Fin 2023, la France compte 712 000 personnes majeures bénéficiant d’une mesure de tutelle ou de curatelle, soit 16 % de plus en 15 ans. Ce nombre pourrait atteindre 1 million d’ici 2040. Zoom sur le métier essentiel et méconnu de mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), avec le témoignage de deux professionnelles qui œuvrent en Lozère…
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Que recouvre le métier de mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?
Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs a pour rôle d’accompagner les adultes vulnérables (âgés, handicapés, malades) dans leur vie quotidienne et de mettre en œuvre une mesure de protection suite à une décision du juge des tutelles.
Quelle formation pour devenir mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?
La licence professionnelle activités juridiques : mandataire judiciaire à la protection des majeurs est accessible après un bac+2 dans le domaine juridique, social ou de gestion – cette nouveauté est en vigueur depuis la rentrée 2024, suite à la parution du décret n°2023-1379 du 28 décembre 2023 relatif aux conditions d’exercice des mandataires judiciaires à la protection des majeurs. Le certificat national de compétence, autrefois requis, est désormais remplacé par l’obtention d’une licence professionnelle délivrée par les universités à compter de 2025.
En Occitanie, cette licence professionnelle peut se préparer en un an à l’Université Toulouse Capitole (31) ou à l’Université de Nîmes (30).
Où exercer le métier de mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?
Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs peut exercer :
- comme salarié au sein d’un service mandataire à la protection des majeurs ;
- comme salarié, préposé à la tutelle, d’un établissement hospitalier, médico-social ou d’hébergement ;
- à titre individuel, en tant que libéral.
Témoignages de 2 mandataires judiciaires à la protection des majeurs
Deux mandataires judiciaires à la protection des majeurs qui travaillent au sein de l’Association tutélaire de Lozère (ATL) ont accepté de se prêter au jeu de l’interview et de s’exprimer au nom des trois services tutélaires de la Lozère : l’Union départementale des associations familiales de Lozère (UDAF), l’Association tutélaire Aveyron Lozère (ATAL) et l’ATL.
Quelle formation avez-vous suivie ?
Aurélie Garnerone : « J’ai passé le BTS économie sociale et familiale, puis le diplôme d’État de conseiller en économie sociale et familiale, à Mende. Le métier de mandataire judiciaire à la protection des majeurs ne m’attirait pas particulièrement à ce moment-là, parce que je l’associais au secteur de la maladie mentale. En fait, je n’en avais pas une représentation très positive par manque d’informations. J’ai donc d’abord travaillé en association d’aide à domicile en tant que responsable de secteur, suite à un stage que j’y avais effectué. Cependant, le côté social me manquait. J’ai donc cherché un autre emploi, et depuis 12 ans maintenant, je suis mandataire judiciaire à la protection des majeurs au sein de l’ATL. »
Eulalia Carvalho Costa : « J’ai obtenu le diplôme d’État de conseiller en économie sociale et familiale en Lozère en 2020, puis une fois que j’ai été en poste au sein de l’ATL en juin 2021, j’ai préparé à Montpellier le certificat national de compétence, qui était nécessaire à l’époque pour être mandataire judiciaire à la protection des majeurs. Les gens ne connaissent pas vraiment ce métier, et nous devons souvent expliquer en quoi il consiste lorsque nous nous présentons. C’est vrai qu’il y a le mot « judiciaire » dedans, mais ce n’est pas le cœur de notre métier, et en l’occurrence, c’est le juge qui protège, et non celui qui punit. »
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