Maxime Lucu, capitaine et joueur phare de l’Union Bordeaux-Bègles, a traversé des moments difficiles, que ce soit avec l’UBB ou encore le XV de France. Avant d’être à nouveau au sommet à Bilbao ce week-end face au Leinster, le Basque d’origine a traversé des moments difficiles, qu’il n’a pas oubliés et dont il s’est servi.
S’il existait un visage représentant l’abnégation et la résilience, il aurait sans doute le crâne et la barbe rasés, un sourire à pleines dents et un faux air de Jason Statham. Maxime Lucu, capitaine courage de l’Union Bordeaux-Bègles, va disputer sa deuxième finale de Champions Cup face au Leinster ce samedi (15h45), après celle remportée l’an passé face à Northampton. Un sommet dans une carrière. Mais avant d’être celui que le peuple bordelais adore et adule, il fut aussi sous le feu des critiques d’une partie du public français et des médias.
Pendant qu’Antoine Dupont s’était offert le luxe de s’engager avec l’équipe de France à 7 pour y obtenir l’or olympique ensuite aux Jeux de Paris, Lucu, lui, vivait une période trouble avec les Bleus lors du 6 Nations 2024. Passant à côté, comme tous ses coéquipiers, du premier match de la compétition face à l’Irlande au Stade Vélodrome. Sauf que lui remplaçait poste pour poste le joueur star, celui qui fait souvent gagner les siens. De force, il y était comparé. « C’est vrai que c’est toujours difficile à voir quand tu peux passer de quelqu’un qui a la lumière sur lui à un joueur qui, presque aux yeux du monde et de tout le monde, est devenu quelqu’un de pas au niveau, » expliquait le demi de mêlée girondin à RMC Sport. « Cette période-là avait été très compliquée à gérer personnellement parce que je me disais déjà que je ne faisais pas les meilleurs matchs possibles. Et en plus de ça, je ramassais derrière. »
« Honnêtement, j’ai touché le fond, mais terrible »
Exposé médiatiquement comme il ne l’avait jamais été, Maxime Lucu n’a pas forcément su correctement appréhender ce pan extra-sportif de sa carrière. « C’était la première fois que j’étais publiquement un petit peu mis devant de la scène, mais négativement, où j’étais un peu pris à partie par beaucoup de gens. […] Ça a été difficile à vivre parce que j’ai toujours vécu dans un socle assez tranquille où la lumière n’était pas forcément sur moi. Et d’arriver là, ça a été difficile pour ma famille. » Pour ne rien aider, sur le plan sportif, il vit une désillusion terrible en fin de saison : une défaite historique (59-3) en finale du Top 14 devant la France entière. « Honnêtement, j’ai touché le fond, mais terrible. Les 60 points en finale contre Toulouse, ça m’a mis au fond. J’étais déjà au fond, mais là… »
Depuis ce sombre jour, Lucu n’a eu de cesse de se battre, de travailler et de rendre des copies superbes. Nul besoin de rappeler son immense entrée en Irlande lors du Tournoi 2025 où il avait parfaitement suppléé Dupont après sa grave blessure. In fine, il est pour l’heure le deuxième meilleur numéro 9 français dans la tête. Voire le numéro 1 bis, alors que des débats fleurissent actuellement sur une comparaison avec Dupont, notamment cette saison, où l’UBB change radicalement de visage lorsque le joueur formé à Saint-Pée est présent ou absent. « Bordeaux a été très important pour moi et ça restera vraiment fort pour moi, parce que c’est à Bordeaux que j’ai réussi à relever la tête, grâce à ma compagne, grâce à mes coéquipiers et grâce au club. […] Aujourd’hui, je suis tellement grandi et reconnaissant d’avoir vécu ces moments-là. On se sert des échecs. Presque, maintenant j’en remercie les gens qui m’ont insulté… Je les emmerde un petit peu, parce que je prends du plaisir. » Du plaisir, il devrait continuer d’en prendre ce week-end dans un stade à quelques heures de chez lui, devant ses proches, avec son UBB chérie et favorite. Et la saison n’est pas terminée.
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