TÉMOIGNAGE. « Combien de fois j’ai appelé ‘maman’ ! » : à 101 ans, Marceau Puig, héros de la Seconde Guerre mondiale, livre un message fort à la jeunesse

À 101 ans, Marceau Puig vit à Perpignan avec la fierté du devoir accompli. Cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale a rejoint l’armée française dès 1942, participant à la campagne d’Italie, au débarquement en Provence et à la montée vers l’Allemagne. En ce 8 mai, jour de commémoration de l’armistice, il livre un témoignage poignant sur les horreurs de la guerre et adresse un message aux jeunes générations.

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Le 8 mai, jour de commémoration de l’armistice de la Seconde Guerre mondiale, Marceau Puig se souvient. À 101 ans, cet ancien combattant perpignanais porte encore en lui les cicatrices de quatre années de combat. Engagé à dix-huit ans dans le corps expéditionnaire français en 1943, il a traversé l’Italie, débarqué en Provence et remonté jusqu’en Allemagne. Ses souvenirs restent intacts et authentiques. Et son message résonne comme une urgence : ne pas oublier le prix payé pour la liberté.

Marceau Puig ne cache rien des réalités du combat. À Marc Tamon et Frédéric Savineau venus le rencontrer pour France 3 Pays catalan, il affirme sans détour : « Vous savez, c’est dur la guerre, ce n’est pas bon. C’est certain que ce n’est pas bon. » Pourtant, cet homme aux cheveux blancs, entouré d’amis à Perpignan, ne regrette pas son engagement. Il défend avec passion l’institution qui l’a formé : « C’est formidable l’armée. Moi je suis comme ça. Il y en a qui ne les aiment pas, tant pis. Mais il ne faut pas oublier qu’on a sauvé la France. »

Marceau Puig entouré de ses amis dans son appartement de Perpignan. © F. Savineau / France 3 Pays catalan

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Pied noir d’origine catalane, Marceau s’est engagé dès 1943 avec la campagne d’Italie. Cette période marque le début d’un calvaire. La bataille de Monte Cassino le hante encore. « C’est très très dur. Ils étaient retranchés sur l’abbaye qu’il y avait en haut. Malgré des bombardements, il n’y avait pas moyen de les déloger. » Le bilan fut terrible : « Finalement on est arrivé, mon corps français, presque 1000 morts sur Casino. Ça a été terrible, Casino. D’ailleurs, c’est connu partout ? C’était une bataille vraiment incroyable. »

Marceau Puig raconte des instants où le hasard côtoie l’horreur. « À Cassino, les Américains se sont trompés, ils nous ont bombardés, je vous assure que je me suis mis tout de suite à plat ventre. Quand je me suis levé, à côté de moi, se trouvait un copain du village ! Il y a de ces trucs qui se passent pendant la guerre, c’est incroyable ! » Il figure même parmi les premiers à entrer dans Rome.

Le débarquement en Provence reste gravé dans sa mémoire comme le moment où la peur l’a vraiment étreint. « On avait les bateaux qui s’ouvraient. Il fallait aller dans l’eau. On avait l’eau jusque-là pour débarquer. C’est là que ça m’a touché. Là, j’ai eu peur. J’ai dit, j’y suis dedans, hein ! Et, combien de fois, j’ai appelé ‘maman’ ! On veut faire le dur et on n’est pas dur, non. »

Médaillé de la Légion d’honneur et de la Croix de Guerre, Marceau Puig ne cesse de rappeler l’importance de la mémoire. Il adresse un appel aux jeunes : « Il faut aimer la France, il faut l’aimer, il n’y a rien à faire. L’armée fait beaucoup. Il y a beaucoup de jeunes qui se détachent de ça. »

Marceau Puig a rejoint l’armée en 1942. © F. Savineau / France 3 Pays catalan

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Son amour pour la France demeure intact, viscéral. « Je suis fier d’avoir servi ma France, je le serai toujours. Quand j’entends la Marseillaise, j’ai des frissons. À tous les grands matches, ce n’est pas le match que je cherche, c’est la Marseillaise. » Il se souvient aussi de la joie du retour : « Quand je suis revenu de la guerre, maman était heureuse (…) J’avais une mère du tonnerre ! »

À 101 ans, Marceau Puig incarne une génération qui s’éteint lentement. « Des anciens combattants comme moi, on est peu maintenant, c’est dommage. » Son témoignage devient ainsi un devoir de mémoire, une voix qui refuse que l’oubli ne gagne.

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