Dix ans après la mort d’Anthony Foley à la veille d’un match face au Racing 92, le Munster retrouve samedi les Ciel et Blanc, à Cork. Une affiche chargée d’émotion, choisie par la province irlandaise pour honorer la mémoire de son ancien capitaine.
Ce dimanche matin du 16 octobre 2016, Anthony Foley ne descendit jamais rejoindre ses joueurs. Le Racing devait recevoir le Munster quelques heures plus tard à Colombes, pour la première journée de Coupe d’Europe. Mais dans cet hôtel de Suresnes où la province irlandaise avait posé ses valises le temps du week-end, son entraîneur venait de mourir. Il avait 42 ans. Foley fut retrouvé sans vie dans sa chambre. Une autopsie révélera plus tard qu’il avait succombé à un œdème pulmonaire aigu provoqué par une maladie cardiaque. Le match fut évidemment reporté. Le rugby et ses futilités s’arrêtèrent quelques heures. Car « Axel » n’était pas seulement l’entraîneur du Munster. Il en était l’un des visages, une quasi incarnation de la province irlandaise. Né à Limerick, formé à Shannon, international irlandais à 62 reprises, il avait porté 202 fois le maillot de la province et l’avait menée, comme capitaine, à sa première Coupe d’Europe en 2006. Deux ans plus tard, le Munster soulevait encore le trophée.
Les Racingmen dans un stade plus vaste que Thomond Park
Sa disparition provoqua une onde de choc immense en Irlande et bien au-delà. Quelques jours plus tard, son corps fut ramené à Killaloe, son village du comté de Clare. Près de 20 000 personnes envahirent alors les rues pour l’accompagner une dernière fois, formant autour du cercueil une interminable procession. Nous avions rencontré son père Brendan un an plus tard, dans un pub du village. Lui-même ancien international irlandais et membre de l’équipe du Munster qui terrassa les All Blacks en 1978, il nous avait raconté ce dimanche parisien. L’appel reçu alors qu’il se promenait près de la Seine. Le taxi jusqu’à Suresnes. Puis l’ascenseur, le couloir et cette chambre où reposait son fils. « Anthony était si tranquille. Mon petit garçon semblait juste dormir », nous avait-il confié.
Dix ans ont passé et le calendrier possède parfois une précision bouleversante. Pour célébrer la mémoire de Foley, le Munster a choisi cette rencontre face au Racing, précisément l’adversaire qui l’attendait le matin de sa mort. Le rendez-vous a même été déplacé au Páirc Uí Chaoimh de Cork, immense enceinte de 45 000 places, afin de donner à l’hommage une dimension à la hauteur du personnage. Samedi soir, à la mi-temps, les supporters seront ainsi invités à applaudir pendant huit minutes. Huit, comme le numéro que portait Foley sous le maillot rouge.
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