Plus de 130 policiers sont mobilisés depuis ce lundi dans le quartier de la Devéze à Béziers, à l’occasion d’une opération d’envergure contre le trafic de stupéfiants. Robert Ménard, le maire, se dit impuissant pour lutter contre ces familles qui vivent de ces trafics.
Un important dispositif de police a été mis en place pour lutter contre le narcotrafic et le blanchiment d’argent. 21 familles sont suspectées de vivre du trafic de stupéfiants dans les HLM à Béziers. 130 policiers nationaux, municipaux et CRS (compagnie de Montauban) sont mobilisés depuis ce lundi. « Les forces de l’ordre vont rester sur place plusieurs jours » assure Marin Lassalle, le directeur de cabinet de la préfète de l’Hérault. « Nous ne laisserons aucun répit aux trafiquants. On fait le ménage pour la qualité de vie des habitants du quartier. Force doit rester à la loi ».
« Ces familles qui vivent dans les HLM de Béziers, en partie ou totalement grâce aux trafics de drogue, il faut les sanctionner, les expulser des logements HLM, les mettre en prison si nécessaire, mais il est nécessaire d’agir » confie Robert Ménard, le maire de Béziers à la radio Ici Hérault alors qu’une opération d’envergure est menée depuis ce lundi dans le quartier populaire de la Devèze à Béziers.
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« Les trafics de stupéfiants repartent à Béziers comme partout »
« On ne peut pas continuer ainsi. Ce n’est plus possible. Le problème c’est que l’État du droit en France fait que c’est plus facile de faire chier un policier puisqu’il y en a autour de nous, que de s’en prendre réellement à des gens dont on sait qu’ils trafiquent de la drogue. C’est compliqué. Je le vois, je suis président de l’office HLM. Il faut une énergie pour virer une famille dont tout le monde sait qu’elle a été condamnée mais il y a des recours. Ils ont des avocats. C’est long et épuisant ».
« Il faudra bien un jour sanctionner les acheteurs conclut Robert Ménard. Cinq millions de gens consomment régulièrement de la drogue en France. Si on ne s’en prend pas à eux, il y a forcément des gens pour leur vendre ».
Le bilan définitif de cette intervention sera dévoilé dans les prochains jours. Un point presse était organisé ce mardi en fin d’après-midi devant le commissariat mixte de la Devèze. Quatre personnes, défavorablement connues pour être impliquées dans des trafics avaient déjà été interpellées. Trois d’entre elles ont été placées en garde à vue. 4.000 euros en liquide ont été saisis. « L’objectif est d’occuper et se réapproprier l’espace« disent les autorités alors que le trafic repart notamment proche de la place de l’église.
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« C’est un combat permanent, vous coupez une tête, il en pousse une autre »
« Occuper l’espace est une nécessité absolue » dit Arnaud Faugère le procureur de Béziers. « Force doit rester à la loi. On ne doit pas laisser dans notre République certains territoire à l’extérieur des lois. Les moyens ne seront pas relâchés. C’est même l’inverse. Ce n’est qu’en s’attaquant au réseau et en faisant condamner les trafiquants qu’on arrivera à faire cesser les phénomènes de délinquance. Les trafiquants de stupéfiants sont un peu une hydre .
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Cette intervention n’est pas la première dans ce quartier populaire biterrois. Trois opérations places nettes lancées par Emmanuel Macron ont été organisées en 2024 et 2025 dans ce quartier et le centre-ville. De nombreux contrôles ont à chaque fois été menés, mais avec des saisies pas forcément à la hauteur des espérances, mais permettant d’en savoir davantage sur ce trafic.
Ces opérations coup de poing ont-elles changé le quotidien de ceux qui vivent dans le quartier ou qui viennent y faire leurs courses ? Sont-ils favorables à la multiplication de ces contrôles permettant d’améliorer leur quotidien ? C’est ce que nous avons voulu savoir.
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Dans le quartier, rares sont les habitants à vouloir s’exprimer. Ceux qui le font, ont un avis très divisé. « Rien n’a changé » dit ce commerçant qui préfère rester anonyme. Il vit et travaille dans le quartier depuis 40 ans. « C’est un business qui est devenu trop important en France. À chaque fois, qu’on attrape, on attrape les petits. Il faut couper la tête de ceux qui pilotent ces trafics. Et la tête, elle n’est pas ici ».
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