ENTRETIEN – « Je n’ai pas envie de me sentir installé » : Louis Bielle-Biarrey, l’éclair qui garde les pieds sur terre

Au début de votre carrière, on vous a reproché certaines difficultés sur les ballons hauts. Comment jugez-vous votre évolution technique ?

J’ai des qualités de vitesse, des qualités techniques, mais c’est vrai qu’on m’a reproché ce secteur à un moment. Notamment après ce match face à l’Afrique du Sud où nous n’avions pas été bons sur les ballons hauts. Pas seulement moi, mais l’équipe dans son ensemble. C’est quelque chose que je travaille énormément. Je suis loin d’être parfait dans ce domaine, mais je progresse petit à petit. Je sais que c’est un secteur dans lequel les ailiers sont aujourd’hui très attendus. Honnêtement, le poste d’ailier est devenu ultra complet. Il y a énormément de choses à améliorer, la défense, les duels offensifs, la passe, le jeu au pied. Parfois, à la fin des entraînements, il faut faire des choix et déterminer ce qu’on va travailler en priorité. Moi, j’ai envie de progresser partout pour devenir le joueur le plus complet possible. Je suis très exigeant avec moi-même.

Les critiques sont-elles quelque chose qui vous fait avancer ou qui vous agace ?

Je regarde très peu ce qui se dit. Évidemment, je suis sur les réseaux sociaux, je vois passer certaines choses, mais je ne cherche pas à tout lire ni à tout creuser. Désolé, je sais que vous êtes journaliste, mais je ne trouve pas ça forcément constructif. Je trouve même que c’est parfois assez dur. Au début, je regardais davantage. Aujourd’hui, j’essaie de prendre du recul. Quand on fait un mauvais match, on le sait déjà. Et les gens sur les réseaux sociaux ne vous le diront pas forcément de la même manière que s’ils vous croisaient dans la rue. Parfois, ça peut vous faire beaucoup plus mal que ce que reflète réellement votre performance.

Je pensais davantage aux critiques de vos entraîneurs. Certains joueurs n’aiment pas qu’on leur dise les choses franchement. Et vous ?

Moi, je trouve que ça fait du bien. Entendre certaines choses de la part d’un coach permet d’avancer. Je considère que les critiques font partie du processus de progression. On n’est pas parfaits. Encore heureux qu’on fasse parfois des matches moyens. On ne peut pas être excellent tout le temps. Quand une critique est juste, elle aide vraiment à progresser. Je pense même que le pire, c’est de ne plus être remis en question, ou de ne plus se remettre soi-même en question. Le jour où ça arrive, on cesse de progresser. Donc oui, les critiques font partie du haut niveau. Quand elles sont positives, tant mieux. Quand elles sont négatives, elles permettent aussi d’avancer.

Aviez-vous un modèle lorsque vous étiez enfant ?

J’étais fan de Maxime Médard. Mes parents me disaient toujours qu’ils n’aimaient pas ses rouflaquettes, mais moi, ça ne me dérangeait pas du tout ! J’adorais le joueur. J’aimais son côté relanceur. Je trouvais qu’il avait un flair incroyable. Avec Toulouse et  les Bleus, il prenait les intervalles, il allait vite, il sentait parfaitement le jeu. Quand on est enfant, on s’attache parfois à un joueur comme ça et on devient complètement fan. J’ai eu la chance de le rencontrer plus tard. D’ailleurs, c’est le seul joueur à qui j’ai demandé une photo après un match. J’étais même surpris qu’il accepte ! J’avais 18 ans et lui devait en avoir 36. Ça reste un très bon souvenir.

Le poste a énormément évolué. Aujourd’hui, on vous sollicite pratiquement dans tous les secteurs du jeu. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

C’est vrai qu’on est beaucoup plus sollicités qu’avant. Que ce soit en défense ou dans les duels offensifs, notamment depuis la disparition des escorts, les ailiers sont très exposés. En défense, on peut être premier défenseur sur les touches. On doit être solides dans ce secteur. On nous demande aussi d’être performants dans les rucks, particulièrement dans les quinze mètres. On vient davantage au cœur du terrain, au milieu des gros. On ne reste plus simplement dans notre couloir. Heureusement, on ne nous demande pas encore de pousser en mêlée ou de sauter en touche ! (Rires) Mais oui, le poste est devenu beaucoup plus complet. 

