Au milieu de l’In Extenso Supersevens, un nom bien connu du rugby a fait son apparition. Zack Holmes, qui a entamé une formation d’arbitre, a connu ses premiers coups de sifflet à Biarritz.
Et au milieu de cette ferveur de l’In Extenso Supersevens, Zack Holmes apparut. Ce n’était pourtant pas un endroit où on s’attendait à croiser un joueur de son âge, presque canonique si on compare aux visages juvéniles de la majorité des joueurs qui ont foulé la pelouse d’Aguiléra. Mais ce qui nous a le plus surpris c’est la couleur de sa tunique : verte et frappée d’un logo « La Poste ». Holmes a franchi le Rubicon pour certains, il a gardé ses crampons mais troqué le ballon contre un sifflet.
L’ancien joueur de Toulouse, La Rochelle ou encore l’UBB était bien arbitre pour cette première étape de l’épreuve de « seven ». Il n’était pas le seul dans ce cas, puisque Gwenaël Duplenne, qui a fait presque toute sa carrière à Vannes, avait lui aussi un sifflet autour du cou. « Comme pour les joueurs on veut que le 7 soit un laboratoire et un accélérateur de talent pour les arbitres. On n’a pas de situation où on peut s’entraîner et l’In Extenso Supersevens, c’est le meilleur endroit pour créer ce terrain. Pour nous, ça nous permet de voir leur niveau. Pour eux, c’est une formation accélérée. En deux jours c’est comme s’ils faisaient six mois. C’est la meilleure manière de former ces anciens joueurs professionnels », explique Maxime Chalon ancien arbitre professionnel et aujourd’hui en charge des arbitres de rugby à 7.
L’Australien ne s’est pas trouvé ici par hasard puisqu’il a attaqué sa formation depuis l’an dernier déjà. « J’étais intéressé par l’arbitrage pendant les dernières années de ma carrière. Aujourd’hui, c’était mon premier événement en tant qu’arbitre, ce n’était pas encore parfait mais j’espère m’améliorer », sourit-il après son premier match entre le Lou et les Baabaas. Ce dernier ne voulait pas quitter le ballon ovale et alors que beaucoup prennent place dans les tribunes au sein d’un staff lui a fait un choix beaucoup plus singulier en France. « Je voulais rester au plus près du jeu, proche du rugby. J’ai aussi ma formation d’entraîneur mais j’ai eu l’opportunité de me former en tant qu’arbitre alors je l’ai fait même si je ne suis pas tout jeune ».
Ce n’est pas parce que tu as été un super joueur que tu seras bon arbitre
Mais du côté de la Fédération, on aimerait faire de ces deux brebis perdues un troupeau un peu plus dense. « On a mis en place une filière spéciale pour les anciens joueurs pro et si on voit qu’ils ont des qualités, on accélère un peu même s’ils n’ont pas de passe-droit », raconte Mathieu Raynal, l’ancien arbitre international reconverti en patron des hommes au sifflet aujourd’hui.
La première expérience s’est en tout cas très bien passée pour le double champion de France avec Toulouse (2019 et 2022), même s’il avoue avoir connu une pression certaine avant la première rencontre. « Ce rôle est hyper intéressant. J’étais très nerveux, j’ai eu quelques situations difficiles à gérer mais globalement je me suis senti bien et j’ai pris du plaisir. »
Ni lui ni Gwenaël Duplenne n’ont fait tache et, au contraire, ils se sont montrés sereins avec cette nouvelle tunique. « Ils sont très bien. Ils ont juste les défauts des anciens joueurs. Ils sont dans le tout ou rien. L’arbitrage ce n’est pas ça. Mais ce qui est génial, c’est qu’ils veulent bien faire. Ils sont très à l’écoute, on voit leur passé de professionnel », détaille Maxime Chalon. Quelques petits défauts à gommer encore mais la formation accélérée qu’ils suivent et l’année qui les attend en Fédérale devraient les aider. Si comme le dit Mathieu Raynal : « Ce n’est pas parce que tu as été un super joueur que tu seras bon arbitre », les deux qui ont joué à très haut niveau ont encore tout l’avenir devant eux de l’autre côté du terrain.
.
