Affaire Jubillar : « sans affect », « enferré dans ses mensonges », découverte de nouveaux ossements, ce que qu’il faut retenir au lendemain de la reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel et de la découverte de nouveaux ossements

D’une durée d’environ de trois heures, la reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel, en 2020 dans le Tarn, vendredi 2 octobre, a laissé les parties civiles sans réponse. Trois mois après ses aveux, Cédric Jubillar ne s’est livré à aucune nouvelle révélation concernant son crime tandis que d’autres ossements ont été découverts la veille lors de nouvelles fouilles. Bilan de ces deux nouvelles étapes décisives avant le procès en appel à Toulouse prévu au printemps prochain.

La reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel, en 2020 dans le Tarn, s’est achevée, ce vendredi 2 octobre 2026 sans nouvelle révélation ni de version des faits crédible de la part de Cédric Jubillar, selon les avocats des parties civiles. Pour eux, le peintre plaquiste de 39 ans s’est empêtré dans ses contradictions. Celle-ci s’est déroulée devant les avocats des parties civiles et de la défense de Cédric Jubillar.

Décidée à la suite des aveux de culpabilité du peintre plaquiste en juillet dernier, elle s’est déroulée d’abord dans la maison inachevée du couple dans le village de Cagnac-les-Mines, près d’Albi, puis dans le champ où ont été retrouvés les ossements de l’infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants, sur la commune de Mailhoc, à une dizaine de kilomètres de l’habitation. Encadrée par un important dispositif de forces de l’ordre, l’opération à laquelle assistaient enquêteurs, représentants de l’accusation, avocats de la défense et des proches de la victime, a duré environ trois heures.

« Sans véritablement avouer les faits, il les a reconnus », a relevé Laurent Boguet, avocat de l’administratrice judiciaire en charge des enfants du couple Jubillar, après ce qui constituait la deuxième procédure de reconstitution dans ce dossier, après une première organisée en décembre 2022. « Il a fait le geste sans facilité particulière, il n’avait pas le sourire aux lèvres, mais il n’était pas complètement dévasté par la remise en situation », déclare encore Me Boguet à notre équipe d’ICI Occitanie TV.

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La matinée a laissé sur leur faim les représentants des parties civiles, seuls à s’exprimer.

« Je crois qu’on est encore loin du compte. Maintenant, il va y avoir un procès devant la cour d’assises et on va pouvoir débattre de tout ce qui ne va pas (…) il y a des choses qui ne collent pas », a souligné Malika Chmani, qui représente les deux enfants du couple, avec Me Boguet. Il « continue de s’enferrer dans ses mensonges à l’infini, il dit tout et n’importe quoi, nous n’avons rien appris de nouveau », regrette-t-elle.

Pour Mourad Battikh, avocat d’oncles et tantes de la victime, la version des faits de M. Jubillar est « un scénario construit, sans témoin, un scénario qui ne tient pas la route au regard des éléments matériels et pragmatiques auxquels il est confronté ».

Le 16 juillet, après cinq ans de déni, Cédric Jubillar, 39 ans, a fini par admettre son crime, puis il a conduit les enquêteurs le lendemain à l’endroit où il avait dissimulé le cadavre de son épouse.

Après « avoir étranglé son épouse » comme il l’a indiqué lors de ses aveux, Cédric Jubillar avait déclaré « l’avoir porté sur son épaule jusqu’au champ où il l’a enterré ». Une scène qu’il a eu du mal à mimer. « Il a été incapable de porter le corps de Delphine. Mis en situation, il a été mis en difficulté immédiatement », a détaillé Me Battikh, tandis qu’un de ses confrères racontait un mis en cause qui était « mal » au moment de refaire le geste d’étranglement sur une gendarme jouant le rôle de son épouse.

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A Mailhoc, l’accusé a réexpliqué comment il s’était débarrassé du corps de sa victime. « Dans le champ, il a réussi à remimer la scène, on lui a fait gratter la terre. Il a expliqué qu’il avait mis Delphine là et qu’il avait cassé le haut des buttes de terreau pour recouvrir le corps », décrit encore Me Philippe Presseq, avocat de l’une des cousines de la victime. Pour lui, Cédric Jubillar n’a pas encore compris que ses seuls aveux ne suffisaient pas.

« Avouer un meurtre, dit-il, c’est quelque chose d’important mais quelque chose d’important aussi, ce sont les circonstances du meurtre, la préméditation, la façon de tuer, la façon de se séparer du corps (…) et là, ce qu’il a à dire est tellement horrible, qu’il n’arrive pas à le dire et qu’il ne le dira jamais ».

Autre avocate présente, Pauline Rongier, qui défend les intérêts d’une amie de Delphine Aussaguel, « a vu un Cédric Jubillar froid, sans affect qui a décrit très factuellement un scénario sans émotion, sans parler d’elle, sans expliquer ce qu’il a pu ressentir en la voyant morte, sans incarner non plus tous ses actes ».

Me Rongier estime que son attitude de la matinée ne fait que confirmer « non seulement l’idée d’une intention de tuer mais également d’une réflexion préalable et d’une éventuelle préméditation ».

L’avocat de Cédric Jubillar présent lors de la reconstitution, Pierre Debuisson, n’a de son côté pas souhaité s’exprimer devant la presse.

Mercredi et jeudi, une nouvelle séquence de fouilles, très attendues par la famille et les proches, a été organisée par les gendarmes, dans un champ de Mailhoc, qui n’avait pas encore fait l’objet d’investigations, selon une source proche de l’enquête. Des ossements ont été retrouvés, a appris ce vendredi nos confrères de Franceinfo de source proche de l’enquête.

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« Ces nouvelles fouilles ont eu lieu près du village de Mailhoc. Les enquêteurs doivent désormais déterminer si ces ossements sont humains ou pas. Les ossements sont à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale en train d’être analysés. Le résultat doit être connu sous 48 heures », précise encore une source proche de l’enquête.

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, Cédric Jubillar a fait appel de la décision. Un nouveau procès se déroulera à Toulouse du 30 avril au 14 mai, devant la cour d’assises de Haute-Garonne.

Ecrit avec AFP et d’après les propos recueillis par Laurent Dubois et Frédéric Dess

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