Entre une UBB qui marche sur l’eau depuis deux ans et un Leinster qui n’a toujours pas fait le deuil de son maître à jouer Johnny Sexton, l’avantage théorique semble aller clairement aux Français.
N’importe quel péquin ayant assisté aux demi-finales ce week-end vous l’assurera : qu’elle le veuille ou non, l’UBB sera clairement favorite à sa propre succession du côté de Bilbao. Pourquoi ? Oh, on pourrait bien invoquer d’évidentes raisons. D’abord, la relative proximité de Bordeaux avec le Pays basque espagnol, susceptible de fortement garnir les tribunes en faveur de la bande à Lucu. Ensuite, la redoutable tendance du Leinster à se prendre les pieds dans le tapis en finale face aux clubs français (défaites en 2022, 2023 et 2024). Toutefois, au-delà de la superstition, il y a la réalité du terrain et à ce titre, ce serait peu dire que les Irlandais ont affiché beaucoup moins de certitudes que les Bordelais ce week-end…
Certes, tout n’a pas été parfait dans les rangs de l’UBB, les quatre essais encaissés par les Girondins en attestent. Reste que l’opposition de Bath semblait à mille lieues de celle proposée par le RC Toulon, face auquel le Leinster a pourtant bien failli passer à la trappe. La faute à une indiscipline parfois confondante et à un jeu à l’évidence moins léché que d’habitude, le spectre de la retraite de Johnny Sexton semblant peser tout aussi lourd sur la franchise de Dublin que sur le XV national, le choix de titulariser Harry Byrne plutôt que l’héritier déchu Sam Prendergast n’apportant in fine pas grand-chose de plus…
De quoi prédire une finale à sens unique ? Cela ne serait évidemment pas rendre service aux Bordelais qui, à l’image de Matthieu Jalibert, ont cherché dès le coup de sifflet final à inverser la pression.
« La rush defense de nienaber ne prend pas »
Une manière comme une autre de se convaincre de ne surtout pas baisser la garde, seule condition à laquelle on imagine les Bordelais se manquer du côté de Bilbao. Parce qu’au vrai, l’impression de puissance laissée par les avants girondins, conjuguée à la vitesse de leurs trois-quarts ainsi qu’à la pugnacité de l’ensemble en défense et dans le jeu sol en ont laissé plus d’un sans voix, dimanche après-midi. « C’était clair depuis la veille : Bordeaux-Bath, c’était la finale de Champions Cup avant la lettre, nous confiait en début de soirée en un célèbre entraîneur du Top 14, sous le sceau de l’anonymat. Après la démonstration qu’ils ont faite, je ne les vois pas se rater. Jacques Nienaber essaie de mettre en place au Leinster une rush defense à la sud-africaine qui a du mal à prendre. Face à Bordeaux, dont les centres ont beaucoup plus de vitesse que ceux de Toulon, cela pourrait leur coûter cher. Et comme les Irlandais ne seront pas aussi bien arbitrés en mêlée que contre le RCT, cela pourrait faire cher au final… L’écart entre les deux équipes me semble énorme. » Trop pour être remis en question sur 80 minutes ? Réponse dans trois semaines…
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