« Je me suis assis sur son fessier, pas sur sa nuque », dit le policier poursuivi pour la mort de Mohamed Gabsi à Béziers

Un policier municipal de Béziers (Hérault) comparait ce vendredi devant la justice, plus de six ans après la mort de Mohamed Gabsi. Le prévenu assure ne pas s’être assis sur la nuque de la victime, un père de famille, consommateur de stupéfiants agité le soir du drame.

C’est un procès très attendu qui se tient ce vendredi à Béziers, six ans et demi après la mort de Mohamed Gabsi, à l’âge de 33 ans. Un policier municipal est poursuivi devant le tribunal judiciaire pour homicide involontaire, sans intention de la donner, suite à une intervention survenue en pleine période Covid.

La victime avait été interpellée en plein confinement, alors qu’elle se trouvait dehors vers 22h ce 8 avril 2020. Un couvre-feu avait été instauré par la ville de Béziers entre 21h et 5h du matin.

Un drame intervenu en plein confinement

Ce père de famille de trois enfants n’aurait jamais dû se trouver à l’extérieur. L’avenue était déserte à l’arrivée des forces de l’ordre. Mohamed Gabsi, qui avait bu, avait expliqué aux trois policiers municipaux venus le contrôler être sorti chercher des cigarettes.

Le Biterrois avait alors été menotté, les deux mains dans le dos, puis transporté sur le ventre à l’arrière de la voiture de la police municipale jusqu’au commissariat de police situé à 200 mètres à vol d’oiseau.

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L’interpellation est filmée par des témoins, qui évoquent une arrestation musclée

Un des fonctionnaires s’est assis sur lui le temps du transport. À leur arrivée dans la cour de l’hôtel de police, Mohamed Gabsi, était mort malgré le massage cardiaque prodigué sur place. « Il était très agité cette nuit-là » précisait à l’époque l’ancien procureur Raphael Balland à France Bleu Hérault.

Le policier, Guillaume L. (36 ans au moment du drame) plutôt bien noté par sa hiérarchie, assure qu’il s’est assis sur les fesses de la victime lors de ce transfèrement.

« Il n’y avait pas d’autre solution pour l’empêcher de bouger » d’après les policiers municipaux présents cette nuit-là. Un équipage avait été appelé en renfort.

Les proches maintiennent des violences volontaires

Parmi les pistes avancées par les médecins légistes, il y a notamment une pression forte exercée sur la nuque. Sans doute un genou. Celui de l’agent de police poursuivi pour homicide involontaire. C’est une piste rejetée par la défense depuis toujours. Pour la famille de la victime, cette version est incompatible avec les constatations de l’autopsie en raison des lésions cervicales.

Les compléments d’enquête ont démontré également que la victime avait consommé de la cocaïne avant son décès, ce qui aurait pu provoquer une asphyxie.

Mohamed Gabsi souffrait de schizophrénie depuis ses 14 ans

Lors de la reconstitution des faits en 2023, Luc Abratkiewicz, l’avocat du prévenu confiait à France Bleu Hérault : « Nous avons des éléments médicaux qui nous disent très clairement que le syndrome asphyxique est secondaire et que le syndrome de la mort, c’est la pathologie psychiatrique de la partie civile. Sa pathologie toxique car il était sous l’emprise de la cocaïne à un taux létal, mais aussi une pathologie cardiaque car un an avant, dans les mêmes circonstances il avait fait un infarctus. Il avait été réanimé de peu par les pompiers lors d’un épisode de délire. »

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Un rassemblement avant le procès

La famille du défunt, qui s’est constituée partie civile, a appelé à un rassemblement devant le palais de justice à 8h30 ce vendredi, avant le procès.

Un comité de soutien s’était constitué peu de temps après le décès de Mohamed Gabsi. Des centaines de personnes s’étaient réunies le 8 de chaque mois.

Connu de la justice pour violences

Mohamed Gabsi était connu de la justice. La veille de son arrestation, il avait été condamné à six mois de prison sans mandat de dépôt, pour avoir agressé une vieille dame à la sortie d’un distributeur automatique de billets.

Ce consommateur de stupéfiants souffrait par ailleurs de schizophrénie depuis ses 14 ans. Il avait consommé des stupéfiants et de l’alcool le soir du drame.

L’expertise médicolégale

L’expertise médicolégale adressée au magistrat instructeur le 9 novembre 2020 ayant pour objet d’analyser tous les éléments médicaux (autopsie, toxicologie et anatomopathologie) confirme en conclusion que « le décès de Monsieur Gabsi Mohamed, suivi depuis 2005 pour schizophrénie paranoïde, survient dans le cadre de la décompensation de cet état psychiatrique chronique par arrêt de son traitement anti psychotique et poly intoxication alcool, cannabis et majoritairement cocaïne, cette dernière étant à l’origine de troubles du rythme cardiaque, survenant sur un état cardiaque antérieur. (…) Si d’après la littérature, le taux de cocaïne retrouvé aux analyses toxicologiques apparaît suffisamment élevé pour entraîner à lui seul le décès, on ne peut toutefois pas affirmer son caractère exclusif dans le déterminisme mortel compte-tenu des lésions cervicales gauches. Celles-ci ont été relevées à l’autopsie puis confirmée à l’anatomopathologie et sont susceptibles d’avoir eu un retentissement notamment sur le rythme cardiaque mais également, bien que dans une moindre mesure, au niveau respiratoire par le biais d’une composante d’asphyxie mécanique. »

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« Par ailleurs, on ne peut également pas exclure formellement, que la position dans laquelle Monsieur Gabsi a été maintenu à l’arrière du véhicule, ait participé dans une certaine mesure au déterminisme mortel par le biais d’une asphyxie positionnelle. (…) Le décès est donc la conséquence de troubles du rythme cardiaque d’origine toxique par prise massive de cocaïne chez un sujet présentant un état antérieur cardiaque, aggravés par l’écrasement du nerf vague lors de la compression cervicale gauche. Une part d’asphyxie mixte, bien que secondaire, est également à retenir, venant elle aussi aggraver le dysfonctionnement cardiaque. »

https://www.ici.fr/occitanie/herault-34/beziers/je-me-suis-assis-sur-son-fessier-pas-sur-sa-nuque-dit-le-policier-poursuivi-pour-la-mort-de-mohamed-gabsi-a-beziers-2825199?at_medium=lien_RSS&at_locale=28

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