Le demi de mêlée et le deuxième ligne de Toulon ont livré leurs premiers sentiments à la suite du départ de Pierre Mignoni.
Après les sorties publiques de Bernard Lemaître et de Franck Azéma, la parole a été donnée aux joueurs concernant la démission de Pierre Mignoni. Forcément, c’était un moment attendu dans le microcosme toulonnais qui, du président aux supporters, nourrit un fort ressentiment envers les joueurs.
Plus capitaine, mais définitivement un leader quand le bateau tangue, Baptiste Serin a assumé en premier : « C’est une semaine triste. Pierre (Mignoni) est une personne qui a beaucoup fait, qui a beaucoup travaillé pour le groupe mais aussi au club. C’est une mauvaise nouvelle pour le club, pour nous, pour tout le monde. Ça nous a surpris, mais ça nous pendait au nez. On a été surpris de ça, mais on n’a pas fait assez les choses. On n’a pas gardé une personne comme Pierre. Il a voulu créer un électrochoc. Il faudra aussi en tirer du positif à terme. Mais là, c’est quelque chose qui est dur pour le club. On est tous coupables. On va le porter, on le porte aussi plus durement dans le groupe. On tient à la personne, c’est encore plus difficile. »
Venu après le demi de mêlée, David Ribbans partageait les mêmes impressions que l’international français : « On est tristes. Je pensais qu’il allait rester. C’est dur, un choc, et une surprise. (…) Pierre est un bon mec, j’ai un énorme respect pour lui. C’est un super coach. C’est une semaine dure pour tout le monde (…). Je respecte sa décision. On avait une très bonne relation, mais c’était sa décision. Il a parlé au président. Pierre est une très bonne personne, un très bon mec. Quand j’ai signé ici, je suis aussi venu pour lui. C’est dur. C’est aussi le sport, et tout change très vite à Toulon. On doit se maintenir concentrés sur le Racing 92. »
Serin : « Pierre s’est sacrifié pour nous »
Vieux baroudeur de l’institution frappée du muguet, « Bapi » sait désormais que les siens sont devant leurs responsabilités : « On a pris un coup derrière la tête. Il faut se servir de cet électrochoc. Il faut être plus performant. Quand tu as un départ comme ça, que l’entraîneur le décide, c’est qu’on n’a pas été à la hauteur de ce qu’il a essayé de nous amener. On se remet en question. Le président a eu raison de nous parler comme il l’a fait. Comment peut-on être en désaccord avec lui ? On est plus que moyens. On n’est pas là où l’on voulait être. C’est lui qui paye à la fin. Il a un homme à la tête du club, sur qui il comptait… Si on se met à sa place, c’est normal ! Il a été dur, mais aussi soft. La vérité, c’est qu’on en méritait une bonne. Parler c’est bien, mais il faut en faire plus. Il a fallu qu’on attende peut-être ça malheureusement. C’est triste, je suis le premier à le dire. La vérité est devant nous. Il a voulu créer un électrochoc. Pierre s’est sacrifié pour nous. Les plus anciens, on a compris et ça nous touche beaucoup. Il faudra aussi en tirer du positif pour le long terme. »
Capitaine, Ribbans a aussi beaucoup pris la parole au cœur du vestiaire : « Les cinq premiers matchs ne sont pas bons. Maintenant le rugby peut vite changer. On a changé notre mentalité. Le groupe est ensemble. Nous sommes focus. . Il y a eu de bons entraînements. On a confiance en Franck. J’ai aussi parlé au groupe, car c’est un moment difficile pour tout le monde. C’est un moment dur. On discute pour savoir ce que l’on voulait faire cette saison. Il y a encore beaucoup de matchs. La saison n’est pas finie après cinq matchs. Le match du Racing 92 est une opportunité pour tout donner, prendre du plaisir. Les cinq dernières semaines ont été dures. J’espère que l’on va voir un autre visage. »
Lors de sa première aventure à Toulon (2021-2023), Franck Azéma avait réussi à réveiller le groupe. Est-ce qu’il faut y voir des similitudes avec le contexte actuel ? « Pour moi, attaque Serin, c’est la même chose. Il avait réussi à apporter de la clarté, une direction assez franche sur ce que l’on voulait mettre en place. Il y avait aussi de la simplicité. J’en ai parlé avec lui, mais il avait beaucoup insisté sur le fait que c’était à nous aussi de réagir. Il faut retrouver cette énergie collective, cette gnaque, montrer de l’unité. Franck avait parlé d’une histoire d’hommes, On en est là : qu’est-ce qu’on a envie de créer ? On ne peut pas se satisfaire de mettre Toulon ici, comme il est actuellement. »
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