« C’est le point critique » : pourquoi la canicule pourrait faire disparaître les huîtres et les moules de nos assiettes

Avec des températures d’eau proches des 29°C, les conchyliculteurs du bassin de Thau dans l’Hérault s’inquiètent. Les coquillages résistent encore, mais la canicule pourrait tout bouleverser.

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Une légère brise tente de rafraîchir les mas conchylicoles de Mèze dans l’Hérault. Au port du Mourre Blanc, Enzo, ostréiculteur, colle le naissain sur les cordes. Dans 24 heures, ces jeunes huîtres seront immergées dans l’étang de Thau. En surface comme en profondeur, l’eau y atteint les 29 °C.

Ce n’est pas une température record, mais c’est sa précocité qui alerte les professionnels. Enzo Defend, quatrième génération d’ostréiculteur, note que ces épisodes de chaleur sont désormais récurrents. « Depuis plusieurs étés, on observe une mortalité importante, que ce soit ici, à Bouzigues ou ailleurs », explique-t-il. Le dérèglement climatique devient une menace sérieuse pour leur activité.

Encore plus sensibles à la chaleur que les huîtres, les moules doivent être sorties d’urgence. Quentin Rigal, lui aussi ostréiculteur à Mèze, surveille les températures de près. « À 29 °C, c’est le point critique. On a encore quelques tonnes de moules. On les sort toutes, on les met en bassin froid, et on va tenter de les vendre vite. » Il envisage déjà de ne plus produire que du côté de la mer à l’avenir.

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Car une eau trop chaude entraîne une baisse d’oxygène. C’est l’eutrophisation. Si le biotope marin s’appauvrit, les coquillages ne survivent pas. Benoît Augé, un autre producteur du mas, le dit sans détour. « Quand il n’y a plus assez d’oxygène, les coquillages ne tiennent plus. Pour l’instant, on touche du bois. »

La seule solution pour refroidir l’étang, c’est un rafraîchissement nocturne. Cela passe par le mistral, la tramontane ou des orages. Mais les prévisions annoncent une chaleur persistante dans les jours à venir. Et pour les agriculteurs de la mer, ce n’est pas une bonne nouvelle.

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