À Sérignan, l’art ne se limite pas aux musées et aux galeries. Il surgit au détour d’une rue, colore une petite place, recouvre les murs d’un parking et accompagne même les promeneurs le long de l’Orb.J’ai donc décidé de partir à la découverte du street art de Sérignan en suivant une boucle à pied au départ du parking de La Cigalière.
Ce parcours d’environ 3 kilomètres permet d’admirer des œuvres très différentes : portraits réalistes, animaux fantastiques, compositions abstraites, personnages de bande dessinée et fresques inspirées par l’histoire locale.
La marche seule représente environ 40 à 50 minutes, mais je vous conseille de prévoir 1h30 à 2 h pour observer les œuvres et prendre des photos.
Vous venez avec moi ? Ouvrez bien les yeux : notre balade street art à Sérignan commence maintenant !
Première étape : le château Vargoz et l’univers de Ma Pop Favor
Je quitte le parking de La Cigalière et prends la direction du château Vargoz. Quelques minutes suffisent pour rejoindre la première œuvre de ce parcours street art à Sérignan. Je suis à peine partie que les premières couleurs apparaissent déjà.
C’est ici que je découvre une création signée Ma Pop Favor. Derrière ce nom se cache un duo artistique composé de Mathieu Ducros, alias NuM Picture ShoW, street artiste et photographe d’architecture, et de Rachel Latorre, alias Esca, spécialiste du pochoir et de la customisation de vêtements.
Pour cette fresque réalisée au château Vargoz, face à la salle de spectacles La Cigalière, les deux artistes ont travaillé autour du thème « Danse en mouvements denses ». Les silhouettes semblent s’animer sur le mur et donnent immédiatement du mouvement à ma balade.
Deuxième étape : une explosion de couleurs à la cave coopérative
Depuis le Château Vargoz, je prends la direction de la cave coopérative. Il faut le savoir : c’est la partie la plus longue du parcours et, sur cette portion, aucune autre fresque ne vient ponctuer la marche.
L’artiste Guillaumit a transformé les cuves en une œuvre monumentale composée d’arches, de fleurs, de personnages et de motifs géométriques. Chaque cuve représente une saison.
Artiste plasticien installé à Bordeaux, Guillaumit développe depuis plus de quinze ans un univers facilement reconnaissable, fait de formes géométriques et de couleurs éclatantes. Ses créations sont souvent liées à l’espace public et à l’identité des territoires.
Troisième étape : deux portraits signés Honck à la médiathèque Samuel-Beckett
Après cette explosion de couleurs à la cave coopérative, je reviens vers le centre de Sérignan. Je rejoins la médiathèque Samuel-Beckett, où deux fresques monumentales m’attendent sur les murs extérieurs du bâtiment.
Toutes les deux ont été réalisées par Honck, mais elles rendent hommage à deux personnalités très différentes : l’écrivain Samuel Beckett et Simone Veil.
Samuel Beckett, entre réalisme et formes géométriques
Je commence par le portrait de Samuel Beckett, écrivain et dramaturge irlandais auquel la médiathèque doit son nom.
J’aime particulièrement le contraste entre la précision du portrait et la liberté de la composition qui l’entoure. Le visage semble à la fois se construire et se déconstruire sous mes yeux. Plus je change de position, plus certains détails apparaissent.
Simone Veil, un visage tourné vers la lumière
A quelques mètres, le second portrait réalisé par Honck. Cette fois, c’est le visage de Simone Veil qui occupe le mur.
Son regard, dirigé légèrement vers le haut, donne au portrait une impression de force, de calme et de détermination. La présence de Simone Veil sur le mur d’une médiathèque, lieu de culture, de transmission et de mémoire, prend ici tout son sens.
Quatrième étape : trois univers à découvrir à l’Espace Viennet
Je quitte la médiathèque Samuel-Beckett et poursuis ma balade street art à Sérignan en direction de l’Espace Viennet juste derrière. Ici, trois artistes se partagent les murs : Takir, Laitram et Dark. En quelques mètres seulement, je passe d’une ville imaginaire à une planche de bande dessinée, avant de retomber en enfance avec deux personnages célèbres du jeu vidéo.
Takir et sa ville aux chemins impossibles
La première œuvre attire immédiatement mon regard par ses dimensions et son incroyable accumulation de formes.