Après une saison quasiment parfaite sur le plan individuel, redoutez-vous la suivante ?

Évidemment que j’ai envie de faire aussi bien, voire mieux. Après, je sais très bien qu’on ne marque pas neuf essais dans un Tournoi chaque année. Je sais que ça reste exceptionnel. Mais encore une fois, le plus important, ce sont les titres collectifs. Mon objectif, c’est d’être performant avec l’équipe de France et d’aider mon équipe à gagner. Peut-être qu’un jour je serai décisif autrement. En grattant deux ballons, en réalisant deux interventions importantes. Ce sera peut-être tout aussi utile que de marquer un essai. Les essais sont ce qu’il y a de plus visible, mais le but reste d’être important pour l’équipe. Même s’il y a un peu moins de lumière. Après une saison comme celle-là, il y a forcément un peu de pression. Je sais que je serai attendu. 

Parfois, on a l’impression que rien ne vous atteint et que vous ne ressentez jamais la pression. Avez-vous travaillé votre mental ?

Oui, énormément. C’est même ce qui m’a permis de franchir un cap quand j’étais jeune. Vers 15 ou 16 ans, je n’avais pas une grande confiance en moi. J’avais déjà mes qualités de vitesse, mais honnêtement, elles ne se voyaient pas tant que ça. J’ai rencontré une préparatrice mentale avec qui je travaille encore aujourd’hui. Grâce à des choses parfois très simples, elle m’a aidé à gagner en confiance et à franchir un cap. Je me souviens notamment d’une demi-finale contre La Rochelle où j’avais été très mauvais. J’étais jeune, mais j’avais vécu ce match comme un véritable échec. Je m’étais mis énormément de pression et je l’avais très mal géré. J’avais beaucoup travaillé là-dessus avec elle parce que j’étais persuadé que j’aurais pu mieux faire. Apprendre à gérer la pression, trouver le bon rapport à l’événement, rester motivé sans se laisser submerger, j’ai beaucoup progressé sur cet aspect. Aujourd’hui, je fais un peu moins appel à elle parce que je me sens bien et que j’arrive mieux à gérer tout ça. Mais le travail mental peut vraiment faire une énorme différence.

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Quand on vous voit arriver avant une finale, comme à Bilbao, vous semblez presque détaché de l’événement. Cette décontraction est-elle nécessaire ?

Oui, j’ai besoin d’être comme ça. Si j’aborde un match en étant trop rigide, trop tendu ou trop stressé, je sais que ça ne me réussit pas. La notion de plaisir est très importante dans mon rugby. Il faut trouver le juste milieu. Être concentré, bien sûr, parce que sur ce genre d’échéances c’est indispensable. Si on n’est pas prêt mentalement, on ne peut pas être performant. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse. Le rugby reste un jeu. Peut-être que certains avants ont besoin de se monter la tête pendant trente minutes dans le vestiaire avant le match. Moi, ce n’est pas forcément mon fonctionnement. J’essaie simplement de trouver mon équilibre.

Vous êtes également admiratif d’un autre grand champion : Rafael Nadal. Qu’est-ce qui vous plaisait chez lui ? Est-ce une source d’inspiration ?

Quand j’étais petit, j’aimais bien regarder Roland-Garros. C’était d’ailleurs quasiment le seul tournoi de tennis que je suivais. Et puis Nadal était toujours là. Il gagnait tout le temps. Des fois, il souffrait, mais il trouvait toujours un moyen de revenir. Il avait des douleurs, des blessures, mais il continuait à avancer. Je pense que c’est un modèle de résilience. Faire du haut niveau une fois, c’est déjà très fort. Le faire pendant des années, c’est là qu’on reconnaît les vrais champions. J’ai énormément de respect pour les sportifs des disciplines individuelles. Mentalement et physiquement, ça doit être extrêmement dur. Quand ça ne va pas, ils n’ont pas de coéquipier sur lequel s’appuyer. Ils sont seuls. Voir quelqu’un comme Rafael Nadal revenir encore et encore avec la même envie de gagner, je trouvais ça impressionnant. Son style de jeu aussi m’inspirait, faire durer les échanges, être dur à battre, ne jamais lâcher. C’était vraiment un modèle.

À un moment, on s’est inquiété pour vous à cause de vertiges et de vomissements. Qu’aviez-vous exactement ? Est-ce totalement derrière vous aujourd’hui ?

