Le 13 avril dernier, la cour criminelle de l’Hérault condamnait deux jeunes à 5 et 6 ans de prison, pour une bagarre ayant laissé Lorenzo lourdement handicapé. L’un d’eux a fait appel. Il vient d’être remis en liberté. La famille de la victime, choquée, exprime sa colère et son incompréhension.
Après quinze jours de détention, Lucas B., 28 ans, est donc remis en liberté sur décision de justice. Condamné par la cour criminelle de l’Hérault à 6 ans de prison, il a fait appel du verdict prononcé le 13 avril 2026. Reconnu coupable d’une agression violente qui a laissé le jeune Lorenzo Roques tétraplégique, il nie les faits. La bagarre avait eu lieu à Lattes, près de Montpellier, en août 2020.
Si cette décision d’appel n’est pas une surprise (son avocate l’avait annoncé à France 3, à l’issue du procès de première instance), la remise en liberté du jeune homme choque en revanche la mère de la victime.
Lorenzo et sa famille se disent exaspérés par cette annonce. Jointe par téléphone, Elise, la mère du jeune tétraplégique, est en colère.
Je suis sans voix. Après 5 ans et demi d’attente, où les agresseurs de mon fils ont vécu libres et sans contrainte, alors que lui a failli mourir 4 fois, a subi des opérations et a vécu l’enfer, la justice en condamne deux à de la prison ferme. Et quelques jours après, un est remis en liberté. C’est honteux. Mon fils, lui, il est handicapé à vie.
Elise, mère de Lorenzo.France 3 Occitanie.
Elle poursuit : « cette décision est un manque de respect pour mon fils. Libéré au bout de 15 jours, il est dehors alors qu’il a été condamné à 6 ans de prison ferme. Une peine que j’estime déjà légère pour ses actes. Et on ne sait pas quand il sera rejugé, dans 2 ans, 3 ans ou plus ! ».
Pour Elise, cette décision, prise dans l’attente de la tenue du procès en appel, est incompréhensible.
La juge de la chambre de l’instruction qui a décidé mardi de remettre cet agresseur en liberté est la même qui avait également en 2020, juste après l’attaque de Lorenzo, remis en liberté les jeunes après leur détention provisoire de 3 ou 4 jours. Je ne sais pas si elle est mère ? Mais ce n’est pas cela la justice.
Elise, mère de Lorenzo.
À l’audience, mardi dernier, l’avocat général, s’était pourtant dit « totalement opposé à une remise en liberté compte tenu de la gravité des faits et de la peine prononcée ». Il n’a donc été suivi par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier.
Pour Lorenzo, sa mère et sa famille, c’est une nouvelle longue attente qui s’annonce jusqu’à la tenue du procès en appel de Lucas B, dans de nombreux mois voire années.
On repart pour des mois de combat, un nouveau procès. C’est inhumain psychologiquement !
Elise, mère de Lorenzo.
De son côté, Maître Maryse Pechevis, l’avocate de Lucas B., expliquait sa décision de faire appel, dès le 13 avril 2026, à l’énoncé du verdict, avant lequel elle avait plaidé l’acquittement pour son client. Elle s’était déclarée « consternée par le verdict« .
« On ne comprend pas sur quoi ça repose puisque les médecins légistes, les témoins, tous viennent conforter l’hypothèse suivant laquelle on a une première action qui est à l’origine de la tétraplégie de Lorenzo. Nous avons pu démonter le fait que les autres éléments qui étaient retenus à charge ne reposaient sur rien et on ne comprend pas« .
La version de mon client a toujours été la même depuis le départ. Il est arrivé dans le fossé pour secourir les deux protagonistes. Il n’a jamais mis aucun coup à la victime et il déplore évidemment l’état dans lequel se trouve Monsieur Roques.
Maître Maryse Pechevis, avocate de Lucas B., le 13 avril 2026
Un axe de défense qu’avait contesté Lorenzo à la barre lors du procès de première instance. En principe, la procédure d’appel suspend l’exécution du jugement. C’est ce que prévoit l’article 506 du code de procédure pénale. Une personne condamnée reste donc en liberté pendant la procédure d’appel, sauf décision contraire du tribunal, selon les explications du site internet spécialisé Alter Avocats. Un condamné en attente d’appel est toujours présumé innocent.
