Après plusieurs jours de mobilisation, les pêcheurs ont levé leurs blocages. Jeudi 17 septembre 2026, la ministre de la Mer a reçu les représentants des pêcheurs méditerranéens et des mesures ont été annoncées. Ces dernières sont jugées insuffisantes par certains d’entre eux.
Si les blocus sont levés, les tensions ne sont pas forcément apaisées. Depuis lundi 14 septembre 2026, un grand nombre de pêcheurs de la Méditerranée se mobilisent contre l’augmentation du prix du gasoil et la distribution des quotas de pêche au thon rouge. Des ports et des dépôts pétroliers ont été bloqués.
La ministre de la Mer, Catherine Chabaud, a reçu les représentants de pêcheurs de Méditerranée, jeudi 17 septembre 2026 et a annoncé différentes mesures.
Lors de cette réunion, la ministre a proposé plusieurs aides pour tenter d’apaiser la mobilisation. Un « plan d’urgence » a donc été mis en place afin « d’apporter des solutions pour soulager la trésorerie des pêcheurs tout en construisant un avenir pour la pêche en Méditerranée ».
Concrètement, le ministère indique que « la répartition historique des quotas de thon rouge ne sera pas remise en cause ». Pourtant, il y a quelques semaines l’État avait affirmé que 66% des surquotas de pêche seraient distribués pour la façade atlantique et 33% pour la Méditerranée. Un choix incompréhensible pour les pêcheurs de thon, car en général 89% des surquotas vont à la mer et non à l’océan. Ce retour en arrière est donc bienvenu.
Pour la question du carburant, l’état propose la prolongation des aides carburant jusqu’à la fin décembre 2026. L’aide sera donc portée à 35 centimes par litres et « atteindra le maximum autorisé par le Parlement européen », soit une augmentation de 10 centimes par litres. L’accélération des délais de paiement pour les aides des mois de juin, juillet et août devrait également avoir lieu dans les prochains jours.
Enfin, la ministre s’engage « à la mise à disposition d’un prêt à taux zéro », pour soulager les difficultés de trésorerie.
Si ces mesures ont permis de stopper la mobilisation pour le moment, plusieurs représentants les juges insuffisantes. « J’ai un peu l’impression qu’on s’est fait enfumer, pour moi, c’est loin d’être réglé », abonde Manu Martinez, prud’homme des pêcheurs de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). « Vu l’augmentation rapide du gasoil, ça ne sert à rien. On pensait qu’on aurait beaucoup plus, il ne faut pas donner des compensations, il faut plafonner le gasoil », martèle-t-il.
Plusieurs blocages ont eu lieu à Sète, au Grau-du-Roi, à Port-Vendres entre le 14 et le 17 septembre 2026. • © France Télévisions.
Maintenant, il faut faire des très bonnes pêches pour ramener quelque chose, le salaire est divisé par trois par rapport à il y a cinq-six mois.
Manu MartinezPrud’homme de Port-Vendres
Du côté du prud’homme de Sète, la réaction est plus mesurée, mais les pêcheurs attendent de pied ferme la venue de la ministre de la Mer à Sète, lundi 21 septembre 2026 : « On reste sur nos gardes, si on n’est pas convaincu, en une demi-heure ce sera rebloqué », prévient Bernard Di Maio. « Elle a bien compris que si elle ne va pas dans notre intérêt, il y aura des problèmes », assure-t-il. La ministre est également attendue au Grau-du-Roi, dans le Gard, le même jour.
Toujours est-il que le prix du carburant cristallise les tensions, et que ces 10 centimes d’aide par litre paraissent insuffisants. La grogne pourrait toucher d’autres professions selon Manu Martinez : « Les agriculteurs, les routiers, je pense que beaucoup de gens vont s’y mettre », conclut-il.
