Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné, lundi 4 mai, un chauffeur routier roumain de 24 ans à huit ans de prison ferme pour le transport de 543 kg de résine de cannabis. Intercepté le 30 avril au péage de Béziers-Ouest par les douanes, le prévenu transportait une cargaison évaluée à un million d’euros. Outre la détention, le texte du jugement prévoit une amende douanière record et une interdiction définitive du territoire.
À l’issue des délibérations, le jeune Radu, 24 ans, originaire de Roumanie, a éclaté en sanglots dans le couloir qui menait aux geôles du palais de justice de Béziers. Le tribunal venait de le condamner à une peine de huit ans de détention avec exécution provisoire. Il devra aussi régler une amende d’un million d’euros. Jeudi 30 avril, il a été intercepté par les agents des douanes de Perpignan alors qu’il transportait 542,840 kg de résine de cannabis à l’arrière de son fourgon. En peine complémentaire, ce chauffeur routier s’est vu interdire le territoire français définitivement.
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3 000 € pour transporter la marchandise
Jeudi, le jeune conducteur a quitté l’Espagne en passant par La Jonquère. Là, il aurait fait charger son fourgon. Son client lui aurait proposé 3 000 € pour ramener en Allemagne des caisses vides. Dans le box des prévenus, le jeune Roumain ne lève pas la tête. Il répond difficilement à la traductrice qui aide à faire toute la lumière sur cette histoire. « Je n’ai plus d’emploi. On m’a proposé de livrer ces caisses et j’ai dit oui. Je ne connais pas ces gens et je n’ai pas regardé ce qu’ils mettaient dans le camion. » Et voilà le jeune conducteur lancé sur les routes. Il ne le sait pas encore, mais il est suivi de près par des douaniers à moto. Arrivé au péage autoroutier de Béziers-Ouest, le chauffeur est invité à stationner et son véhicule est fouillé. Toute la marchandise est saisie et il est placé en retenue douanière.
Deux véhicules pour l’escorter
Devant les enquêteurs, le mis en cause va finalement expliquer qu’il avait quelques contacts avec les trafiquants. Il savait qu’il était précédé d’une voiture qui ouvrait la route et d’une seconde qui le suivait de loin. Mais personne n’avait repéré les douaniers à moto, qui avaient dû avoir l’information de ce transport illicite. Le Roumain avait été repéré avec son téléphone alors qu’il avait passé à plusieurs reprises la frontière italienne. Il ne donnera pas d’explication sur ces passages entre l’Espagne et l’Italie, dont au moins trois ont été identifiés. Quoi qu’il en soit, le jour de son interpellation, il a joint au téléphone la voiture ouvreuse à 92 reprises. « Vous ne pouviez pas ignorer que votre marchandise était très particulière », lui dit le président du tribunal. « Je ne savais pas, mais j’avais besoin d’argent », répond-il sans jamais regarder les magistrats. « C’est l’erreur de ma vie. »
Une victime exploitée par les trafiquants
« C’est une victime », a insisté la représentante du parquet. « Il est exploité par une organisation internationale. Il faut tout faire pour que ces personnes soient de moins en moins en France. On lui a fait prendre tous les risques pour que d’autres gagnent de l’argent. Il reconnaît ce qu’il a fait, donc nous sommes certains de sa culpabilité, mais il reste une victime exploitée par ce système. » Elle va requérir une peine de sept ans d’incarcération. « Il reconnaît qu’il a joué un rôle. Il a joué, il a perdu », insiste l’avocat qui défend le prévenu. « Il a collaboré, même s’il n’a pas tout dit. Tout cela parce qu’il a eu très peur lors de son interpellation. Aujourd’hui, il ne parle pas. Il est effrayé à l’idée de se retrouver en détention. Il reconnaît, mais je vous demande de revoir à la baisse le quantum de la peine. »
Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet. « Quand vous aurez effectué la moitié de votre peine, vous pourrez demander une réduction de peine. Vous serez contraint de quitter la France. »
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