« On ne connaît même pas l’ampleur des dégâts » : des parents d’élèves de deux écoles, où un animateur suspecté de violences sexuelles sur enfants a été suspendu, reçus en mairie 4 mois après les faits

Après des plaintes pour violences sexuelles sur deux enfants, un animateur du périscolaire a été suspendu début mars par la ville de Montpellier. La mairie a reçu une centaine de parents d’élèves de deux écoles où le suspect travaillait, ce 29 juin 2026. Ces derniers, très inquiets, sont partagés entre colère et incompréhension.

Un animateur du périscolaire, qui exerçait à l’école maternelle La Fontaine et à l’école primaire Jules-Verne, dans le quartier des Beaux-Arts à Montpellier, a été suspendu le 6 mars dernier par la ville, suite à deux plaintes pour suspicion de viols et d’agression sexuelle sur mineurs.

Les parents d’élèves ont été avertis par mail, la semaine dernière, soit près de quatre mois après la connaissance des faits. Face à la colère et au sentiment d’incompréhension de la part des familles, la mairie de Montpellier a organisé une réunion d’information, lundi soir à l’Hôtel de ville.

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Ce délai de plusieurs mois a surpris et choqué nombre de parents : l’information a d’abord été délivrée aux parents d’élèves mardi 23 juin, lors d’un conseil d’école, puis confirmée par deux mails, envoyés la semaine dernière par la mairie. La ville évoquait « des faits graves » qui se sont déroulés pendant les temps périscolaires des écoles La Fontaine et Jules Verne.

Interrogé par notre équipe de France 3 Occitanie sur le parvis, le père d’un garçon de trois ans et demi affirmait :  » il y a eu un effet de surprise et de sidération, beaucoup de questions et de colère aussi, au lendemain de l’envoi du courrier. On se sent pris au dépourvu, on ne maîtrise rien, il n’y a pas de transparence. On reste dans l’interrogation ».

Une autre maman, qui elle aussi a souhaité rester anonyme, se demandait : « Pourquoi on n’a pas été prévenu ? C’est incroyable que les parents n’aient pas pu s’occuper de leurs enfants au moment des faits. Il n’y a eu aucune prise en charge psychologique des enfants à ce moment-là. Aujourd’hui, on ne connaît même pas l’ampleur des dégâts. On veut des réponses et on veut des actions donc aussi ! ».

Montpellier – école élémentaire Jules Verne – 2026. © FTV

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À la sortie de la réunion plutôt houleuse avec les parents, nombre de questions étaient restées sans réponses, lundi soir.

Selon Tom Attias, parent d’élève de l’école maternelle Jean-de-La-Fontaine, la rencontre s’est plutôt mal passée : « On a eu extrêmement peu d’informations, beaucoup de jargon et de verbiage. L’adjointe au maire nous a expliqué qu’elle ne donnerait aucune information puisqu’il y avait une enquête en cours. Les réponses qui ont été données à nos questions sont restées très évasives et floues. On ne sait pas ce qui s’est passé, pas détails sur ce que sont ces faits graves. Ce qui m’a complètement sidéré, moi, c’est que la mairie a reconnu qu’aucun animateur dans les écoles n’était formé pour savoir quels sont les signes faibles d’un enfant, comment recueillir ses propos, comment accompagner des enfants, etc. C’est très préoccupant de savoir que personne n’est formé ».

La bonne nouvelle, c’est que la mairie a reconnu une forme de dysfonctionnement et que, peut-être, elle aurait dû faire autrement. Entendre cela, nous fait du bien en tant que parents.

Tom Attias, parent d’élève de l’école maternelle La Fontaine

« Là où ça nous pose problème, c’est que nous, on a été avertis, à Jules Verne parce qu’il y a des fratries à La Fontaine, mais les parents d’autres écoles n’ont pas été avertis du tout alors que leurs enfants l’ont côtoyé l’an dernier. Il était aussi en centre aéré, on veut aussi savoir quel était le parcours de cet homme » affirme Moélie Roveri, déléguée des parents d’élèves de l’école primaire Jules Verne.

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Nombre de parents réclament aujourd’hui des actions concrètes sur la prévention, sur la recherche d’autres enfants potentiellement victimes et surtout, à l’avenir, sur le recrutement des animateurs : « Comment ils les recrutent ? Est-ce qu’on vérifie leurs antécédents ? Est-ce qu’il y a un test psychologique ? On les met en contact avec des enfants de trois ans en maternelle » s’interroge encore Moélie Roveri.

Montpellier – école maternelle La Fontaine – 2026. © FTV

Selon nos confrères d’Ici Hérault, la police nationale a confirmé qu’une enquête est en cours et le procureur de la République de Montpellier a indiqué vendredi 26 juin 2026 « la personne mise en cause a été placée en garde à vue » jeudi 25, « contestant les faits« . Une information judiciaire est donc ouverte.

Lundi soir, lors de cette réunion qui a duré deux heures et demie, l’ensemble des protagonistes a regretté l’absence d’un représentant de la justice face aux parents.

De son côté, la municipalité a répété que le choix du silence était imposé par l’instruction de l’affaire, qui prend le temps de recueillir les témoignages.

« Pendant très longtemps, la parole de l’enfant était plutôt accompagnée d’un silence collectif, on ne prenait pas en compte ce que l’enfant disait. Aujourd’hui, on se doit d’écouter la parole de l’enfant, et puis derrière, agir » expliquait Tasnime Akbaraly, adjointe chargée de l’éducation, de la réussite scolaire et de la petite enfance à Montpellier.

Il faut que les parents s’emparent des outils qu’on a commencé à mettre en place. Michaël Delafosse a pris l’engagement de mettre en place, dès la rentrée prochaine, un plan d’envergure sur les processus de recrutement, pour former nos agents à repérer des signaux de comportement inadapté de collègues. Tous ces processus sont à reprendre et à travailler en interaction avec l’Education nationale.

Tasnime Akbaraly, chargée de l’éducation et de la petite enfance à Montpellier

Selon Midi Libre, une autre plainte a été déposée pour violences sur mineur au mois de mars dernier. Il s’agirait de faits de type : « brûlure du siège au 2e degré, bleus, pincement, coups au niveau du haut des jambes et sur les joues ». La mère aurait retiré son enfant de l’établissement depuis lors.

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Là aussi, une enquête est en cours. La ville a pris des mesures immédiatement après les faits. La professionnelle contractuelle a été suspendue à titre conservatoire.

Écrit avec D. Clerc.

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