Déjà représentant de la filière viticole au sein de la FDSEA, Jean-Pascal Pelagatti vient d’entrer au conseil municipal de Béziers au sein de la majorité de Robert Ménard. Viticulteur, syndicaliste, élu… Il entend défendre sa profession par tous les moyens.
Il n’est pas du genre à refuser une occasion de s’exprimer pour défendre sa cause. Mais pas non plus de ceux qui proposent un troquet où il aurait ses habitudes. Alors quand Jean-Pascal Pelagatti partage un café, cela se déroule dans un lieu d’abord pratique. À une table du café Etienne, dans le centre commercial du Polygone, le viticulteur biterrois, à la tête du domaine des Graviers, a moult sujets à développer…
Il vient de faire son entrée au conseil municipal de Béziers. Et endosse ainsi, en plus des bottes du paysan, du gilet vert de la FDSEA, le costume d’élu. Un moyen supplémentaire d’agir concrètement. Car la situation reste difficile pour le secteur.
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« Le boulot, c’est pas toujours évident »
Sans alarmisme, mais avec lucidité, il livre son sentiment du moment : « Il faut avoir le moral. Le boulot, c’est pas toujours évident… » Baisse de la consommation du vin, concurrence déloyale, crises successives, hausse du prix du gasoil… Sans oublier chaleur et floraison précoces : « Là, il a fallu tout faire en même temps. C’est la course dans les vignes. » Il cultive 24 hectares labellisés HVE (Haute qualité environnementale) depuis 2019 et dont 20 hectares sont irrigués. Un domaine familial dont il incarne la 4e génération. Son vin haut de gamme s’appelle « Génération 4 ». 10 à 12 000 bouteilles par an, le reste en vrac ; un gîte créé au domaine pour travailler l’œnotourisme : l’équilibre de l’équation reste fragile, la diversification nécessaire.
L’engagement syndical pour « sortir la tête de la vigne »
Un constat partagé avec ses homologues mobilisés comme lui dans le combat depuis des mois. Dans une approche collective qui l’a toujours animé. Son engagement syndical d’abord aux Jeunes agriculteurs puis à la FDSEA le « happe », dit-il. Et lui « sort aussi la tête de la vigne. Lui fait « voir du monde », lui fait « du bien au moral ». Après, on s’aperçoit que c’est compliqué mais il y a moyen de faire avancer les choses, d’aider… »
Sa revendication : « Nous, on ne veut pas d’aides, on veut que le prix du vin augmente, que ça aille mieux, pour que la consommation redémarre. » En coulisses, il s’agit aussi, pour le syndicaliste, de travailler, par exemple, sur la réforme de la Pac (la Politique agricole commune).
Et il multiplie les fronts. Déjà élu municipal lors du dernier mandat de Raymond Couderc (dont son père avait été adjoint lors du mandat précédent), Jean-Pascal Pelaggati sait que des leviers sont possibles à ce niveau. Et puis « ça m’avait plu, j’avais envie d’y retourner », explique le nouveau conseiller municipal délégué à la viticulture.
« Consommez local »
Un défi quotidien que de tenter de tout concilier. Et un sacré chemin parcouru depuis le Bac, un détour par le concours des études de médecine, la fac de sciences, avant de revenir à la terre, aux racines familiales, à ces vignes où il travaillait déjà lorsqu’il était enfant. « Finalement, je ne regrette pas du tout. »
Un dernier message : « Dire aux consommateurs que le meilleur moyen de soutenir l’agriculture, c’est de consommer local. Mieux vaut des produits locaux que des produits bio qui viennent de l’autre côté de la planète. Et dans la région, nous avons de très bons produits à des prix abordables… » A bon entendeur.
Ses coups de cœur
Un lieu : « Le centre-ville de Béziers pendant la Feria ou lors des animations estivales. Bref, le centre-ville animé. »
Une bonne adresse : « Le Cerf-volant, les petits restaurants qui se trouvent face à la cathédrale ».
Un plat préféré : « Je suis gourmand, j’aime tout, j’aime bien manger, bien boire », lâche Jean-Pascal Pelagatti avant d’avouer un penchant pour « une bonne viande avec des frites maison. »
Une bonne bouteille de vin : « Je ne vais pas dire une des miennes ! Alors L’Épicurien, un chardonnay boisé, de la cave coopérative de Sérignan. Et les Terrasses du Larzac rouge. »
Une passion cachée : « Les balades dans la nature, en montagne, en famille, rien d’exceptionnel mais ça pose quand on court toute la journée. Le rugby. Avant il y avait la chasse aussi… »
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