Oui, ça va beaucoup mieux. J’ai passé tous les examens possibles à la fin de la saison dernière et on n’a rien trouvé. Donc tant mieux. J’ai connu quelques épisodes de vertiges, mais aujourd’hui c’est passé. Je me sens bien et c’est l’essentiel.

Aujourd’hui, vous êtes devenu l’un des chouchous du public. Comment vivez-vous cette nouvelle notoriété ?

Plutôt bien. C’est toujours agréable et gratifiant de voir que les gens apprécient votre personnalité ou votre façon de jouer. Mais au fond, ma vie n’a pas beaucoup changé. J’ai toujours les mêmes amis. Ça fait maintenant plusieurs années que je suis à Bordeaux, je m’y sens bien. J’ai ma copine, Chiara, et je continue à vivre de façon assez simple. La principale différence, c’est que je prends un peu plus de photos après les matches. Mais honnêtement, je le vis bien. Les gens sont globalement très respectueux et très gentils. 

Vous touchez toutes les générations. Vous l’expliquez comment?

Honnêtement, je n’ai pas vraiment d’explication. C’est plutôt à eux qu’il faudrait poser la question ! 

Comment vivez-vous le fait d’être devenu, à votre tour, un modèle pour les plus jeunes ?

C’est assez particulier. Je vois souvent des pancartes avec des messages pour moi. Je n’en ai pas forcément une en tête, mais ça fait toujours quelque chose. Quand j’étais petit, j’avais des posters de joueurs dans ma chambre. Aujourd’hui, voir que certains enfants ont peut-être les miens, c’est assez fou. J’ai encore du mal à réaliser. Quand j’étais enfant, ça me paraissait impossible. Ce qu’on oublie parfois, c’est qu’au final, nous restons des gens normaux. Quand j’étais petit, je voyais les joueurs comme des super-héros. Avec le recul, je me rends compte qu’ils étaient simplement des personnes passionnées par leur métier. Comme nous aujourd’hui.

Les shootings photos, les opérations marketing, les sollicitations diverses… cela fait désormais partie du métier ? Oui, je pense. Les carrières sont relativement courtes et quand on a l’opportunité de développer des partenariats, il faut savoir en profiter intelligemment. Il ne faut pas en faire trop, mais il faut savoir en faire bon usage. Après, il faut aussi trouver un équilibre. On reste des joueurs de rugby avant tout. Toutes ces sollicitations peuvent prendre de l’énergie et il faut apprendre à les gérer. C’est encore nouveau pour moi, mais ça fait désormais partie du métier.

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Parmi vos objectifs, il y a évidemment la Coupe du monde 2027. Mais vous avez également évoqué un autre rêve : les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Avez-vous échangé avec Antoine Dupont, champion olympique de rugby à VII en 2024, à ce sujet ?

Oui, Antoine m’a parlé de son expérience à VII et il l’a vraiment adorée. Quand je l’ai vu vivre ça, je me suis dit : pourquoi pas ? Ça a l’air d’être une aventure incroyable. Après, rien n’est décidé. Mais si un jour l’opportunité se présente, je pense que participer aux Jeux olympiques représente quelque chose d’exceptionnel pour n’importe quel sportif. Ce sont des moments uniques, mais aussi une vraie remise en question.

Parce qu’il faut sortir de sa zone de confort ?

Oui, complètement. J’avais vu que certaines personnes étaient inquiètes pour Antoine lorsqu’il avait fait ce choix. Honnêtement, ceux qui le connaissent ne l’étaient pas. Le rugby à VII est un sport très différent. Ça fait longtemps que je n’en ai pas pratiqué, mais je sais à quel point c’est exigeant. Physiquement, c’est extrêmement dur. Il faut énormément de cardio, de vitesse, une capacité à répéter les efforts très intenses. Pour être performant à VII, il faut une véritable préparation spécifique.

Vous êtes actuellement en discussion avec l’UBB pour prolonger votre contrat, qui court jusqu’en 2027. Les Jeux olympiques font-ils partie des sujets évoqués ?

