Les ports français seront immobilisés vendredi 30 octobre 2026 par une grève de 24 heures, à l’appel du principal syndicat de dockers, la fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente près de 90% des salariés du secteur en France. En Occitanie, les ports de Sète (Hérault) et de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) sont concernés.
« Les ports français vont être à l’arrêt à 95% » vendredi, a indiqué à l’AFP Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT des dockers, dont la représentativité est de 95% parmi les dockers de chargement et déchargement des marchandises, et de 87,5% parmi l’ensemble des salariés de la manutention portuaire au niveau national.
L’appel a été initialement lancé dans un cadre européen par l’European dockworkers council (EDC) et au niveau international par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, pour dire non à la guerre et à la militarisation des ports en cours, a-t-il précisé.
Au niveau français, les dockers de la CGT contestent la « militarisation des installations sous l’impulsion de la Commission européenne » et s’opposent « aux orientations » du projet de budget du gouvernement Lecornu qui « détruisent nos systèmes de solidarité« .
La CGT s’oppose notamment à la déréglementation des emplois par l’automatisation des opérations de manutention dans les ports.
En France, 14.000 travailleurs portuaires, dont quelque 7.500 dockers sont concernés par l’appel du 30 octobre qui touche les ports de Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris (Haropa), Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, la Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer.
À l’international, les syndicats de dockers d’Espagne, de Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal Irlande, Italie, Allemagne, sont aussi appelés à joindre cette journée de mobilisation « historique« , note la CGT dans son communiqué.
Les représentants de syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé le 19 mai dernier une déclaration commune à Istanbul disant refuser que les dockers « deviennent un lien dans la chaîne des guerres« .
« Les ports, les routes maritimes, les voies ferrées, les entrepôts, la logistique et l’ensemble de la chaîne des transports sont en train d’être transformés de plus en plus ouvertement en infrastructures de guerre » affirmait cette déclaration, fustigeant « l’économie de guerre » en train d’être créée dans des ports qui « appartiennent aux peuples et aux travailleurs » et ne « sont pas des bases appartenant à l’Otan, ni aux États-Unis, ni à l’Union Européenne, ni aux armateurs ni aux groupes en monopole« .
