Après quatre semaines sans pluie, les quelques gouttes tombées en début de semaine ont rafraîchi les vignes. Mais en cette période de début de vendanges, les vignerons doivent faire face au moindre changement de météo pour préserver leur production de vin.
Comme un capitaine de navire, le vigneron aujourd’hui est ballotté par une météo capricieuse. La pluie de la veille a fait du bien à ces parcelles.
« On voit encore que c’est mouillé à 11 h du matin. C’est encore trempé. Donc, par la feuille, la plante respire », explique Jean-Luc Viguier, vigneron à Castries dans l’Hérault.
Les deux épisodes caniculaires ont relativement épargné ces rangées. Lors de la taille, le domaine a ajusté le voile de feuillage pour protéger le raisin des brûlures du soleil.
« Ça fait comme une casquette qui protège des brûlures de soleil. À 42 degrés, la chlorophylle ne fonctionne plus. C’est comme si on nous mettait en plein soleil sans bouger. Si cela dure que quelques heures, ce n’est pas très grave, mais lorsque cela dure des heures et des heures, la plante peut avoir des séquelles, même sur la production de l’année suivante », poursuit le vigneron.
Les vignes sont impactées par les aléas climatiques • © FTV
Les vendanges vont commencer et il faut faire vite car un épisode orageux est prévu dans quelques jours. Face aux caprices du climat, la machine à vendanger est aujourd’hui le gouvernail essentiel pour sécuriser une récolte. Elle peut vendanger un hectare en seulement deux heures.
« Si l’on veut, on peut vendanger à 5 ou 6 km/h dans la rangée. Avant, on n’avançait pas aussi vite. Ça permet de sauver la vigne, de sauver notre récolte pour laquelle on travaille pendant un an, » détaille Christian Rastouin, tractoriste.
Les machines à vendanger permettent de récolter plus vite le raisin. • © FTV
Dans la cave la machine d’embouteillage tourne à plein régime. Mais tout ce vin en stock sera consommé sur place.
Car chaque vendredi l’été, 1 500 personnes en moyenne viennent faire la fête au domaine.
Près de 40 % de notre activité est générée par nos évènements œnotouristiques que nous avons développés autour de notre domaine. Cela nous permet d’être plus solides en cas de problèmes climatiques qui sont de plus en plus fréquents.
Nicolas Viguier, vigneron
Ajuster la voilure de la taille des feuilles, trouver la bonne fenêtre pour les vendanges et ouvrir son port d’attache aux voyageurs. Une véritable odyssée pour le vigneron dans le contexte du changement climatique.
Écrit avec Olivier Brachard.
