Lundi, une infirmière scolaire a été interpellée par les forces de l’ordre, qui l’ont plaquée au sol, devant le lycée Jean Monnet à Montpellier. Cette femme de 53 ans a été placée en garde à vue, puis relâchée sans charge. Le maire de Montpellier Michaël Delafosse demande une enquête interne.
Son interpellation suscite l’émoi auprès des élèves et de la communauté enseignante. Une infirmière scolaire de 53 ans a été plaquée au sol par les forces de l’ordre lundi lors du blocage du lycée Jean Monnet de Montpellier. Elle avait été placée en garde à vue dans la matinée « pour des faits d’outrage, rébellion et participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser ». Mais dans la soirée, cette garde à vue a été levée « sans charge retenue », indique le parquet. Ce dernier classe le dossier sans suite pour cause d « infraction insuffisamment caractérisée ».
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« Stupéfaction » du maire de Montpellier
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, dont une obtenue par la radio ICI Hérault, montraient la femme devant le lycée Jean-Monnet de Montpellier, le seul bloqué dans l’académie selon le rectorat, crier quelque chose en direction des forces de l’ordre. Elle était alors jetée au sol par un policier qui la plaquait face contre terre et la menottait. Deux lycéens de 15 ans, qui avaient refusé d’obéir aux sommations, ont également été interpellés et placés en garde à vue.
Cette interpellation a soulevé l’indignation de plusieurs élus, notamment celle du maire PS de Montpellier Michaël Delafosse qui a dit sur X sa « stupéfaction » appelant à « une enquête interne », tandis que le député insoumis de l’Hérault Sylvain Carrière dénonçait un « scandale ».
Trois députés LFI ont décidé de saisir le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale. Trois dont deux héraultais, Sylvain Carrière et Nathalie Oziol ainsi que Thomas Portes, député de Seine-Saint-Denis.
Le sénateur socialiste Hussein Bourgi a interpellé la préfète de l’Hérault sur les réseaux, évoquant « le dérapage de trop ». Ce à quoi la préfète Chantal Mauchet a répondu que « la liberté de manifester ne comprend pas celle de bloquer, et encore moins celle de s’en prendre directement aux forces de l’ordre », assurant aussi que l’infirmière intervenait « en tant que participante à un attroupement sur la voie publique visant à bloquer un établissement scolaire ».
Contactée par l’AFP, Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat Snics-FSU, a dénoncé un « usage disproportionné de la force » contre sa collègue, réaffirmant son soutien « au mouvement lycéen, légitime y compris dans sa colère, notamment par rapport au nombre de postes infirmiers ».
Pour près de 12 millions d’élèves, en primaire, collège et lycée, la France comptait moins de 900 médecins scolaires et quelque 8.000 infirmières à la rentrée scolaire 2026, des chiffres en forte baisse sur 10 ans.
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