La bijouterie familiale Guilhem, installée à Béziers depuis 160 ans, a conçu en collaboration avec la marque Unknown Brand, les bagues remises aux joueurs du Stade Toulousain après leur 25e titre de champion de France. Une première dans le rugby français.
« C’est une fierté pour la maison », sourit Magali Guilhem, quatrième génération à la tête de la bijouterie familiale, dans le centre de Béziers. Dans une salle voûtée en pierre, au fond d’une cour de la rue du 11-Septembre, juste en face de la boutique installée à la même adresse depuis 160 ans, quelques prototypes de bagues imprimées en 3D reposent sur une table. Les six modèles uniques sont à présent aux doigts des joueurs du Stade Toulousain, après leur 25e titre du Top 14, décroché le 27 juin face à Montpellier.
Une distinction inédite dans le rugby français. « C’est la première fois que des joueurs reçoivent une bague, c’est une vraie innovation », souligne Magali Guilhem. Inspirées des célèbres « championship rings » des ligues américaines, comme la NBA, les six imposantes chevalières des Rouge et Noir arborent le symbole du Stade Toulousain ainsi que les dates des derniers sacres des joueurs encore en sélections.
Cette création est le fruit d’une collaboration entre la maison biterroise Guilhem et la marque lyonnaise Unknown Brand, fondée par Laurent de Launay, pionnière des bagues de champions en Europe : « C’est le Stade Toulousain qui est d’abord venu vers Laurent pour le projet, qui par la suite est venu vers moi », raconte Magali.
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Un clin d’œil aux terres de rugby
« Une bague née à Béziers pour célébrer Toulouse ? C’est un honneur pour deux grandes terres du rugby », confie la dirigeante. Pour elle, ce projet revêt aussi une dimension plus intime. « Mon grand-père, Joseph Vivarez, était un ancien joueur dans les années 30 à la SBH », explique-t-elle.
Pour la bijoutière, cette récompense ne cherche pas à remplacer le Bouclier de Brennus, mais à lui apporter une autre dimension : « L’objectif n’était pas de faire de l’ombre au Brennus, qui est une récompense de groupe. Ici, c’est un symbole personnel, de transmission et d’excellence. »
Une tradition appelée à s’installer ?
L’inspiration venue des États-Unis n’a pas échappé aux critiques. Un accueil qui ne surprend pas Magali Guilhem. « Toutes les premières innovations dans le monde du rugby déplaisent », rappelle-t-elle, en évoquant l’exemple des maillots roses du Stade Français en 2005. « Au final, ça modernise un peu. Ça redynamise. » Côté joueurs, les retours sont plutôt positifs : « Eux, ils sont contents. »
Reste à savoir si cette bague de champion deviendra, à son tour, une tradition du rugby français. « Rien n’est encore décidé », glisse la dirigeante. Mais au vu de l’accueil réservé à cette première édition, l’idée pourrait bien faire son chemin.
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