Près de six mois après son opération de l’épaule gauche, l’international anglais (25 sélections) sera titulaire pour la réception des Maritimes. Durant cette saison, le flanker devra aussi assumer un nouveau statut, puisqu’il a été désigné parmi les capitaines du RCT.
Ces dernières semaines, le Top 14 s’est emballé sur les prestations des frères Willis. À Toulon, pourtant, il n’y a que pour un autre gamin venu de la Perfide Albion : Lewis Ludlam. Arrivé en 2024 sur les bords de la Méditerranée, le troisième ligne fait plus qu’honneur à la lignée d’Anglais (les frères Armitage, Sheridan, Wilkinson…) qui ont marqué le club avant lui.
Et, à vrai dire, c’est dans la tempête que l’aura du natif d’Ipswich s’est décuplée. Au sein d’un collectif peu en verve la saison passée, il s’est taillé une solide réputation dans les travées de Mayol. Les supporters ont apprécié son sens du sacrifice et son attitude irréprochable face aux difficultés. Il se décrit lui-même comme un « joueur qui aime le faire sale boulot ». Ça tombe bien, sur la rade, il s’est trouvé une entité qui rend grâce à ce genre de besogneux.
Mais, l’intéressé n’a pas été exclu de la poisse ambiante ayant touché les protégés de Pierre Mignoni. Comme d’autres éléments d’importance (Domon, Villière, Priso…), l’ex-joueur des Saints de Northampton n’a pas été en capacité de finir le précédent exercice sur les terrains. Le 28 mars dernier, embarqué dans un match galère et finalement perdu par Toulon à Perpignan (36-20), « Lud » s’est luxé l’épaule gauche au moment d’inscrire un essai. Une blessure qui a nécessité une intervention chirurgicale et de longs mois d’absence. « La vérité est qu’il nous a manqué depuis sa blessure, avoue sans détour Cédric Béal. Ça fait du bien d’avoir des mecs comme lui. Son retour va faire que l’équipe va hausser son niveau. Ce mec représente l’ADN de Toulon. »
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De soldat de l’ombre à capitaine du RCT
Lors de la présaison, à la suite d’un vote interne et de la validation de Pierre Mignoni, l’homme de 30 ans a été désigné parmi les capitaines en compagnie de David Ribbans et Gael Fickou. Une nomination qui montre qu’il a gagné ses galons dans le vestiaire varois : « C’est un leader par l’exemple, l’engagement, ce qu’il fait au quotidien. C’est un gros travailleur. Même quand il avait la chasuble avec une croix (elle désigne les joueurs blessés, NDLR), il était quand même à 100 %. Il donne le ton dans ce groupe, dans les différents entraînements. C’est un leader de combat. Il est fort sur ça. Il entraîne les autres à le suivre. » Aussi bien par les actes, que par les mots.
Depuis qu’il a posé ses valises dans le Var, il a mis tout en œuvre pour accélérer son acclimatation. Il a notamment pris soin de se renseigner sur l’histoire de Toulon, son port de guerre et d’apprendre rapidement le français. Totalement bilingue, il fait partie de ceux qui font des ponts entre les francophones et les anglophones. La naissance de sa fille Luna a aussi contribué à son bonheur et a fini par sceller une relation forte entre lui et l’écosystème toulonnais. « On est simplement heureux de le retrouver, confirme Teddy Baubigny. Il fait plus que l’unanimité dans l’équipe, socialement et rugbystiquement. En dehors du terrain, il s’entend et parle avec tout le monde. C’est quelqu’un de calme, mais aussi de très extraverti, avec beaucoup de passions (musique, photographie, cuisine… NDLR). C’est quelqu’un qui amène tellement à l’équipe. »
Une prolongation à Toulon est dans les tuyaux
Sur le terrain, pourtant, Ludlam a souvent été utilisé dans un seul registre : l’homme de l’ombre. Outre-Manche, c’est aussi par sa faculté à gagner des mètres sur la ligne d’avantage en phase offensive qu’il s’est mis en avant. Un registre sur lequel le RCT s’est encore peu appuyé. Cédric Béal justifie : « Il l’a fait quelque fois en match. On en discute avec lui, et il a envie de porter le ballon un peu plus. Dans notre système, il doit arriver à plus se proposer dans les zones où il sera efficace. On doit l’utiliser en match. »
Venu face aux médias après son entraîneur, Baubigny confirme le fait que l’on n’a pas encore tout vu de son partenaire : « C’est un mec qui porte vraiment bien le ballon. On n’a pas su exprimer toutes ses qualités. Il apporte un degré d’agressivité hors du commun. On était impatients qu’il revienne, car on sait qu’il rongeait son frein. On a du mal à se passer de lui. Il va, par sa présence, rassurer tout le monde et apporter un nouveau souffle. » Une énergie qui sera bien durable.
En effet, des discussions sont engagées entre toutes les parties pour une prolongation de contrat. Elle devrait porter sur les deux prochaines saisons. Une source bien renseignée nous a d’ailleurs confié que personne n’était « inquiet » concernant le futur de celui qui va fêter sa 50e apparition, ce samedi soir, avec le maillot frappé du muguet.
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