Dominée pendant près d’une heure, mais jamais larguée par des Sud-Africains physiquement impressionnants, la Nouvelle-Zélande a fait rompre les doubles champions du monde Springboks pour s’offrir une victoire de prestige lors du premier test du Rugby’s Greatest Rivalry (33-16). Au lendemain de la rencontre, les médias internationaux saluent la résilience des hommes en noir et pointent du doigt les erreurs inhabituelles des Sud-Africains, stériles offensivement. Revue de presse.
Avec cet Afrique du Sud – Nouvelle-Zélande, on s’attendait à tout. Du sang, du combat, des collisions féroces. Et aussi, pour la plupart d’entre nous, à une nouvelle victoire des invincibles Springboks. En tout cas, on ne s’attendait pas à voir les All Blacks s’offrir un tel succès à l’Ellis Park, de dix-sept points s’il vous plaît ! Une véritable leçon de courage et de résilience de la part des coéquipiers d’Ardie Savea, qui, même s’ils se sont fait retourner pendant une heure en mêlée et ont subi les coups de boutoir à répétition des golgoths Wiese, Etzebeth et consorts, n’ont jamais baissé pavillon et ont fini par renverser le match.
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Au lendemain de ce premier choc du Rugby’s Greatest Rivalry, la presse internationale a salué la performance des All Blacks, qui « ont gagné la guerre » d’après le média sud-africain Independent Online. Une guerre ? C’est le moins qu’on puisse dire tant ça a cogné fort entre les deux meilleures nations mondiales. « C’était un combat acharné, une bataille brutale, physique, technique, tactique et véritablement épique entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande« , explique Planet Rugby.
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Des Springboks stériles offensivement
À ce petit jeu-là, on avait pris l’habitude de voir la nation arc-en-ciel épuiser ses adversaires et dérouler dans le dernier quart d’heure. Mais pas cette fois-ci. Pas face à ces All Blacks héroïques défensivement, et qui se sont « nourris des miettes » laissées par les Springboks. Outre-Manche, The Guardian n’a pas hésité à pointer du doigt les hommes de Rassie Erasmus après cette défaite. « L’Afrique du Sud s’est effondrée. C’était une humiliation totale. La maîtrise du ballon des Springboks était déplorable, mais leurs puissants coureurs, menés par le numéro 8 Jasper Wiese, et leur mêlée impitoyable leur ont offert, pendant les 40 minutes centrales du match, une base qui aurait suffi à balayer la plupart des équipes. »
Et pourtant, les Boks ont enregistré leur plus large défaite face à leurs meilleurs ennemis depuis le 16 septembre 2017 (57-0 lors du Rugby Championship). Après avoir sorti la sulfateuse, le média britannique a tenté d’expliquer les raisons de cette défaite : « la défense néo-zélandaise avait plus de mordant, leur distribution du ballon à l’Ellis Park a été exemplaire et leur rapidité de réflexion était hors du commun. Ce match ressemblait en tout point à une bataille entre l’intelligence et la force physique, et c’est l’intelligence qui l’a emporté.«
La mêlée, seul point d’ombre au tableau des Néo-Zélandais
Certes, les Néo-Zélandais ont sorti le match presque parfait pour faire tomber les hommes de Rassie Erasmus, qui restaient sur une série de dix victoires consécutives. Mais pour espérer remporter cette tournée face aux Boks, les Blacks vont devoir corriger un secteur où ils ont souffert pendant de longues minutes à l’Ellis Park : la mêlée. Même si le tournant du match est sans aucun doute cette pénalité récupérée par le pack néo-zélandais sur leur cinq mètres à l’heure de jeu, il ne doit en aucun cas occulter le concassage en règle qu’ont subi les All Blacks pendant les soixante premières minutes. « Franchement, c’était des hommes contre des gamins, pose d’emblée Planet Rugby. Ox Nche, Malcolm Marx et Wilco Louw repoussaient Ethan de Groot, Codie Taylor et Tyrel Lomax vers l’arrière à une vitesse stupéfiante. Ce fut une véritable déroute pendant 54 minutes, durant lesquelles la Nouvelle-Zélande n’a affiché qu’un taux de réussite catastrophique de 57 %. Une véritable démolition comme on n’en avait pas vue depuis que les Boks avaient écrasé les phases statiques de l’Irlande. »
Heureusement pour les Blacks, Dave Rennie a été inspiré sur le banc et ses remplacements ont tout changé. Bower, Aumua et Newell ont rivalisé avec les finisseurs springboks, si ce n’est plus, permettant aux flèches néo-zélandaises de s’exprimer pleinement. D’ailleurs, Planet Rugby n’est pas passé par quatre chemins pour décrire l’échec inhabituel du « bomb squad » devenu marque de fabrique du staff sud-africain. « Les remplaçants ont livré une piètre prestation. Dès l’entrée en jeu de Porthen, la mêlée est devenue davantage un handicap qu’un atout. Marco van Staden et Cobus Reinach ont tous deux reçu un carton jaune, tandis que Cobus Wiese n’a pas brillé lors de sa brève apparition en fin de match et a perpétué la série d’erreurs de ses coéquipiers des Springboks. »
Pris à leur propre jeu, les doubles champions du monde en titre ont eu toutes les peines du monde à finir la rencontre, réduits à 13 pour les dix dernières minutes après les exclusions de van Staden et Reinach. Une aubaine pour l’insaisissable Will Jordan, qui s’offrait d’ailleurs un doublé à la 76e. « Les Springboks se sont retrouvés à courir après des ombres dans un Ellis Park plongé dans un silence stupéfait« , résumait le quotidien britannique The Telegraph.
Sacha Feinberg-Mngomezulu, symbole de l’échec sud-africain
Finalement, les Sud-Africains ont pris une « belle claque« , dixit Rugby Pass, à tel point que « des milliers de supporters sud-africains quittaient les tribunes à cinq minutes de la fin de la rencontre » d’après Independent Online. Une situation rarissime au pays, alors que la deuxième rencontre prévue au Cap samedi prochain (17 h 10) est déjà dans toutes les têtes. Pourtant si brillant en 2025, l’ouvreur Sacha Feinberg-Mngomezulu n’est plus que l’ombre de lui-même depuis sa blessure à la cheville survenue en mai dernier, et pourrait voir sa place dans le XV titulaire menacée à en croire Planet Rugby : « Il avait semblé rouillé face à l’Argentine, et sa performance (contre les All Blacks, N.D.L.R.) n’était guère meilleure. Il a pris certaines décisions irréfléchies et sa prestation s’est dégradée au fil du match : la pression liée au score l’a conduit à prendre de mauvaises décisions et à en faire trop. Il ne serait pas surprenant de le voir débuter sur le banc le prochain test.«
Peu importe la composition, les Springboks devront impérativement gagner le deuxième test s’ils veulent garder un espoir de remporter cette première édition du Rugby’s Greatest Rivalry. Mais après cette défaite, les questions sont nombreuses pour Rassie Erasmus… La mêlée tiendra-t-elle aussi longtemps ? Le « Bomb Squad » retrouvera-t-il son efficacité ? Et surtout, les Boks sauront-ils proposer autre chose lorsque leur puissance ne suffit plus ? Réponses samedi prochain, au Cap.
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