Les autorités ont dressé le bilan de la manifestation du 17 octobre à Montpellier et se sont projetées sur la prochaine. Elle sera « probablement » interdite prévient la préfète de l’Hérault. Quant au n°1 de a police dans le département, il déplore 35 blessés chez les forces de l’ordre. Interview.
« Pour l’instant, il n’y a pas de déclaration mais s’il y a une déclaration, il y aura probablement une interdiction ». Hors de question pour la préfète de l’Hérault de revivre une journée comme celle du 17 octobre. Chantal Mauchet avertit qu’elle sera très exigeante quant aux conditions d’organisation d’une éventuelle manifestation ce samedi. Benoît Desmartins, le directeur interdépartemental de la police nationale de l’Hérault, déplore quant à lui 35 blessés dans les rangs de la police, le samedi 17 octobre. revient sur ce qu’il considère comme étant « du jamais vu » à Montpellier.
Benoît Desmartins : J’ai, à titre personnel, 25 ans de police et on a échangé avec des personnes particulièrement expérimentées issues de compagnies républicaines de sécurité (CRS), d’escadrons de gendarmes mobiles, c’est à dire des gens qui ne font que ça et ce qu’on a vécu samedi à Montpellier, c’est effectivement inédit en terme de violence, avec des fusées lances-amarres, avec des gens sur les toits qui lancent des énormes projectiles. Enfin bref, c’était d’une violence effectivement inouïe, avec 35 policiers blessés et j’en aurais sûrement plus.
ICI Hérault : Vous semblez très remonté ?
Oui, je suis remonté parce que nous sommes des gardiens de la paix, nous sommes là pour défendre les valeurs qui nous sont chères, celles de la France et de la République donc on n’est pas là pour ennuyer, on est là pour encadrer les manifestations. On est là au service de la population, pour lutter contre les cambriolages, les stupéfiants… etc.
S’en prendre aux forces de l’ordre, comme cela a été le cas samedi, avoir autant de blessés dans mes rangs, effectivement je ne peux être que remonté. Je salue leur courage, leur abnégation, leur dévouement mais je peux vous assurer que les policiers héraultais sont très, très, très motivés. Ils seront là, dans les jours à venir, pour assurer la sécurité de nos concitoyens, je n’ai aucun doute là dessus.
Vous déplorez que les policiers aient été délibérément pris pour cible
Ça s’est vu très rapidement. Les tags ont été nombreux dès le départ sur l’Opéra-Comédie, sur le Mac Donald, ces fameux « ACAB » qui sont maintenant devenus la mode et qui sont insupportables. Cela veut juste dire que les tous les flics sont des salauds, c’est insupportable à vivre. Encore une fois, parce qu’on était là pour encadrer cette manifestation.
Très rapidement, on a eu les dégradations des magasins et puis des prises à partie délibérées des forces de l’ordre. Ce black bloc a été constitué à un moment, peut-être de l’ordre de 3.000 personnes. Ils voulaient rentrer au Polygone mais ils voulaient surtout, à mon sens, faire un maximum de blessés au sein des forces de l’ordre.
Quand vous parlez d’inédit, vous évoquez aussi la durée des événements : de 16h à minuit sur la Comédie
En fait, je pense qu’on a eu deux épisodes lors de cette journée. L’ultragauche très organisée avec ce fameux black bloc au départ et beaucoup de groupes disséminés en ville. Et puis la population a un petit peu changé, on va dire que c’est une population plus originaire des quartiers plus difficiles qui est, à mon sens, venue pour profiter de la situation et piller les magasins qui avaient été originellement dégradés par l’ultragauche.
Est-ce que le débat sur la disproportion des interventions policières pendant les manifestations vous énerve ?
Oui, alors écoutez, là, moi je n’ai pas grand chose à dire. Si ce n’est que, encore une fois, nous, on est là pour garantir la sécurité de nos concitoyens. On fait le job et et soyez assurés qu’on sera là samedi prochain, très motivés.
Quelle sera la priorité samedi ?
Ça reste évidemment le centre ville de Montpellier, les centres commerciaux, puisqu’on sait, à travers les réseaux sociaux, que certains appellent à attaquer à nouveau les magasins et les bâtiments publics. Les bâtiments publics seront gardés et on sera très, très mobiles et très offensifs dès le départ. C’est vraiment le côté offensif qu’on souhaite avoir samedi prochain.
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