Takir est un artiste parisien issu du mouvement graffiti. Diplômé de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne à Lorient et de l’université d’Antioquia à Medellín, en Colombie, il développe depuis plus de dix-huit ans un travail autour de la ville et de ses labyrinthes.
Je m’amuse donc à suivre du regard un escalier, puis un passage, avant de réaliser que celui-ci disparaît derrière une nouvelle construction. Chacun peut inventer son propre chemin à travers cette drôle de cité.
Laitram, une bande dessinée dessinée sur le mur
À proximité, le changement d’ambiance est total. Plus de couleurs éclatantes ni d’architectures enchevêtrées : je me retrouve devant une véritable page de bande dessinée en noir et blanc.
Derrière le pseudonyme Laitram se trouve Martial Bournazel, un illustrateur, dessinateur et auteur de bande dessinée sérignanais. Son univers puise notamment dans la bande dessinée, les mangas et les jeux vidéo. .
Mario et Luigi revisités par Dark
Je poursuis mon exploration de l’Espace Viennet et retrouve deux visages immédiatement reconnaissables : Mario et Luigi. Mais ici, les deux héros du jeu vidéo ont abandonné leurs jambes pour devenir de drôles de génies surgissant de grandes volutes bleues.
Cette création réalisée en 2023 est signée Dark, également connu sous le nom de Dark Snoopy. L’artiste détourne ici les célèbres personnages de l’univers Nintendo et joue avec les souvenirs de plusieurs générations de joueurs.
Cinquième étape : Nicolas Kéramidas fait entrer la bande dessinée dans la rue
Je quitte l’Espace Viennet et rejoins le 2 rue du Général-Cabrié. Sur un grand mur bleu ciel, je découvre une fresque qui me plonge immédiatement dans l’univers de la bande dessinée et des jeux vidéo.
Cette œuvre réalisée en 2024 est signée Nicolas Kéramidas, dessinateur français de bande dessinée et fidèle du Festival BD de Sérignan, dont il a notamment été le président en 2016.
Je suis du regard le chemin formé par les petites sphères jaunes avant de reprendre moi aussi ma marche dans les rues du centre ancien.
Sixième étape : le mystérieux portrait de Skio, place Viala
Quelques ruelles plus loin, j’arrive sur la place Viala. Là, un immense visage féminin m’attend sur le mur.
Un visage de femme avec une absence de regard rend l’œuvre particulièrement mystérieuse. Le personnage semble à la fois proche et inaccessible, comme s’il se cachait derrière un masque architectural.
La fresque a été réalisée par Skio, de son vrai nom Nicolas Scauri. L’artiste commence à peindre dans la région niçoise en 1993, d’abord autour du lettrage graffiti, avant de développer un univers plus figuratif nourri par la culture populaire.
Je prends quelques pas de recul pour observer la manière dont la fresque s’intègre à la place et à l’architecture environnante. Les lignes du mur, l’arche peinte et les formes colorées semblent prolonger le décor réel.
Septième étape : deux styles se rencontrent rue Général-Crouzat
Je poursuis ma balade jusqu’à la rue Général-Crouzat. Dans cette rue étroite du centre de Sérignan, deux œuvres très différentes se font presque face : l’une est foisonnante, vive et pleine de personnages ; l’autre est abstraite, géométrique et beaucoup plus épurée.
Flairtwone, un joyeux désordre coloré
La première fresque est signée Flairtwone, également connu sous le nom de Flair2. Impossible de savoir où poser les yeux en premier !
Originaire de Perpignan et installé à Toulouse, Flairtwone est issu du monde du graffiti. Après une formation en architecture et en arts graphiques, il a pratiqué le graffiti classique.
À Sérignan, il conserve toute l’énergie du graffiti : les formes s’entremêlent, les couleurs explosent et les personnages semblent se bousculer pour attirer mon attention. Je prends le temps de parcourir toute la façade pour essayer de repérer les petits détails cachés dans cette joyeuse accumulation.
Oblique, quand les lettres deviennent abstraites
À côté, Oblique propose une composition beaucoup plus abstraite. Le violet, l’orange, le gris, le blanc et le noir s’entremêlent dans de grandes formes souples. Derrière cette abstraction se cache un travail sur les lettres, progressivement déformées jusqu’à devenir presque méconnaissables.
Oblique, de son vrai nom Romain Toulouse, pratique le graffiti depuis 2003. Il développe ce projet abstrait depuis 2018.
