Gabriel Attal a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle ce vendredi 22 mai 2026 lors d’un déplacement dans l’Aveyron, loin des bases de cet élu des Hauts-de-Seine, bien décidé à supplanter Édouard Philippe au sein du bloc central.
L’ancien Premier ministre est arrivé à 9h30 à l’aéroport de Rodez accompagné d’une trentaine de journalistes accrédités qui devraient le suivre tout au long de son escale aveyronnaise jusqu’à samedi. C’est finalement vers 13H10 qu’il officialisé sa candidature.
« Oui, j’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République« , a déclaré Gabriel Attal ce vendredi 22 mai 2026. « Je me suis forgé une détermination à agir« , a notamment expliqué le candidat à la Présidentielle 2027.
Gabriel Attal a prévu de visiter plusieurs communes, dont celle de Mur-de-Barrez dirigée par Pierre Ignace, soutien de la première heure du candidat Renaissance et responsable du parti dans le département. C’est d’ailleurs dans cette commune d’environ 700 habitants qu’il a choisi de se lancer dans la campagne des présidentielles lors d’un discours prononcé devant des élus locaux et des cadres du parti Renaissance.
C’est une grande fierté de recevoir Gabriel Attal. Qu’il ait choisi Mur-de-Barrez pour officialiser sa candidature à l’élection présidentielle c’est un évènement. Pour un candidat, c’est du jamais vu !
Pierre Ignace, maire (Renaissance) de Mur-de-Barrez (Aveyron)
Il devrait ensuite se rendre à Rodez, la préfecture de l’Aveyron aussi dirigée par l’ancien député Renaissance Stéphane Mazars. Et ce samedi, le député des Hauts-de-Seine participera à la 45e fête de la transhumance sur le plateau de l’Aubrac.
Le désormais candidat à la présidentielle a ainsi trouvé avec l’Aveyron un ancrage paysan solide pour se détacher de son image de cadre parisien formé à l’École alsacienne, prestigieux établissement privé de la capitale, qui symbolise le macronisme et la déconnexion de la France profonde.
Mais un exercice déjà éprouvé quand, Premier ministre, il s’était rendu dans une exploitation de Haute-Garonne en janvier 2024, feuillets du discours posés sur une botte de paille, pour tenter de calmer la colère agricole.
« Il y a des classiques auxquels il faut sacrifier. Parler de la France, de ses traditions, depuis la France, surtout pour quelqu’un comme Gabriel, c’est nécessaire » souligne un de ses soutiens. Loué ou raillé pour son sens de la communication, le secrétaire général de Renaissance souhaite, explique son entourage, se départir des habitudes des déclarations de candidature élyséenne.
« Il y a quelque chose de très chiraquien, théorisé d’ailleurs. Le Chirac de 1995. Être l’outsider », explique le même soutien. Très populaire chez les prétendants à l’Élysée, Édouard Philippe s’en réclame lui aussi régulièrement, Jacques Chirac est donc convoqué comme modèle. Celui de 1995, revenu d’outre-tombe pour supplanter le favori, Édouard Balladur, dont l’attentisme rappellerait furieusement, comprend-on chez Renaissance, le maire du Havre. Gabriel Attal est bien décidé à le supplanter au sein du bloc central.
Ce déplacement en Aveyron vient marquer un premier jour de campagne et couronner plusieurs semaines de communication active pour Gabriel Attal, élu secrétaire général de Renaissance en décembre 2024 contre la volonté d’Emmanuel Macron, avec qui il est en froid depuis la dissolution.
Un grand meeting est programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait savoir qu’elle ne s’y rendrait pas. « On verra la désunion dans le parti, on verra ceux qui ne seront pas là », prévient une figure de Renaissance.
Restera à départager les deux principaux prétendants du bloc central. Tous deux ont laissé entendre qu’ils se retireraient début 2027 si l’un d’eux était manifestement mieux placé. « Édouard Philippe est haut, parce que pour l’instant il est testé sans Attal. S’ils sont haut tous les deux, ils se battront jusqu’à la fin », observe un dirigeant socialiste.
