“Non, je ne vais pas pleurer une mairie qui brûle”, la déclaration de Florian Monteillet, conseiller municipal de la ville de Rodez, en Aveyron, a fait l’effet d’une petite bombe sur les réseaux sociaux ce 18 octobre, après l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges. Un point de vue qui détonne au sein de la classe politique.
Le conseiller municipal de la ville de Rodez (Aveyron), Florian Monteillet a fait entendre une voix dissonante sur son réseau Facebook le dimanche 18 octobre, au lendemain des violences en marge de la manifestation contre la vie chère. L’ancienne tête de liste divers gauche aux municipales a déclaré ne pas être ému de voir brûler la marie de Limoges.
Ce dimanche 19 octobre, la classe politique a été unanime pour condamner les violences commises en marge des manifestations contre la vie chère. La résidence de la préfète à Bordeaux, une antenne de l’office du tourisme à Lyon et l’incendie de la mairie de Limoges. Autant de bâtiments publics pris pour cible par des groupuscules et dont la dégradation a profondément choqué la classe politique.
Mais au milieu des élus un point de vue détonne. Il vient du divers gauche Florian Monteillet, conseiller municipal d’opposition de Rodez.
Voici ce que l’on peut lire sur son compte Facebook : « Non, je ne vais pas pleurer une mairie qui brûle. Certes, comme tout incendie, c’est un acte dangereux qui peut mettre des vies en danger. Certes, la mairie de Limoges était un beau bâtiment, une partie remarquable de notre patrimoine…Mais ça reste un lieu symbolique et effectif du pouvoir ».
« Quel genre de boussole morale ont celles et ceux qui s’indignent de voir un bâtiment brûler mais qui se taisent quand un enfant perd une main à cause de la violence policière ? Comment peut-on trouver les violences systémiques et répressives plus légitimes que la violence des opprimés ? », rajoute l’élu.
« Qui sème la misère, récolte la colère. Et la colère est là, nourrie par la destruction des services publics et de l’environnement, par le mépris de l’expression populaire, par des gouvernements qui accentuent les inégalités et protègent les privilégiés ».
Alors que la Ville de Rodez condamne fermement les actes d’agression et de vandalisme, le post de Florian Monteillet a créé la polémique après sa publication, suscitant de nombreux commentaires, au mieux étonnés, au pire haineux. : « Cher Monsieur, votre message ressemble à de la provocation », écrit un internaute, alors qu’un autre s’indigne : « Et dire que ce triste individu prétendait vouloir être maire ! » Les commentaires sur la publication ont depuis été bloqués.
Dans un nouveau post, publié le même jour, Florian Monteillet a décidé de restreindre les commentaires. Il évoque des menaces de mort : « Ce n’est pas que je n’aime pas les menaces de mort et tutti quanti, mais je restreins les commentaires », écrit-il. « Vous comprendrez pourquoi ».
