Déserts médicaux : comment cette municipalité a réussi à débaucher les médecins de la commune voisine

Malaise entre les villes gardoises de Pont-Saint-Esprit et Saint-Julien-de-Peyrolas : les trois médecins de cette dernière ont annoncé leur départ chez sa voisine. Pour les convaincre, Pont-Saint-Esprit a vu grand. Le maire de Saint-Julien-de-Peyrolas ne décolère pas. Il appelle à la concertation.

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Saint Julien-de-Peyrolas (Gard), petite commune de 1500 habitants, était fière de son cabinet médical, installé dans un pavillon où exerçaient trois médecins généralistes. Mais en décembre dernier, le maire Claude Salau est tombé des nues en lisant le journal : il découvre alors que les trois praticiens ont décidé de partir. Pourquoi ? Nos journalistes Dalila Iberrakène et Alexandre Grellier les ont contactés, mais ils n’ont pas souhaité répondre.

Ces docteurs ne s’en vont pas bien loin. Ils vont s’installer à neuf kilomètres de là, dans la ville voisine de Pont-Saint-Esprit qui compte 10 500 habitants. Pour les attirer, la municipalité leur a proposé des locaux bien plus vastes : une ancienne caserne qui sera réaménagée en cabinet de médecine.

Moi je n’ai eu aucun contact ni avec le maire de Pont-Saint-Esprit, ni avec les médecins qui, contrairement à ce qui est dit ici ou là, ne m’ont jamais rencontré malgré mes demandes de rendez-vous réitérées depuis plusieurs mois. Je ne pouvais pas deviner qu’ils pensaient partir !

Claude Salau, maire (SE) de Saint-Julien-de-Peyrolas

Saint Julien-de-Peyrolas, Pont-Saint-Esprit, deux communes confrontées à la même problématique : celle de la désertification médicale de leur territoire. À Pont-Saint-Esprit, le dernier généraliste est sur le point de partir à la retraite. Alors, le maire Valère Segal a décidé de prendre les devants, en débauchant les médecins de St-Julien-de-Peyrolas. Et ce n’est qu’un début. Il voit encore plus grand.

La première étape, c’est d’accueillir à l’été quatre jeunes médecins qui vont, on l’espère, en attirer d’autres pour travailler ensemble : deux internes et, en 2026, deux docteurs juniors. Et on commence à travailler sur l’étape numéro deux : une maison de santé pluridisciplinaire.

Valère Segal, maire (SE) de Pont-Saint-Esprit

L’édile imagine ces médecins se déplacer dans des « centres satellites », à une fréquence à définir, pour les patients ayant du mal à se déplacer.

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Le maire de Saint-Julien-de-Peyrolas, lui, ne décolère pas contre la politique de son voisin. Mais pour l’instant, il n’a plus de solution à proposer. Et la nouvelle est une catastrophe pour les patients de ce territoire vieillissant. Nicole Gerosa, Peyrolaise de 84 ans, nous confirme que le déménagement du cabinet médical va lui compliquer la vie.

Elle pointe du doigt les difficultés de stationnement aux abords du futur centre de consultations de Pont-Saint-Esprit et se demande comment fera sa fille, qui travaille, pour se libérer et pouvoir l’accompagner quand elle sera malade. « À mon âge, on a besoin de voir un médecin régulièrement. Mais pour les petits bobos, je n’irai plus. J’attendrais que ça passe« , nous dit-elle.

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Dans le Gard, on estime à moins d’une centaine le nombre de médecins pour 100 000 habitants.

Écrit avec Dalila Iberrakene et Alexandre Grellier.

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