Huitième étape : Sunra ravive la flamme place Gambetta
Je quitte la rue Général-Crouzat et poursuis ma balade jusqu’à la place Gambetta. Après les compositions abstraites et les couleurs éclatantes des étapes précédentes, je découvre ici une œuvre plus simple en apparence, mais chargée de poésie.
Je reste quelques instants devant cette scène. Faut-il y voir l’amour que l’on doit entretenir, une flamme à ne jamais laisser mourir ou l’espoir qui renaît lorsqu’on le croit perdu ? Chacun peut imaginer sa propre histoire
Cette fresque réalisée en 2023 est signée Sunra, un street artiste montpelliérain dont les grands cœurs rouges sont devenus la marque de fabrique. Il travaille principalement au pochoir et cherche à transmettre des messages universels d’amour, de paix, de solidarité et d’humanité.
Sur la place Gambetta, l’intégration du volet dans la composition rend l’œuvre encore plus intéressante. Selon qu’il soit ouvert ou fermé, le mur peut changer d’apparence et raconter l’histoire différemment.
Neuvième étape : des Chicanos et des cœurs place de la Liberté
Je poursuis ensuite mon chemin jusqu’à la place de la Liberté. Son nom semble parfaitement choisi pour accueillir du street art : ici, deux artistes aux univers très différents ont laissé leur empreinte, Ceet Fouad et Sunra.
Les Chicanos colorés de Ceet Fouad
La balade se poursuit sur la place de la Liberté.
La fresque de Ceet Fouad est peuplée de ses fameux Chicanos, de petits poulets colorés aux expressions très humaines. Serrés les uns contre les autres, ils semblent observer la vie du quartier et former une société miniature pleine d’humour.
Né en Algérie et élevé à Toulouse, Ceet Fouad est aujourd’hui reconnu internationalement. Ses Chicanos lui permettent de représenter les comportements humains avec légèreté et dérision.
Je m’approche pour observer chaque poulet. Certains paraissent surpris, d’autres joyeux ou complètement débordés. Derrière leurs couleurs vives et leur apparente légèreté, ils ressemblent finalement beaucoup aux humains qu’ils caricaturent.
Sunra ouvre la vanne de l’amour
Sur la même place, une seconde œuvre de Sunra détourne un réseau de canalisations. Une colombe, un cœur et un immense soleil sont reliés par des tuyaux verts, tandis qu’un enfant semble intervenir sur le mécanisme. La phrase « En cas de soif, ouvrir la vanne » renforce le caractère tendre et malicieux de la fresque.
Je quitte la place avec une impression de légèreté. Entre les petits poulets de Ceet Fouad et les grands cœurs de Sunra, le street art utilise ici l’humour et la couleur pour faire passer des messages beaucoup plus profonds.
Dixième étape : les formes libres d’Anthea Missy place des Salanquiers
Je me glisse ensuite sur la charmante place des Salanquiers.
La fresque d’Anthea Missy épouse les lignes du bâtiment avec de grandes formes organiques et colorées. Bleu, rose, bordeaux, vert et jaune se mélangent dans une composition fluide où chacun peut imaginer des corps, des visages ou des éléments naturels.
Artiste française installée à Bruxelles, Anthea Missy développe un univers libre, inspiré par les voyages, les relations humaines, l’amour et la liberté.
Onzième étape : un joyeux bestiaire au parking Valessie
Je quitte la place des Salanquiers et rejoins le parking Valessie. Là, une immense fresque signée Art de Noé transforme complètement la façade.
Animaux, personnages et créatures fantastiques s’y côtoient dans une composition foisonnante. Les figures semblent surgir les unes derrière les autres, avec des expressions drôles et une énergie très communicative.
Cette fresque apporte une touche ludique au parcours et mérite que l’on prenne le temps d’en observer tous les détails avant de rejoindre les rives de l’Orb.
Après cette parenthèse joyeuse et colorée, je me dirige vers la partie la plus riche du parcours : les rives de l’Orb. Sur un même chemin, les fresques se succèdent et les univers changent presque à chaque pas.
Douzième étape : une galerie à ciel ouvert sur les rives de l’Orb
Depuis le parking Valessie, je rejoins les rives de l’Orb. L’ambiance change immédiatement. Je quitte les ruelles du centre ancien pour retrouver les arbres, le chemin et la rivière.
C’est ici que se concentre la plus grande partie du parcours street art de Sérignan. Les fresques se succèdent le long d’un même mur, comme les salles d’une immense galerie à ciel ouvert. Je n’ai presque plus besoin de chercher mon chemin : il me suffit maintenant d’avancer et de me laisser surprendre.
