dénoncent leurs conditions d’études et apportent leur soutien aux lycéens. Face aux barrages, la direction de l’université a fait appel aux forces de l’ordre pour permettre l’accès aux cours.
La mobilisation étudiante s’est poursuivie ce jeudi 15 octobre à Toulouse. Plusieurs accès de l’université Toulouse Capitole ont été bloqués. Les anciennes facultés et des locaux de la Toulouse School of Management (TSM) ont été concernés. Les étudiants mobilisés ont dénoncé leurs conditions d’études. Ils ont aussi voulu montrer leur soutien au mouvement des lycéens. La direction de l’université a de son côté fait appel aux forces de l’ordre pour débloquer les accès aux bâtiments.
Devant les anciens locaux de Sciences Po Toulouse, aujourd’hui utilisés par l’université Toulouse Capitole, plusieurs étudiants se sont rassemblés dans la matinée. Des poubelles ont été installées devant certains accès pour bloquer les bâtiments.
« Ce matin, on a bloqué les anciennes facs et l’Arsenal », raconte Louise, une étudiante présente sur place. Pour elle, cette mobilisation s’inscrit d’abord dans un mouvement de soutien aux lycéens, mais elle permet aussi de dénoncer des problèmes propres à l’université.
Une étudiante de 18 ans en deuxième année à Sciences Po Toulouse explique que cette mobilisation est inhabituelle à Toulouse Capitole. Selon elle, les étudiants de l’établissement ont moins l’habitude de manifester. Certains ont donc décidé de sortir de cette habitude de « rester dans le silence et dans l’inaction ».
Au-delà du soutien aux lycéens, les étudiants ont aussi leurs propres revendications. Ils dénoncent des salles surchargées, des emplois du temps trop lourds et des températures parfois difficiles à supporter dans les bâtiments. « On se bat contre la pression scolaire, contre la casse du service public, contre les classes surchargées », explique Inès, présente devant les anciennes facultés. Elle dénonce aussi les règles d’assiduité et le manque de vacances. Selon elle, ces problèmes touchent de nombreuses universités françaises.
Les frais d’inscription sont également au cœur des inquiétudes. Les manifestants s’opposent notamment à l’application du dispositif « Bienvenue en France » à l’université Toulouse Capitole. Ce dispositif prévoit des frais d’inscription différents pour certains étudiants étrangers non européens. Les étudiants mobilisés réclament son abandon.
Ils craignent également une augmentation des frais de scolarité en licence et en master. À Sciences Po Toulouse, les revendications portent aussi sur les moyens accordés aux associations et la formation des personnes chargées de lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
La direction de l’université Toulouse Capitole ne partage pas la version des étudiants mobilisés. Frédéric Faisy, directeur général des services, explique avoir appris l’existence des barrages ce jeudi matin vers 6h30. Selon lui, les blocages ont été organisés par un petit groupe de personnes. « Très majoritairement, ils ne sont pas du campus, ils viennent de l’extérieur », affirme-t-il. Il estime que les étudiants de Toulouse Capitole n’ont pas réellement rejoint le mouvement.
Le responsable considère aussi que cette action vise à attirer l’attention des médias. « Ils n’arrivent pas à mobiliser les étudiants de Toulouse Capitole qui, a priori, n’adhèrent pas à leur mode de revendication », assure-t-il. Frédéric Faisy rappelle que le reste du campus était resté accessible jusqu’à jeudi matin. À Sciences Po Toulouse, les cours ont été organisés à distance en raison du blocage. Les autres enseignements à la Manufacture des Tabacs ont toutefois été maintenus, selon la direction.
Face aux barrages, la direction a d’abord tenté de discuter avec les manifestants. Le doyen de l’École de droit et celui de la Toulouse School of Management se sont rendus sur place. « On a essayé de négocier avec eux pour qu’ils laissent l’entrée aux étudiants et aux enseignants, ce qu’ils ont refusé », explique Frédéric Faisy. La direction a alors décidé de demander l’intervention des forces de l’ordre. L’objectif, selon la direction, était de permettre aux étudiants et aux enseignants de rejoindre leurs salles de cours.
Avec le président, on a pris la décision de réquisitionner les forces de l’ordre.
Frédéric Faisy – Directeur général des services de l’Université Toulouse Capitole
Une décision qui a provoqué la colère des manifestants. « Je trouve que c’est une honte que les présidents de fac envoient les flics sur nos facs », dénonce Inès. Pour elle, la direction devrait plutôt répondre aux demandes des étudiants.
À Sciences Po Toulouse, les étudiants ont voté la poursuite du blocage jusqu’à vendredi au moins. Du côté de l’université Toulouse Capitole, rien n’était encore décidé au moment de notre échange avec les étudiants. Une nouvelle assemblée générale doit permettre de se prononcer sur la suite du mouvement.
Les manifestants espèrent convaincre davantage d’étudiants de les rejoindre. La direction souhaite de son côté garantir l’accès aux bâtiments et le maintien des cours. Contacté par France 3 Occitanie, Hugues Kenfack, président de l’université Toulouse Capitole, a lui aussi réagi à cette mobilisation. Selon lui, très peu d’étudiants de son établissement ont participé au blocage. Il explique maintenir un dialogue régulier avec les étudiants pour répondre à leurs demandes. Concernant les craintes d’une hausse des frais d’inscription, il rappelle que ces tarifs sont fixés par le ministère de l’Enseignement supérieur et non par l’université.
« Manifester, oui. Dialoguer, oui. Bloquer, non », affirme-t-il. Il n’exclut pas de faire de nouveau appel aux forces de l’ordre si des bâtiments sont bloqués. Hugues Kenfack a également confirmé que les accès avaient été libérés et que l’université était de nouveau ouverte ce jeudi après-midi.
