La faculté des sciences, l’université Paul Valéry et la faculté d’économie ont été à nouveau bloquées par les étudiants le lundi 19 octobre 2026. Les forces de l’ordre sont intervenues dans cette dernière, où les cours ont finalement repris. Du côté des lycéens, la mobilisation pourrait continuer malgré les vacances.
Après un week-end de mobilisation exceptionnelle, la jeunesse de Montpellier (Hérault) continue de faire entendre sa voix. Au matin du lundi 19 octobre 2026, trois facultés (la faculté des sciences, l’université Paul Valéry, et la faculté d’économie) étaient toujours bloquées par des étudiants. Les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer le blocus de la faculté d’économie. L’opération s’est déroulée dans le calme et les cours ont repris vers 9 h 45.
Quant aux lycéens, les vacances scolaires ont commencé le samedi 17 octobre, mais certains d’entre eux envisagent de continuer à se mobiliser. Des réunions sont prévues entre les élèves pour s’organiser dans les prochains jours.
Étudiants comme lycéens étaient particulièrement nombreux à défiler samedi. La manifestation a rassemblé plus de 35 000 personnes à Montpellier. La mobilisation a été suivie par la jeunesse, mais également par les gilets jaunes et de nombreuses professions pour dénoncer le coût de la vie, le manque de moyens dans les services publics. Les étudiants, eux, revendiquent leurs droits à une scolarité gratuite et un accès aux études qu’ils veulent suivre.
Lili Livet, élève au lycée Joffre à Montpellier revient sur la journée : « La manifestation en elle-même, ça s’est bien passé, j’étais un peu déçue des gaz lacrymogènes à la gare. Bien sûr, je ne suis pas satisfaite des pillages, beaucoup pillent pour leur satisfaction personnelle. Néanmoins la plupart des révolutions ont été faites avec de la violence », affirme-t-elle.
On était très heureux de voir autant de monde, c’était le grand rendez-vous, on espère que le mouvement sera reconduit, c’est ça qui fait peur au gouvernement et qui a une chance de les faire reculer.
Théo HaffnerPorte parole du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM)
Du côté des syndicats étudiants, le ressenti est relativement similaire : « C’est une manifestation qui s’est plutôt bien passée, mais on est déçus qu’on mette beaucoup en avant les casseurs, qui bafouent nos voix. On était assez nombreux pour montrer qu’on était là, mais on a tendance à montrer qu’une partie de la manifestation », s’attriste Alétheïa Bruel, porte-parole de Renouveau syndical Montpellier.
« ll y a beaucoup de personnes qui sont démoralisées par la casse parce qu’on montre que ça. Ça me touche quand c’est des petits commerçants, cependant c’est instrumentalisé d’une manière insupportable », complète Charles-Elie Aubry, lycéen en terminale au lycée Jean Monnet.
Si les jeunes dénoncent bien les pillages (une vingtaine de boutiques ont été mises à sac à Montpellier), ils mettent également en avant la réaction des forces de l’ordre face au cortège : « Il y a eu beaucoup de répression policière, j’ai eu un peu peur, j’arrivais pas à respirer », déplore Lili Livet.
L’objectif n’est pas de s’arrêter maintenant, selon les étudiants et les lycéens interviewés : « On est pour la continuité du mouvement. Les déclarations du président de la République hier n’ont pas été très satisfaisantes, huit bonnes minutes pour ne pas dire grand-chose. Les personnes aspirent à une vie meilleure », abonde Théo Haffner.
Du côté de Renouveau syndical Montpellier, le but est aussi de poursuivre la mobilisation : « Nous, on continue, ça fait très longtemps qu’on se bat et qu’on met la précarité étudiante sur la table. Il y aura une réunion ce soir pour savoir ce qui est prévu, on fait au jour le jour, pour garder un effet de surprise », détaille Alétheïa Bruel.
Malgré les vacances scolaires, les lycéens n’ont pas l’intention d’abandonner : « Au Joffre engagé, le collectif du lycée, ils voudraient qu’on bloque des gares, des ronds-points, on ne sait pas trop encore. Mais on veut poursuivre pendant les vacances », assure Lili Livet.
Si personne n’est sûr de l’organisation réelle des prochains jours, tous assurent vouloir continuer à se mobiliser. De leur côté, les gilets jaunes ont d’ores et déjà annoncé un « Acte II » samedi 24 octobre 2026.
