À Millau, dans l’Aveyron, un collectif de citoyens pour la préservation de l’environnement appelle à la mobilisation, ce samedi 25 avril 2026. Il s’agit de protester contre l’implantation d’un site de recyclage de métaux non ferreux qui présenterait des risques de pollution.
Le terrain est déjà choisi, à proximité du viaduc de Millau. Un panneau indique que l’entreprise Cyclamen projette d’y installer une unité de tri de métaux au sein du parc d’activité. Depuis plusieurs mois, le projet est contesté par le collectif Vigilance Environnement Millau qui appelle, ce samedi 25 avril 2026, à une nouvelle marche de protestation. L’association craint que cette installation de tri et recyclage de métaux non ferreux ait des impacts sur la santé et l’environnement. Explications.
Si le projet aboutit, Millau ne serait pas le premier site en France de l’entreprise Cyclamen. Le spécialiste du tri et du recyclage des métaux non ferreux est déjà basé en Moselle depuis 2019. Et des témoignages de riverains ont fait « dresser les cheveux » de Cholé Albert. Cette Aveyronnaise, membre du collectif Vigilance Environnement Millau, évoque de gros questionnements quant à l’impact environnemental potentiel de cette installation.
À Eguelshardt, des riverains ont saisi la justice tandis que l’entreprise a été épinglée à deux reprises pour des non-conformités constatées, notamment en ce qui concerne ses émissions de poussières à l’extérieur de l’usine. Alors forcément, l’arrivée de Cyclamen dans l’Aveyron suscite bien des inquiétudes. Et le collectif de Millau s’interroge : « d’où proviennent exactement les lots de déchets qui seront traités ici ? Quelles analyses seront réalisées, par qui et à quelle fréquence ? Quels moyens concrets l’Etat prévoit-il pour surveiller cette installation ?« …
« Ce qui me met en rogne vraiment, c’est l’utilisation de cet argumentaire du « c’est du recyclage » pour dire que c’est une entreprise vertueuse. Mais si c’est du recyclage pour polluer deux fois, moi j’y vois une absurdité totale« , nous déclare à titre personnel Chloé Albert, membre du collectif.
L’exploitation de cette installation de tri de métaux non ferreux a été enregistrée en préfecture de l’Aveyron en novembre 2025. Et très rapidement, l’association Vigilance environnement millavoise a entamé des recours devant le tribunal administratif de Toulouse. Début février 2026, le juge des référés a rejeté une première demande de suspension de l’arrêté préfectoral. Mais le dossier, lui, est toujours en attente de jugement sur le fond.
« En attendant, le cours des choses est un petit peu bloqué, neutralisé« , souligne le maire LR de Millau, Christophe Saint-Pierre. « Le mémoire qui a été porté devant le tribunal administratif de Toulouse porte globalement sur cinq gros sujets, détaille-t-il. Notamment sur des sujets de sécurité sanitaire, de sécurité environnementale, de sécurité liée au voisinage. » A la justice de lever les doutes concernant le ou les risques liés à l’activité de l’entreprise Cyclamen.
(Article rédigé sur la base d’un reportage réalisé par Mathilde de Flamesnil et Camille Saiseau)