Oui, l’idée est simplement d’anticiper.Si un jour une opportunité se présente et que le club est d’accord, il faut que ces choses-là puissent être envisagées. C’est pour ça qu’on en parle.Après, cela se fera ou non, c’est une autre question. Aujourd’hui, si on discute d’une prolongation assez tôt, c’est aussi parce que je me sens très bien ici. Quand tout se passe bien, je ne vois pas l’intérêt d’attendre les derniers mois de contrat. Je suis bien à Bordeaux. J’ai mes amis, mes habitudes, je suis heureux dans ma vie et heureux au club. Je n’ai aucune raison particulière de vouloir partir. J’espère donc que tout pourra se régler assez rapidement.

Plus tard, pourriez-vous être tenté par une expérience à l’étranger ?

Oui, ça pourrait m’intéresser. Découvrir une autre culture rugby, une autre façon de jouer, une autre manière de s’entraîner, c’est forcément enrichissant. J’ai l’impression que tous ceux qui ont vécu ce genre d’expérience en gardent de très bons souvenirs. Le pays qui me fait rêver ? La Nouvelle-Zélande, évidemment. Quand j’étais petit, je regardais le Super Rugby. Pour moi, c’était le pays du rugby. Après, je ne sais même pas si ce serait possible un jour! (Christian Califano ancien pilier international a joué aux Auckland blues en 2002) Mais découvrir ce genre d’environnement serait passionnant. Même au sein du club, les joueurs étrangers nous apportent déjà beaucoup grâce à leurs visions différentes du jeu.

Vous faites partie des joueurs les plus utilisés cette saison avec 2 295 minutes disputées. Vous ne participez donc pas à la tournée estivale avec les Bleus. Est-ce un regret ou ressentez-vous surtout le besoin de vous reposer ?

Évidemment, c’est toujours dommage de ne pas jouer des matches en Nouvelle-Zélande ou en Australie. Mais quand on regarde les choses de manière rationnelle, c’est presque nécessaire. J’ai beaucoup joué ces dernières années. Les saisons sont de plus en plus longues et exigeantes. Il y a aussi une Coupe du monde qui approche. Recharger les batteries ne me fera pas de mal. Dans l’absolu, j’aimerais participer à tous les matches possibles avec l’équipe de France. Mais il y a aussi une réalité physique qu’il ne faut pas négliger.

Du coup, quel sera votre programme cet été ?

Les vacances ! (Sourire) Après la Sardaigne, avec ma compagne nous allons partir en Indonésie, l’objectif sera surtout de me reposer, de récupérer et d’arriver en forme pour la reprise. Je vois cette coupure comme un avantage, ou en tout cas comme un vrai besoin. À partir du moment où Fabien m’a annoncé que je ne participerais pas à la tournée, je me suis projeté sur cette période de récupération afin d’être prêt dès la reprise.

Avec l’UBB, vous avez réalisé un doublé historique en Coupe d’Europe. Yannick Bru a souvent expliqué que le premier match en Afrique du Sud avait marqué le véritable début de l’aventure. Les joueurs l’ont-ils ressenti de la même manière ?

En Coupe d’Europe, notre objectif était clairement de conserver notre titre. Mais entre le vouloir et le faire, il y a beaucoup de chemin. C’est vrai que ce déplacement en Afrique du Sud a marqué un tournant. Jusqu’à ce moment-là, notre saison était plutôt moyenne, notamment en championnat. Quand on quitte l’hiver européen pour jouer sous 30 ou 35 degrés face à plusieurs Springboks, on sait qu’on va être mis à l’épreuve. Je ne dirais pas qu’on avait peur, mais on savait qu’il fallait réaliser un très gros match. On connaît l’importance de ces rencontres de poule. Les gagner permet ensuite de recevoir pendant les phases finales, ce qui constitue un avantage énorme. Ce jour-là, on a réalisé un match très complet et cela nous a vraiment lancés dans notre campagne européenne.

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Vous avez pourtant signé une phase de poules parfaite. Cette campagne a-t-elle été encore plus belle que la précédente ?

Plus belle, je ne sais pas. En revanche, je pense qu’elle a été plus difficile. Quand on regarde notre parcours, on est allés chez les Bulls, on a reçu les Scarlets, qui restent une très bonne équipe de l’URC, puis Northampton, qui était finaliste. Ensuite, il y a eu Bristol à l’extérieur. Sur le papier comme sur le terrain, le niveau était très élevé. On a dû battre certaines des meilleures équipes de chaque championnat. On a aussi eu l’avantage de recevoir plusieurs fois, ce qui compte énormément dans cette compétition. Mais oui, je pense que le parcours a été encore plus impressionnant cette année.

