Les cinq AESH du groupe scolaire Ada Lovelace, à Toulouse ont entamé un mouvement de grève illimité depuis ce lundi 7 septembre 2026. Elles dénoncent le manque de moyens face aux besoins d’accompagnement d’élèves en situation de handicap avec le soutien de l’équipe enseignante, qui se joindra à leur mouvement le 10 septembre.
« On ne lâchera pas ! » avertissent désemparées, Mesourda Bensouci et Linda Benhamimid. Depuis ce lundi 7 septembre, ces deux AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) au groupe scolaire Ada Lovelace, à la Cartoucherie, à Toulouse (Haute-Garonne) ont entamé un mouvement de grève illimité avec leurs trois autres collègues.
À bout de nerfs, elles alertent sur leur impuissance face à un nombre d’enfants plus important dans ce nouveau quartier en pleine expansion. Depuis cette rentrée, elles doivent accompagner 11 enfants âgés entre 3 et 11 ans, donc 10 nécessitent une prise en charge individuelle avec des handicaps lourds. « On a un enfant atteint de trisomie, une autre quasi-non voyante, un autre autiste non verbal, énoncent-elles. Ça veut dire que dans leur notification, il est mentionné qu’ils sont censés être accompagnés d’une personne humaine. Il s’agit d’enfants aux pathologies assez lourdes qu’on ne peut pas laisser seuls pour raison de sécurité. Depuis la rentrée, on a essayé de gérer, mais ce n’était pas possible. On a fini en pleurs, chacune ! »
Elles réclament donc l’emploi de deux autres AESH pour compléter leur équipe. « On n’est pas là pour faire un choix, on est là pour les accompagner. On a un cœur et surtout, c’est leur droit à ces enfants comme le veut la loi sur l’école inclusive.« On sait très bien qu’on ne sera jamais 10 AESH pour 10 enfants, mais on demande au moins deux de plus pour essayer de gérer ».
Des arguments qu’elles ont développés auprès de l’inspecteur d’académie venu à leur rencontre hier. « Il nous a écoutées et pour lui le plus important, c’est d’accueillir les enfants qui en ont le plus besoin. On est d’accord, mais pour nous, choisir cela revient à de la maltraitance », argumentent encore ces professionnelles dont certaines exercent ce métier depuis dix ans. « On est payée environ 1000 euros par mois. Ce n’est pas le salaire qui nous fait tenir après toutes ces années. Et si on est arrivé là, c’est qu’on est à bout ! », martèlent-elles, toutes les cinq.
Soutenues par la Fédération syndicale unitaire (FSU), les parents d’élèves, elles le seront également ce jeudi 10 septembre par l’équipe enseignante. L’école, qui compte désormais 10 classes en élémentaire et 5 en maternelle, sera complètement fermée une journée et n’accueillera aucun élève. Le syndicat entend lui pointer aussi l’absence de statut de fonctionnaire de ces agents contractuels de l’État. En janvier 2026, les sénateurs ont rejeté la réforme visant à leur intégration dans la fonction publique. Une réforme sur laquelle se penche toujours le gouvernement.
Contacté, le rectorat de l’académie de Toulouse n’a pas encore répondu à notre sollicitation.