Demsé et ses animaux de papier
Les animaux de Demsé, également connu sous le nom de Mister Couleur, donnent l’impression d’avoir été réalisés en papier plié. Lapins, oiseaux, escargots et autres petites créatures s’intègrent au paysage avec beaucoup de poésie.
Ersch et sa foule de créatures
La fresque d’Ersch est composée d’un enchevêtrement de visages et de personnages. Le bleu, le turquoise, l’orange et le noir créent un univers énergique dans lequel chaque forme semble se transformer en une autre.
GR1-2SL et son abstraction circulaire
Je poursuis mon chemin et découvre une œuvre complètement différente. Sur toute la longueur du mur, des centaines de cercles colorés se serrent, se chevauchent et se répondent.
Cette œuvre circulaire de GR1-2SL, nommée « La rivière », réalisée à Sérignan, se distingue par une composition abstraite faite de nombreux cercles colorés. Inspirée par le mouvement de l’eau et la présence de l’Orb, elle évoque le rythme, le cycle et le renouvellement. Fidèle à son style, l’artiste utilise le cercle comme élément principal pour créer une œuvre dynamique, harmonieuse et en lien avec son environnement.
Grumo et ses étranges machines
Les créations de Grumo mélangent animaux, tuyaux et mécanismes imaginaires. Un oiseau mécanique et une étrange machine semblent tout droit sortis d’un futur décalé.
Ancien mécanicien poids lourds, l’artiste conserve dans son univers un goût évident pour les moteurs et les engrenages. Il s’interroge aussi sur les liens entre la nature, la technologie et notre société.
Je poursuis ma promenade sous les arbres. Les fresques sont encore nombreuses et le voyage ne fait que commencer : un poisson qui se prend pour un requin, une végétation foisonnante, une scène de plage et plusieurs créatures fantastiques m’attendent un peu plus loin sur les rives de l’Orb.
Deuz : un poisson qui rêve d’être un requin
La première fresque de Deuz met en scène un poisson persuadé d’être un requin. Derrière l’humour, l’artiste rappelle l’importance de toutes les espèces au sein d’un même écosystème.
Né à Marseille, Deuz pratique le graffiti depuis les années 1990. Influencé par la bande dessinée et la culture hip-hop, il développe un style figuratif rempli de personnages expressifs.
Mélusine Vène : un hommage aux lavandières de Sérignan
La fresque de Mélusine Vène nous ramène dans le passé de Sérignan, lorsque les lavandières venaient encore laver le linge sur les rives de l’Orb.
Cette œuvre longue de 16 mètres rappelle une activité quotidienne disparue dans les années 1960. Graphiste et illustratrice diplômée de l’École Boulle, Mélusine Vène utilise l’image pour relier l’histoire locale au paysage actuel.
Sibylluus : une nature foisonnante et pleine de surprises
Chez Sibylluus, feuilles, fleurs, oiseaux, yeux, visages et mains s’assemblent comme les pièces d’un immense puzzle. Il faut s’approcher pour découvrir tous les éléments cachés dans cette jungle graphique.
Sibylle Huré, de son vrai nom, a étudié la communication visuelle à Bordeaux puis l’illustration à Angoulême. Son univers mélange formes naïves, couleurs vives et détails plus mystérieux.
Adrien Enaer : une journée à la plage sur les rives de l’Orb
La fresque d’Adrien Enaer représente une journée à la plage. Vacanciers, parasols et personnages se mêlent à de grandes formes rouges, jaunes et bleues.
Après des études d’architecture à Montpellier, l’artiste s’est tourné vers la peinture. Il aime représenter des scènes de la vie quotidienne dans des compositions graphiques inspirées par la photographie.
SanckøBlack : un visage entre nature et géométrie
Un visage féminin en noir et blanc apparaît au milieu de formes géométriques roses et bleues. Cette œuvre est signée SanckøBlack, duo formé par Sancko et Pedro.
Leur travail à quatre mains réunit portraits expressifs, graphisme minimaliste et réflexions autour de l’identité, de la différence et du vivre-ensemble.
Jibé : une mosaïque de formes colorées
La fresque de Jibé est une mosaïque de formes roses, bleues, vertes et violettes. Derrière cette apparence abstraite se cachent les Jibiz, de petits personnages inspirés du pictogramme des passages piétons.
