Les salariés de l’entreprise Solutions 30 Énergies de Perpignan, spécialisée dans les télécommunications et la connectivité, ont manifesté devant leur entreprise ce mardi 27 octobre 2026. 250 emplois sont menacés sur l’ensemble des trois agences des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Hérault. Ils dénoncent une mauvaise gestion de la part de leur employeur.
Une cinquantaine de salariés de Solutions 30 Énergie, sont mobilisés ce mardi 27 octobre en matinée devant leur entreprise à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Spécialisée dans les réseaux de télécommunications, la société est en redressement judiciaire depuis fin juillet. Une vague de licenciement devrait toucher une grosse partie des 193 salariés de Perpignan qui dénoncent une situation intenable.
« On a plus de mutuelle depuis le mois de juillet alors qu’on nous la prélève. Ça fait un mois et demi qu’on tourne en rond, qu’on vous dit, on va vous prendre celle-là et celle-là, et au fond il n’y a rien. On nous prélève dans la caisse de congés, ils ne les paient pas. Les gens en ont marre. On nous fait tourner en bourrique. On va sur les chantiers, on n’a pas de matériel. On n’a pas les EPI (Équipement de Protection Individuelle) nécessaires, ils ne nous les achètent pas. On est en redressement. Là, je pense que ça va fermer. On nous mène en bateau », s’agace Bernard, salarié.
Perpignan – Les salariés de Solutions 30 se sont réunis devant leur entreprise pour exprimer leur colère face à une vague de licenciement – 27 octobre 2026. • © FTV
Créée en 1974 sous le nom de Sotranasa par la famille Navarro, l’entreprise est rachetée en 2020 par le groupe luxembourgeois Solutions 30. Mais aujourd’hui un manque de trésorerie pèse sur l’unité locale. Les salariés pointent du doigt la mainmise de la société mère et la gestion calamiteuse :
« Depuis plusieurs mois, ils nous font croire qu’ils vont redresser l’entreprise. Mais au final, il y a un gros passif de plus de 30 millions d’euros. Ça comprend les crédits. Ensuite, il y a un passif de plus de 5 millions d’euros de dettes fiscales : il y a un passif de plus de 12 millions d’euros de dettes au fournisseur. Jamais aucune entreprise ne pourrait se relever d’un passif de 50 millions d’euros comme ça », s’indigne Pierre Asselin, un autre salarié.
Au total, 250 licenciements sont prévus sur l’ensemble des trois agences régionales basées à Perpignan (Pyrénées-Orientales), à Trèbes (Aude) et à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault). Seulement 70 emplois seraient sauvés. Les salariés de Perpignan ont prévu de poursuivre le mouvement toute la semaine.
Réalisé à partir du reportage de Joan Lopez et Frédéric Savineau.
