La tendance du Midol cette semaine se penche sur le cas d’Oscar Jegou, qui n’a jamais, depuis l’affaire de Mendoza, évoqué le sujet. Et par la même occasion n’a jamais donné sa version des faits.
Il est temps qu’Oscar Jegou parle. Pas parce qu’il aurait encore à se justifier. Justement parce que les tribunaux l’ont fait pour lui. À trois reprises, la justice argentine s’est donc prononcée en faveur du Rochelais et d’Hugo Auradou dans l’affaire de Mendoza. Trois décisions favorables, trois non-lieux avérés, jusqu’à celui formulé par la Cour suprême, début septembre. On peut commenter ces décisions, les discuter, les trouver lacunaires. Mais il faudrait une sacrée dose de suffisance pour expliquer, depuis la France et le cul posé sur un canapé, que la justice argentine ne vaut rien, que ses magistrats sont tous corrompus, que les audiences étaient tronquées ou que l’on saurait mieux qu’eux ce qu’il s’est passé à des milliers de kilomètres de là, dans la chambre 603 de l’hôtel Diplomatic. Pour qui se prend-on, au juste ?
La place qu’il est en train de prendre en Bleu
Hugo Auradou, lui, a donc récemment entrouvert la porte. Son interview était cadrée, encadrée, certains sujets laissés de côté. Mais il a parlé. Il a mis des mots sur une partie de cette histoire et repris, au moins un peu, possession de son récit. De son côté, Oscar Jegou se tait encore. Ou d’autres ont décidé pour lui que le silence devait perdurer. Nous n’en savons rien et c’est précisément le problème. Sollicités par nos soins à de multiples reprises, le joueur, son club et son conseil n’ont pas donné suite. Pourtant, Jegou aurait aujourd’hui tout intérêt à raconter. Pas pour rejouer le procès ou enfoncer Soledad, la plaignante. Plutôt pour expliquer ce qu’il a vécu et fermer la porte, à jamais. Parce que Mendoza, deux ans et demi après les faits, continue de produire un bruit de fond autour de sa personne. Il accompagne qu’on le veuille ou non chacun de ses grands matchs, chacune de ses sélections, chacun de ses retours sous le maillot bleu. Et ce brouhaha devient d’autant plus gênant que le troisième ligne commence à changer de dimension. Jegou, l’hybride qui plaît tant à Galthié, est en train de prendre une place importante en équipe de France et le maillot bleu ajoute encore quelque chose à cette nécessité de parole. Un international a droit à son jardin secret, évidemment. Mais l’équipe de France n’appartient ni aux joueurs, ni au sélectionneur : elle appartient à tout le monde. Aux millions de fadas qui la regardent, la suivent, l’aiment ; en ce sens, porter ce maillot expose davantage et oblige parfois à répondre aux questions que le public se pose.
Alors, avant novembre, ce serait le moment. Qu’il parle une fois. Longuement s’il le souhaite, brièvement s’il le préfère. Mais qu’il reprenne enfin la main sur une histoire que tout le monde raconte à sa place depuis plus de deux ans. Après ça, Mendoza cessera peut-être d’entrer sur la pelouse avec lui. Après ça, on ne parlera plus que de rugby. Promis.
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