International – Rugby’s Greatest Rivalry. « J’ai les boules ! Si nous ne gagnons pas le prochain match, nous ne pourrons plus gagner la série » : pression sur Le Cap avant d’affronter les All Blacks

Les champions du monde sont menés 1 à 0 dans la série des quatre tests du Rugby’s Greatest Rivalry. Rassie Erasmus n’a pas caché son stress avant le deuxième match du Cap (samedi 17 h 10). Il a choisi la voie de l’autoflagellation. Pour lui, c’est le staff qui a fait perdre les Boks et surtout pas les joueurs. Du classique, en somme…

La nostalgie a de beaux jours devant elle. Cette tournée à l’ancienne des All Blacks en Afrique du Sud a offert un premier test de toute beauté, riche d’un scénario renversant, et elle nous propose un deuxième rendez-vous sous une pression maximale. La pression, elle est surtout sur le dos des Springboks, assommés 33 à 16 et cinq essais à un à Johannesbourg, après avoir pourtant dominé les débats pendant presque une heure. Le verdict fut celui d’une claire démonstration, non pas d’impuissance, mais d’inefficacité.

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Inutile de dire que les critiques ont fusé. On peut le comprendre : les champions du monde en titre restaient sur une série de douze succès de rang. Et ils n’ont plus perdu deux tests consécutifs depuis trois ans et demi, mais c’était à l’extérieur (novembre 2022 face à l’Irlande puis face à la France). Ils n’ont plus perdu deux matchs de rang à domicile depuis onze ans.

« Oui, je suis carrément nerveux »

Demain, au Cap, Rassie Erasmus, le faiseur d’or de la nation arc-en-ciel, sait qu’il devra négocier un sacré virage. Fidèle à sa tendance à s’autoflageller pour « protéger » ses joueurs, il a évoqué ses propres erreurs pour expliquer le revers de Johannesbourg. Il a même fait un petit festival en conférence de presse, cette semaine. « Je ne peux pas dire que je ne suis pas nerveux. Je suis carrément nerveux, nous sommes menés une victoire à zéro et si nous ne gagnons pas le prochain match, nous ne pourrons plus gagner la série, on ne pourra que faire match nul. Alors oui, bien sûr, j’ai les boules », a-t-il lâché mardi.

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Rassie Erasmus est même venu par deux fois s’exprimer ces derniers jours, alors que d’habitude, il laisse sa place à un adjoint pour une des conférences : « Nous nous sommes déjà trouvés un paquet de fois dans cette situation. Mais je trouve normal, quand vous avez des assistants, qu’ils soient en ce moment même en train de réfléchir à la touche, sur les mauls, sur les regroupements. Je veux qu’ils se concentrent là-dessus et non sur ce qu’ils doivent dire en conférence de presse, à savoir ne pas sortir trop de bêtises, ne pas se montrer trop sûr d’eux. Vous savez, cela me prend une demi-heure supplémentaire pour leur dire : « Bon, les gars, évitons de parler pour ne rien dire, de raconter des bêtises ou de faire preuve d’arrogance. » Ainsi, ils peuvent désormais assurer le coaching dans le cadre de leurs rôles respectifs. »

Rassie Erasmus, manifestement content d’être sous les feux des projecteurs, en a profité pour donner la composition de son équipe dès lundi. On a donc constaté qu’il avait changé quatre joueurs de son XV de départ, battant le rappel du monument Siya Kolisi, tout juste rétabli d’une blessure à une cheville. Il subsistait un doute sur sa participation au moment où l’on écrit ces lignes, voilà pourquoi son nom apparaissait en balance avec celui du jeune Paul de Villiers. Erasmus a également changé de charnière, sacrifiant la paire Grant-Feinberg-Mngomezulu au profit d’un duo de vétérans Cobus Reinach – Handré Pollard, 36 et 32 ans. Il a dû aussi remplacer le diabolique Cheslin Kolbe, parti à l’infirmerie « pour une blessure mineure » a-t-il commenté. Il le remplacera par Ethan Hooker, bel athlète des Sharks.

« Non, je ne protège pas mes joueurs »

On a coutume de dire que Rassie Erasmus est l’entraîneur le plus proactif du circuit international et qu’il fait rarement deux fois les mêmes erreurs. Samedi dernier, il avait fait une allusion directe aux plaquages des All Blacks, si efficaces et si bien étudiés pour faire lâcher les ballons à leurs adversaires. Erasmus n’a pas l’intention de revivre ce cauchemar. Mais, décidément très en verve, il a nié vouloir « protéger » ses joueurs. « Non, je ne les protège pas. La vérité, c’est qu’ils ont fait la plupart des choses qu’on leur a demandé de faire. Et ce plan n’a pas suffi à gagner. Ils ne sont donc pas responsables de la défaite. Mais nous formons un groupe. Je ne veux pas que les joueurs aient à expliquer pourquoi nous avons perdu si la responsabilité m’incombe davantage. J’essaie simplement d’être honnête, sans chercher à les protéger. »

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Dans l’autre camp, Dave Rennie a passé une bonne semaine, même s’il doit composer avec des blessures. Samedi dernier, tous ses choix ont été validés, à commencer par la présence en deuxième ligne de Fabian Holland, l’homme qui a contré un dégagement du 9 adverse pour marquer un essai crucial. Mais aussi les mises à l’écart de Beauden Barrett, de Patrick Tuipulotu (remplaçant samedi) et de Rieko Ioane, la confiance à Love à l’ouverture et à McKenzie à l’arrière. Le match de mardi contre les Lions l’a encore prouvé (victoire 41-35), la richesse de ses talents offensifs est telle qu’il peut toujours être sauvé d’une partie mal emmanchée. C’est un sacré matelas.

Erasmus et Rennie devaient d’ailleurs se rencontrer dans la semaine en présence de l’arbitre Angus Gardner mais Erasmus a décliné, jugeant la démarche inutile. Seule une entrevue uniquement avec le directeur de jeu étant fructueuse à ses yeux…

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