Au premier jour d’une mobilisation organisée dans six villes jusqu’au 11 septembre, 500 buralistes sont rassemblés à Muret près de Toulouse en Haute-Garonne pour réclamer des mesures fiscales fortes comme le gel du prix du tabac et la fin de l’indexation du coût d’un paquet de cigarettes sur l’inflation, ce lundi 7 septembre 2026.
Environ 500 buralistes se sont rassemblés à Muret, près de Toulouse, en Haute-Garonne, ce lundi 7 septembre 2026. À l’appel de la Confédération nationale, des professionnels issus de 19 autres départements notamment de la Haute-Vienne, du Gard, de Gironde, de l’Hérault, de Corrèze, de Dordogne, des Landes, ou encore de l’Aude, ont rejoint cette manifestation, allée de Niel. Muret est l’une des six villes de France où cette manifestation est organisée et inaugure une mobilisation prévue sur plusieurs jours jusqu’au 11 septembre.
Ces professionnels veulent faire entendre leur voix et témoigner du ras-le-bol fiscal qui alimente en premier lieu le marché parallèle et les trafics qui les fragilisent. Ils entendent ainsi alerter une nouvelle fois sur une situation économique du réseau qui se dégrade. Ils pointent également des volumes de tabac vendus dans le réseau légal divisés par deux en dix ans.
Face au trafic de cigarettes qui est « grandissant », les buralistes réclament donc le gel de la fiscalité sur le tabac et la fin de l’indexation du paquet de cigarettes sur l’inflation.
Parmi les manifestants, les buralistes des Hautes- Pyrénées. • © Laurent Dubois – FTV
Des mesures qui « peuvent mettre un coup d’arrêt à une spirale devenue préoccupante et redonner aux 22 500 buralistes de France, la visibilité nécessaire pour continuer à investir et à faire vivre leurs commerces », indique la Confédération nationale dans un communiqué. « C’est un produit qui demande d’être encadré. Nous ne demandons pas un privilège, nous demandons uniquement le droit d’opérer notre monopole », affirme Xavier Dupont, trésorier général de la Confédération des buralistes, ce lundi, selon nos confrères de FranceInfo et l’AFP. « On est vraiment arrivé à un point de bascule. Chaque euro, chaque centime rajouté au prix du paquet, c’est un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux », déplore-t-il. Il estime que c’est « contreproductif sur le terrain, pour la sécurité, pour les finances publiques et également pour tout ce qui est vie du buraliste et modèle économique ».
Sur certaines pancartes, les buralistes détournent les slogans publicitaires inscrits sur les paquets de cigarettes : « Taxer nuit gravement à la survie de votre buraliste ». Rien qu’en Haute-Garonne, la profession a perdu 107 buralistes en 20 ans.
« Après des mois d’alertes, de dialogue et de propositions, la profession considère que le temps n’est plus aux paroles mais aux actes », avertit encore la Confédération nationale des buralistes.
Excédés par le trafic de cigarettes, certains buralistes, via l’association des buralistes en colère avaient décidé de mettre l’Etat en demeure fin avril.
Le tabac reste en France la première cause de mortalité évitable, avec environ 75 000 décès par an, dont 46 000 par cancer (Bonaldi et al., 2016), selon le Ministère de la Santé.
