TÉMOIGNAGE. « Rien ne justifiait un décès d’une telle violence », après la mort de leur fille de 11 ans suite à une erreur médicale, la famille réclame justice

En mai 2020, Marwa, une jeune fille de 11 ans était admise aux urgences de l’hôpital de Sète pour des maux de ventre. Elle décèdera deux jours plus tard suite à une injection d’adrénaline au lieu de Spasfon. La famille réclame justice, le procès se tient mardi 12 avril 2026 à Montpellier. Un infirmier et l’hôpital Saint-Clair de Sète sont jugés pour homicide involontaire.

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Sa famille attend ce moment depuis 6 ans. Le procès de l’infirmier et de l’hôpital Saint-Clair de Sète. Jugés pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Montpellier mardi 12 mai 2026, ils devront enfin s’expliquer sur les circonstances qui ont conduit au décès de Marwa, leur fille de 11 ans, en mai 2020. Ses parents l’y avaient conduite après de violents maux de ventre.

Ces douleurs s’apaisent après une injection de Spasfon. Après l’avoir auscultée, le médecin décide de la renvoyer chez elle. Quelques instants avant sa sortie de l’hôpital, un infirmier retourne dans la salle dans laquelle se trouve sa fille. « Je pensais qu’ils allaient enlever le cathéter de ma fille et la libérer. Je les entends lui demander de serrer et desserrer le poing « . Elle en déduit que Marwa a eu une autre injection. Quand je suis allée la récupérer, en une seconde, elle a commencé à s’agiter très fortement et à partir en convulsions face à moi et à s’affaler sur le brancard », se rappelle Samira Fadil.

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Tout le monde est en alerte. « Un attroupement de médecins est sur Marwa. J’assiste à tout ça. Elle est en PLS, ils sont tous autour d’elle. Je suis là et pas là. C’était très choquant pour moi, je ne me sentais pas bien, j’ai demandé à sortir. J’ai vu du sang sous la table, ça m’a fait peur ».

Au lieu de prendre l’ampoule de Spasfon, l’infirmier a pris l’ampoule d’adrénaline sur le chariot de la salle des urgences avant de l’injecter à Marwa. Elle sera conduite en salle de déchocage mais les médecins ne parviendront pas à la réanimer. Transférée en urgence absolue au CHU de Montpellier, Marwa décèdera le 28 mai 2020 au matin.

Marwa était en bonne santé. Rien ne justifiait un décès d’une telle violence.

Samira Fadil, mère de Marwa

France 3 Occitanie

Aujourd’hui la famille de Marwa attend que soit reconnue la faute de l’infirmier mais aussi celle de l’organisation de l’hôpital qui a conduit au geste fatal. « Ce procès j’y suis restée suspendue pendant cinq ans et demi. Tous les jours du matin au soir jusqu’au lendemain, j’étais en attente d’un recours, d’une réponse de la justice. Ca a été très long, très lent vu les circonstances car la faute a été reconnue sur place, à l’hôpital », poursuit la mère de Marwa, interrogée par France 3 Occitanie.

Les proches de l’adolescente attendent aussi des sanctions « à hauteur du préjudice subi ». « Je souhaite que l’on soit entendus à la hauteur de notre souffrance, de notre douleur, des fautes commises. Marwa était en bonne santé. Rien ne justifiait un décès d’une telle violence », conclut-elle persuadée qu’à l’hôpital Saint-Clair on a tenté de lui cacher la vérité avant d’admettre « que l’on avait mis le mauvais flacon sur le mauvais chariot ». Le cri de la mère de Marwa sera-t-il entendu ?

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Le procès pour homicide involontaire s’ouvre mardi 12 mai 2026 à 13 h 30 devant le tribunal correctionnel de Montpellier.

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