Je m’amuse à les rechercher au milieu de la composition, en laissant mon imagination compléter l’histoire.
Korail : une étrange créature surgie des profondeurs
Sur un fond bleu nuit, une immense créature jaune et verte semble nager entre l’eau et les étoiles. Poisson, anguille ou animal fantastique : chacun peut l’interpréter à sa manière.
Issu de la scène graffiti toulousaine, Korail développe un univers organique lié à la biodiversité et à la protection du vivant.
Eric Der : quand les lettres deviennent vivantes
La fresque d’Eric Der associe un personnage bleu à un spectaculaire lettrage en trois dimensions. Les lettres rouges, blanches et bleues s’étirent comme de grands rubans.
Actif à Toulouse depuis 1989, Der est connu pour son « calli-graffiti », une rencontre entre calligraphie, graffiti et volumes colorés.
Les nouvelles fresques de 2026 sur les rives de l’Orb
Ma balade réserve encore quelques surprises. Trois nouvelles œuvres ont rejoint le parcours street art de Sérignan en 2026. Comme elles sont très récentes, elles ne figurent pas encore dans la visite virtuelle. Il faut donc ouvrir l’œil pour les découvrir le long des berges !
LeFlip : la pétanque, bien plus qu’un jeu
Face au boulodrome, LeFlip représente deux boules métalliques et un cochonnet avec un réalisme impressionnant. Les boules reflètent même le paysage qui les entoure.
Une phrase en occitan accompagne la fresque :
« Au vilatge, la petanca fa ligam e longs amics. »
Elle signifie : « Au village, la pétanque crée du lien et de longues amitiés. »
Enseignant à l’école Paul-Bert, LeFlip rend hommage aux joueurs, mais surtout aux rencontres et aux amitiés qui se créent autour d’une partie.
Deuz : la grenouille prend sa revanche
Pour sa nouvelle fresque, Deuz renverse les rôles. Après le poisson qui se prenait pour un requin, voici une grenouille tranquillement installée en train de pêcher… des requins !
Colorée et pleine d’humour, cette œuvre prolonge sa réflexion sur la diversité animale et l’équilibre fragile des écosystèmes.
Cœur Croisé : Sérignan racontée au fil de l’eau
Avec Cœur Croisé, l’Orb devient le fil conducteur d’une véritable histoire illustrée. La collégiale, les rameurs, les pêcheurs, les promeneurs et le pont rouge de Sérignan apparaissent dans une composition en bleu, rouge et blanc.
Une phrase en occitan résume joliment l’esprit de la fresque :
« Al fil de l’aiga, entre Còr e Riba, s’escriu lo Camin. »
Autrement dit : « Au fil de l’eau, entre cœur et rive, le chemin s’écrit. »
Fleur Blume : des échelles pour prendre de la hauteur
Je quitte progressivement les rives de l’Orb et rejoins la passerelle Saint-Roch, dernière étape de ma balade.
La fresque de Fleur Blume représente plusieurs personnages suspendus à de grandes échelles noires. Leurs silhouettes se détachent devant une immense forme végétale bleue. Certains montent, d’autres semblent attendre ou chercher leur chemin.
L’œuvre peut évoquer l’entraide, le dépassement de soi ou la volonté de prendre de la hauteur. Née à Béziers et formée aux Beaux-Arts de Paris, Fleur Blume utilise différentes techniques et aborde régulièrement les thèmes de l’environnement, de l’écologie et de la liberté.
Retour vers le parking de La Cigalière
Après cette dernière halte devant la fresque de Fleur Blume, je traverse les environs de la passerelle Saint-Roch et prends tranquillement le chemin du retour vers le parking de La Cigalière.
La boucle se referme peu à peu. Je retrouve les rues de Sérignan avec l’impression de ne plus les regarder de la même manière. Certains murs devant lesquels je serais peut-être passée sans m’arrêter sont devenus de véritables fenêtres ouvertes sur des univers totalement différents.
Entre les œuvres monumentales de la cave coopérative, les portraits de la médiathèque, les petites places du centre historique et la longue galerie à ciel ouvert des rives de l’Orb, cette balade montre toute la diversité du street art à Sérignan.
Le parcours continuera certainement d’évoluer au fil des années. Une bonne raison de revenir pour découvrir les prochaines œuvres qui viendront, à leur tour, raconter Sérignan sur ses murs.
En attendant je vous présente une petite galerie des jolis coins de Sérignan !
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