Comment qualifieriez-vous ce deuxième titre européen ?

Je parlerais d’une confirmation. Gagner un titre, c’est déjà très difficile. En gagner un deuxième permet de s’installer davantage parmi les grandes équipes. Quand on regarde La Rochelle, par exemple, on voit bien ce que leurs deux titres européens ont changé dans leur statut. Pour nous, c’est important. Mais on sait aussi à quel point remporter un trophée demande du travail. L’autre jour, je regardais les statistiques et je me suis rendu compte qu’on restait sur cinq demi-finales consécutives en championnat sans parvenir à aller au bout. Le plus important est d’être régulièrement présent dans les derniers carrés et de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent.

En Coupe d’Europe, vous avez donné l’impression de faire peur à vos adversaires. On a senti une équipe dominante. En revanche, l’image a parfois été différente en championnat. Vous partagez ce constat ?

Oui, peut-être.En Coupe d’Europe, nous étions les tenants du titre et cela joue probablement dans l’approche des adversaires. Mais je pense surtout que cette compétition nous réussit particulièrement bien. Nous avons souvent réussi à produire notre meilleure version au bon moment. En championnat, nous n’avons pas été capables de maintenir ce niveau avec suffisamment de régularité. Sur huit matches européens, nous avons probablement été plus souvent proches de notre maximum que sur l’ensemble de la saison de Top 14. C’est certainement la leçon principale à retenir, il faudra l’an prochain réussir à reproduire la même exigence chaque week-end.

Avec le recul vomment avez-vous vécu cette élimination prématurée en championnat ? 

Sur le moment, ça a été un vrai choc. On n’avait pas imaginé perdre ce match à domicile face à Clermont et voir notre saison de Top 14 s’arrêter là. Mais avec un peu de recul, il faut aussi être honnête. Face aux sept équipes qui ont terminé devant nous, nous n’avons remporté que trois matches sur quatorze. À partir de là, il n’y a pas vraiment de débat. Nous ne méritions pas d’être dans le Top 6. On a trop souffert cette saison, à domicile comme à l’extérieur. Bien sûr, nous avons eu des absents importants, mais toutes les équipes ont connu des blessures. Ce ne sont pas des excuses. Quand on a vu ce classement final avec cette huitième place, ça a fait mal. Mais au fond, nous étions aussi à la place que nous méritions.

Cet échec peut-il finalement vous rendre encore plus forts ?

Je pense qu’on apprend énormément dans l’échec. C’est une bonne dose d’humilité. Nous restions sur deux finales de championnat consécutives. Peut-être qu’inconsciemment, on s’était dit que cela continuerait naturellement. Mais le Top 14 ne fonctionne pas comme ça. Même une équipe en difficulté peut venir gagner chez vous. Une semaine, vous êtes en danger contre le treizième du classement et, quelques jours plus tard, vous êtes champion d’Europe. Quand on regarde le classement final, en dehors de Toulouse, beaucoup d’équipes présentes dans le Top 6 n’y étaient pas l’année précédente. Cela montre à quel point tout peut changer rapidement.

Partagez-vous le point de vue de votre président Laurent Marti lorsqu’il affirme que l’UBB deviendra un grand club le jour où elle gagnera le Brennus ?

Je comprends totalement ce qu’il veut dire. Le Brennus, c’est le Graal. Quand on est enfant, c’est ce trophée dont on rêve. Je ne sais pas si un club devient grand uniquement grâce à un Brennus, mais je sais que tout le monde à l’UBB a envie de le gagner. Pour l’instant, nous n’y sommes pas encore parvenus. J’espère évidemment que cela arrivera un jour. En tout cas, on travaille pour ça. Comme la Coupe d’Europe, cela fait partie des grands objectifs du club. Après, on sait aussi que pour devenir champion de France, il faut souvent battre Toulouse. Et ça, ce n’est jamais simple.

Avez-vous regardé les phases finales ?

Oui, bien sûr. Ça ne me dérange absolument pas. Je suis avant tout un passionné de rugby. Je regarde, je m’inspire, j’observe ce que font les autres équipes. Je sais que certains joueurs de l’UBB ont préféré couper complètement, mais ce n’est pas mon cas. J’ai aussi beaucoup de copains qui jouent dans ces matches-là. Et puis, je regarderai également les tests de l’équipe de France cet été. Je reste avant tout un grand supporter des Bleus. 

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