Dans un match complètement débridé où les deux équipes se sont rendu coup pour coup avec pas moins de neuf essais inscrits, c’est finalement l’Australie qui s’est imposée (32-35). Un succès important mais encore peu convaincant pour la première de Les Kiss à la tête de la sélection australienne.
Sous une chaleur étouffante — 30 °C et 70 % d’humidité — Australiens et Japonais livrent une première période très ouverte, où les deux équipes cherchent constamment à envoyer du jeu. Les Japonais frappent les premiers grâce à leur jeune ouvreur Ito, auteur de crochets dévastateurs avant d’aller inscrire un essai entre les poteaux. Une première démonstration qui confirme pourquoi son sélectionneur le présente comme l’une des pépites du rugby japonais (7-0).
Les Australiens réagissent rapidement. Après une action brouillonne, Potter est servi en bout de ligne et permet de remettre les deux équipes à égalité (7-7). Mais les Wallabies peinent à sortir de leur camp et accumulent les approximations techniques. Après le premier water break, les Japonais mettent la main sur le ballon et balaient le terrain, profitant des nombreuses pertes de balle australiennes. Les hommes de Les Kiss – pour sa première en tant que sélectionneur – souffrent, mais parviennent à gratter quelques ballons précieux. À la 26e minute, ils obtiennent notamment une pénaltouche et déroulent un lancement parfaitement exécuté. Un véritable « tableau noir » qui permet à Wright, de conclure et de redonner l’avantage aux siens (7-14).
Alors que les Australiens sont à quelques mètres de la ligne japonaise, le deuxième ligne Amatosero intervient dangereusement dans un déblayage (à la 31 ème minute). Il écope d’abord d’un carton jaune, avant que le bunker ne transforme la sanction en carton rouge de 20 minutes après visionnage des images.
En supériorité numérique, les Brave Blossoms en profitent immédiatement pour recoller. Sur une magnifique action collective, leur talonneur se relève après un plaquage et poursuit sa course comme un joueur de Sevens avant de servir son deuxième ligne, Cornelsen, particulièrement habile balle en main. Après deux rucks rapides, la défense australienne est dépassée et Makisi conclut l’action dans l’en-but (14-14). Les deux équipes rentrent aux vestiaires à égalité.
Une victoire poussive…
Les Australiens reprennent la seconde période pied au plancher. Dès la 41e minute, Jorgensen redonne l’avantage aux Wallabies au terme d’une action spectaculaire. Tout part d’un duel remporté par Suaalii, avant une chistera puis une succession d’offloads et de passes relevées. Un enchaînement parfaitement exécuté qui permet à l’Australie de creuser l’écart (14-21).
À peine trois minutes plus tard, le Japon répond. Après un superbe jeu dans le dos de la défense australienne, un boulevard s’ouvre et Ueda, l’ailier japonais, en profite pour aller aplatir. L’essai n’est toutefois pas transformé, laissant les Japonais à seulement deux longueurs (19-21).
Les Wallabies continuent de s’appuyer sur leur capacité à gratter des ballons. À la 46e minute, un nouveau turnover leur permet d’obtenir une pénaltouche. Trois minutes plus tard, McReight conclut un lancement joué au près après la touche et redonne un peu d’air aux Australiens (19-28). Le Japon ne lâche rien et profite de deux pénalités pour recoller progressivement au score. Son numéro 15 convertit les deux tentatives et ramène les siens à trois points (25-28). À l’approche du dernier quart d’heure, les organismes sont à bout. Crampes, joueurs au sol et séquences de jeu de plus en plus hachées témoignent de l’intensité de la rencontre.
À la 70e minute, les Australiens pensent faire le break. Tupou conclut en force après une nouvelle séquence au près et permet aux Wallabies de prendre une avance précieuse (25-35). Mais le Japon ne renonce pas. Les hommes d’Eddie Jones investissent les 22 mètres australiens et multiplient les assauts. Après plusieurs fautes des Wallabies, ils finissent par trouver la faille et reviennent à trois points, malheureusement un peu trop tard (score final : 32-35).
Au terme d’un match particulièrement ouvert où neuf essais auront été inscrits, les Australiens auront gagné mais sans convaincre, à un an de leur Coupe du monde à la maison.
.
