François Bayrou a présenté ce mardi 15 juillet ses grandes orientations pour le budget 2026. Et parmi les pistes évoquées par le Premier ministre pour réaliser des économies, il y a la suppression de deux jours fériés, dont le lundi de Pâques. Mais que signifie ce jour et connaissez-vous son histoire ?
Devra-t-on travailler le lundi de Pâques ? C’est ce que préconise François Bayrou pour faire des économies dans le budget 2026. Mais à quoi correspond ce jour férié que le Premier ministre veut supprimer ? Voici son histoire.
C’est l’un des longs week-ends prolongés dont bénéficient tous les Français. Mais cet avantage pourrait bien disparaître si les propositions de budget 2026, annoncées par François Bayrou, sont votées par le parlement. Le Premier ministre envisage la suppression de deux jours fériés, dont le lundi de Pâques.
🇫🇷 Budget 2026: François Bayrou propose la suppression de « deux jours fériés », citant « comme exemples » le « lundi de Pâques » et « le 8-Mai » tout en se disant « prêt à en accepter ou en examiner d’autres », et annonce la création d’une « contribution de solidarité » pour les Français… pic.twitter.com/CFJ379QH8b
— Agence France-Presse (@afpfr) July 15, 2025
Ce jour a-t-il été choisi au hasard ? Pas si sûr. Pour le locataire de Matignon, ce jour chômé « n’a aucune signification religieuse« . Le lundi de Pâques est l’un des plus anciens jours fériés en France et dans de très nombreux pays européens. En 1801, Napoléon Bonaparte le sauve de sa réforme pour améliorer la production du pays, mais son histoire remonte à bien plus longtemps.
Les fêtes pascales, sont fériées depuis 17 siècles maintenant. Et l’arrivée du lundi de Pâques parmi les jours chômés remonte au 4ème siècle. Le premier empereur chrétien, Constantin, décide à cette époque de structurer l’Église et le calendrier religieux. Il impose huit jours fériés consécutifs.
🇫🇷 Le saviez-vous ?
Sous l’Ancien Régime, la France comptait jusqu’à 100 jours fériés religieux par an hors dimanches (fêtes d’obligation, octaves, saints locaux).
Et pourtant, elle était la première puissance mondiale.
Comme quoi, ralentir n’empêche pas de rayonner.— Anton Struve 🎗️ (@AntonStruve) July 16, 2025
L’octave de Pâques, c’est ainsi qu’on l’appelle, est dédié à la commémoration de la résurrection de Jésus Christ. Il commence le dimanche de Pâques et s’achève le dimanche suivant. Toute la semaine, les fidèles sont invités à se rendre chaque jour à la messe. Elle doit aussi permettre à ceux qui le souhaitent de faire le pèlerinage jusqu’à Rome.
La décision de Napoléon Bonaparte, de légiférer sur cette tradition lors de l’instauration du Concordat au début du 19ème siècle, porte un coup à Rome, qui perd son autorité sur l’épiscopat français. Dans le même temps, les privilèges du clergé catholique sont abolis.
Napoléon Bonaparte a mis fin à l’octave de Pâques en 1801, mais l’empereur a tout de même choisi de conserver le lundi de Pâques comme jour férié. • © PETER PARKS / AFP
L’empereur, qui juge que cette semaine fériée est une entrave à la bonne santé économique du pays, surtout après les turbulences de la Révolution française, ne gardera finalement qu’un seul jour, celui du lundi de Pâques. Un choix définitivement acté par la loi du 8 mars 1886. Il fait encore partie aujourd’hui des onze jours fériés dont bénéficient les Français.
Mais pour combien de temps encore ? Le lundi de Pâques, tout comme le 8 mai, pourrait devenir un jour de travail classique dès 2026. Des voix s’élèvent déjà dans tous les milieux. Les débats à l’Assemblée nationale promettent d’être agités.
