La mobilisation des paysans en colère a débuté tôt ce vendredi matin 26 septembre 2025. À Béziers, ce sont les services publics qui étaient ciblés. Centre des impôts, douanes et direction des Territoires et de la Mer de l’Hérault ont reçu la visite des viticulteurs. À Nîmes, ils ont vérifié la provenance des fruits et légumes et du vin dans plusieurs supermarchés.
Alors que les vendanges, les moissons et les récoltes arrivent presque à leur terme, les agriculteurs se mobilisent à nouveau pour faire pression sur le Premier ministre. Mais cette fois-ci, pas de blocage, pas d’action coup de poing et pas d’opération escargot. Juste de l’information pour les consommateurs.
Ils dénoncent les accords commerciaux entre l’Europe et le Mercosur, défavorables aux produits français et à la santé selon eux, la lourdeur administrative et les obligations réglementaires toujours plus contraignantes.
Ce vendredi, les agriculteurs de la FDSEA de l’Hérault et des JA 34 ont mené des actions. Dans leur viseur, diverses administrations comme les Douanes ou la Direction départementale des territoires et de la mer.
Dès 6h30, des banderoles ont été déployées sur les murs et la grille de la sous-préfecture de Lodève.
Près de Béziers, des agriculteurs, accompagnés de tracteurs et bennes, ont déversé une remorque de moût de raisin devant le bâtiment des Douanes, puis divers déchets agricoles devant celui de la Direction départementale des territoires (DDTM 34).
Ils ont ensuite rencontré des élus, et partagé croissants et cafés avec les policiers, dans une ambiance détendue.
Ce n’est qu’un avertissement, la prochaine fois, ça sera plus sévère, on en a marre de se faire avoir. Ce qu’on veut, c’est vivre de notre métier. Il est hors de question de subir l’agriculture qu’on veut nous imposer.
Cédric Saur, viticulteur et secrétaire général de la FDSEA de l’Hérault.AFP
Le prix des produits agricoles payé aux producteurs est une bataille essentielle. Travailler à perte et vivre des aides nationales ou de la PAC, « c’est décourageant même si on aime son travail » se désole un éleveur. « On ne peut plus vivre, investir, prendre des vacances… on bosse juste pour rembourser les dettes et les banques et que nos exploitations ne meurent pas ».
Même son de cloche pour les viticulteurs. Pour eux, il y a trop d’intermédiaires qui surtout prennent trop de marges.
Cédric Saur insiste : « vous savez combien sur un verre de vin, payé 5 euros dans un restaurant, reviennent au vigneron… 25 centimes en moyenne. Vous trouvez cela juste ? ».
Nîmes – les agriculteurs préparent leurs actions de tractage et de stickage dans les supermarchés – 26 septembre 2025. • © FTV D. Iberrakene.
Autre protestation, les importations de produits jugées « déloyales ». Les agriculteurs ne veulent plus voir dans les commerces des fruits et légumes, de la viande, du vin ne répondant pas aux mêmes normes sanitaires qu’en Europe.
Nîmes – opération stickage des vins et fruits et légumes étrangers dans un hypermarché. A gauche du vin français, à droite du vin européen mélangé – 26 septembre 2025. • © FTV D. Iberrakene.
Dans le Gard, ce vendredi matin, ils ont fait du stickage dans des supermarchés. Arrêt obligatoire au rayon des vins…
« On veut que les consommateurs sachent, vraiment, ce qu’ils achètent. Là, on a un vin Vieux papes produit en France à 100% et à droite un vin Vieux papes, issu de l’Union européenne. Mais d’où vient le raisin, le vin, mystère, on n’en sait rien. Juste UE. Si les gens veulent acheter espagnol, italien ou roumain, c’est leur choix mais ils doivent savoir que ce cubitainer de vin que l’on peut croire français à cause du marketing et de l’emballage, n’a pas un grain de raisin d’ici ou très peu » explique un viticulteur gardois.
Et visiblement, les clients et consommateurs soutiennent plutôt le mouvement et les paysans.
Mobilisation des agriculteurs pour une journée tractage et stickage. • ©FTV
Perpignan – les agriculteurs et les tracteurs sont mobilisés – 26 septembre 2025. • © FTV R.Sabathier.
Dans l’Aude, les agriculteurs jugent la période mal choisie entre fin de vendanges et de récolte céréalière, « maïs, tournesol, soja, sorgho », énumère Jérôme Barthès, président de la FDSEA 11 : « c’est trop tôt dans la saison. Il peut y avoir un manque d’agriculteurs impliqués » dans la mobilisation.
Son syndicat annonce une action vendredi aux abords de Carcassonne. Ce sera « surtout de la communication, des distributions de tracts », dit-il.
Idem dans les Pyrénées-Orientales, une action est prévue au péage de Perpignan sud sur l’A9.
