Troisième samedi de mobilisation contre la vie chère à Nîmes, dans le Gard et un chiffre d’affaires qui fond pour les commerçants du centre-ville. Devoir fermer leurs portes le samedi, à l’approche des fêtes de fin d’année, les pénalise durement.
Ce samedi 31 octobre, les rues du centre-ville de Nîmes sont restées désertes. Personne en terrasse malgré le beau temps, des rideaux de fer baissés, des devantures fermées.
Même si cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère et le manque de moyens dans l’éducation s’est déroulée dans le calme, dans la capitale gardoise où plus de 2000 personnes ont défilé samedi 31 octobre 2026, les commerçants font grise mine.
Edith Ifergane, qui tient une boutique de prêt-à-porter pour femme dans l’Ecusson depuis 12 ans, se dit exaspérée. Elle n’avait pas connu de situation pareille depuis les mouvements des gilets jaunes, en 2018.
Mon chiffre a été divisé par deux, au mois d’octobre. Ça devient une catastrophe ! En plus, on est livrés à nous-mêmes. Du coup, le samedi, on ferme la boutique alors que ce sont les journées les plus importantes de la semaine.
Edith Ifergane, commerçante à Nîmes
Certains commerçants ont déjà perdu près de la moitié de leur chiffre d’affaires. Pour le président de la CCI du Gard, la situation est intenable. Éric Giraudier pointe du doigt les organisateurs des manifestations qui se sont déroulées à trois reprises le samedi, à Nimes comme ailleurs en France.
« Je pense que les organisateurs ont une responsabilité. Pourquoi choisir le samedi ? Avant, les manifestations n’avaient pas lieu le samedi, on pourrait tout à fait manifester d’autres jours. Ensuite, ils ont aussi une responsabilité sur le choix des itinéraires » affirme le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du département à notre équipe France 3 Pays Gardois.
Les manifestations hebdomadaires inquiètent de plus en plus les commerçants locaux, d’autant que ce mouvement social semble loin de s’essouffler. Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à bloquer les établissements mardi et jeudi procnain et une grève générale intersyndicale est prévue le 5 novembre 2026.
Les commercants comptent les week-ends perdus, à l’approche de Noël. Les mois de novembre et décembre représentent 40% du chiffre d’affaires annuel des commerces de proximité.
