Le tribunal judiciaire de Perpignan a rendu sa décision ce vendredi 24 juillet 2026. Le domaine Lafage reprend le Groupement interproducteurs Collioure Banyuls. Une issue favorable pour le GICB après plusieurs mois de procédure qui devrait permettre de préserver une partie des emplois et d’assurer la poursuite de l’activité viticole catalane, alors que la coopérative était menacée par une dette de 20 millions d’euros.
Soulagement pour l’avenir du GICB sur la Côte Vermeille. Après plusieurs mois d’incertitude et plusieurs reports de décision, le tribunal judiciaire de Perpignan a finalement validé ce vendredi 24 juillet, l’offre de reprise de la coopérative viticole portée par le domaine Lafage.
Le domaine Lafage, installé dans les Pyrénées-Orientales depuis sept générations et exploitant plus de 300 hectares de vignes, devient donc le nouvel acteur central du cru Banyuls-Collioure.
Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une victoire mais d’une responsabilité.
Jean-Marc Lafage, propriétaire du domaine perpignanais.
La structure portera désormais le nom de « Terrasses Vermeilles » indique le domaine Lafage dans un communiqué. Nouveau nom, nouvelle dynamique afin de « transmettre aux générations futures des appellations plus fortes, plus attractives et plus reconnues, en France comme à l’international, sans jamais renier leur identité. Une réussite qui ne pourra être que collective. »
L’enjeu avec cette nouvelle étape est désormais de réussir la transition pour les appellations Collioure et Banyuls, « elle marque le début d’un projet construit autour d’une ambition claire : préserver un patrimoine viticole exceptionnel, assurer la continuité des activités et redonner des perspectives durables aux producteurs, aux salariés et à l’ensemble de la filière. »
Terrasses Vermeilles réunira près de 500 producteurs, 500 hectares de vignoble, représentera 60% de la production des appellations Banyuls et Collioure avec environ 10 000 hectolitres (production 2025) et près d’un million de bouteilles commercialisées chaque année.
Le dossier du GICB aura connu plusieurs étapes avant cette échéance. Après avoir bénéficié d’un plan de sauvegarde depuis 2014, la coopérative avait été placée en redressement judiciaire au printemps 2026 face à l’aggravation de ses difficultés financières.
Une période d’observation avait alors été ouverte, avec une nouvelle audience fixée au 9 juillet dans le but d’examiner la poursuite de l’activité et les éventuelles offres de reprise.
Lors de cette audience, une seule proposition a finalement été confirmée devant le tribunal, celle du domaine Lafage, acteur majeur de la viticulture catalane. La décision avait alors été mise en délibéré au 24 juillet.
Après avoir bénéficié d’un plan de sauvegarde depuis 2014, la coopérative avait été placée en redressement judiciaire au printemps 2026 face à l’aggravation de ses difficultés financières. • © FTV
Le GICB, c’est environ 50 % du cru Banyuls-Collioure et plusieurs centaines de producteurs, ce qui constitue un acteur économique de taille sur la Côte Vermeille.
Mais depuis plusieurs années, la structure accumule les difficultés, baisse des volumes produits, recul des ventes, outil industriel devenu trop important par rapport à l’activité et lourde dette financière.
Le passif atteint aujourd’hui les 20 millions d’euros, mettant en péril la poursuite de l’activité sous sa forme actuelle.
Le GICB c’est environ 50 % du cru Banyuls-Collioure et 500 producteurs. • © FTV
Présenté devant le tribunal judiciaire de Perpignan, le projet du domaine Lafage prévoit une reprise des actifs du GICB à hauteur d’un million d’euros ainsi qu’un engagement financier complémentaire sur plusieurs années, 10 millions d’euros sur dix ans, notamment pour les stocks.
L’objectif affiché du repreneur est de permettre aux 500 coopérateurs d’être rémunérés progressivement et de maintenir une activité viticole sur la Côte Vermeille.
Parallèlement, le projet prévoit également la reprise d’environ 70 % de la centaine de salariés de la structure.
