Pour la troisième fois de suite depuis son doublé européen, La Rochelle est en passe de revenir totalement dans la course au Brennus alors qu’elle paraissait hors-jeu. Ce choc des Stades lui donnera ou non le costume d’épouvantail. à choyer, le cas échéant.
Les années passent et c’est décidément toujours la même rengaine. Pourtant si souvent négligée, y compris par ses propres supporters. Une règle d’or, à force : ne jamais enterrer trop vite le Stade rochelais, même quand tous les vents semblent contraires ! Comme les deux précédentes saisons, voilà donc la bande à Ronan O’Gara lancée dans une folle opération remontée vers le top 6 de son championnat domestique. Et c’est peu dire que le visage affiché dimanche dernier, chez un Racing jusqu’alors invaincu à domicile cette saison, lui a (re) donné du crédit.
Un collectif indiscipliné certes, mais magnifique d’envie et de courage. Bref, vecteur d’émotions. C’était justement tout l’enjeu, au club, avant d’aborder ce virage capital de la première quinzaine de mai face aux Franciliens puis aux Toulousains, et une double exposition dominicale à 21 heures. « Il y a plus de visibilité, c’est l’occasion pour nous et le club de dégager quelque chose de très positif, on a à cœur de montrer une bonne image, appuyait le pilier Reda Wardi juste avant de monter à l’Arena. Ces matchs à 21 heures, ça permet d’envoyer un message si on répond présent. La teneur de ce message ? Qu’on est encore en vie, qu’on a envie d’accrocher cette sixième place et de remporter un titre. » Cette saison, La Rochelle n’a pas toujours été à la fête sur cette case dite « premium ». Comme à Pau (53-33). À Toulouse (60-14), surtout. « Ce match a montré qu’on n’était pas prêts pour remporter le Brennus », concédait alors le capitaine Grégory Alldritt. Le sont-ils, un semestre plus tard ? Ce second dimanche soir de rang livrera bien des enseignements.
Penser à ménager sa monture
Comme d’habitude, dos au mur, cette équipe maritime semble animée d’un supplément d’âme, susceptible de résister à nombre de facteurs, et de finir par faire tomber la pièce du bon côté. Sentiment confirmé par les déclarations d’Oscar Jegou des dernières semaines : « Je pense qu’on peut aller faire quelque chose de grand après la difficulté de cette saison » ; « Quand tu vis quelque chose de difficile, après tu te bats jusqu’au bout pour aller quelque chose de beau. Si on passe, c’est sûr qu’on sera intraitables en phase finale. » Encore faudrait-il, d’ici là, avoir encore de l’essence dans le réservoir.
Le flanker international n’oublie pas que la remontada 2025 avait fini en panne sèche, au moment d’assurer la qualification, à force d’essorer l’équipe-type. En interne, on jure en long, en large et en travers que la leçon est retenue, et les semaines allégées en termes de volume, hormis pour les joueurs de retour de blessure. Ce doit être plus que jamais d’actualité, au sortir d’une partie sur synthétique à profonde débauche d’énergie.
Quand bien même certains de ses coéquipiers ont fini lessivé : « J’ai l’impression qu’on est très bien physiquement, observe Jegou, interrogé la semaine passée sur l’état des troupes. On arrive à être frais le week-end par rapport à la saison dernière, je trouve qu’on est mieux et peut-être que ça fera la différence. » D’autant que le prochain et ultime déplacement, à Montauban, ouvre une fenêtre pour effectuer des rotations, quand le staff maritime ne s’y était pas risqué il y un an à Vannes, promu autrement plus tenace. C’est toujours ça de pris.
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