« Véritable scandale » pour la Confédération paysanne, montant insuffisant pour la FNSEA : les syndicats agricoles estiment que le plan présenté ce vendredi par le gouvernement pour aider le secteur durement touché par la sécheresse n’est pas à la hauteur de la situation.
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a présenté ce vendredi un plan de plus d’un milliard d’euros pour venir en aide aux agriculteurs, durement touchés par la sécheresse et les conséquences de la canicule en France. Très attendue par les syndicats, cette série de mesures les a vivement fait réagir.
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« Un véritable scandale » pour la Confédération paysanne
Invité de franceinfo, Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, dénonce « un véritable scandale » de la part d’un gouvernement qui ne propose selon lui « que des miettes ». Le syndicat annonce une mobilisation « dans les prochains jours« .
« Ce n’est pas un fonds d’1,2 milliard qui est proposé, puisque la moitié (de l’enveloppe) correspond au fonctionnement normal du système d’indemnisation de solidarité nationale« , explique-t-il. Ce dernier estime qu’une « réelle purge des fermes les plus fragiles » est en cours, « au prix des plus grands qui se frottent les mains« .
La FNSEA réclame « au moins un milliard d’euros supplémentaires »
Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, estime également que le compte n’y est pas. Sur franceinfo, il réclame « au moins un milliard d’euros supplémentaires« . L’estimation des pertes pour le monde agricole s’établit autour de 10 milliards d’euros, selon le responsable syndical, qui juge l’enveloppe annoncée par le gouvernement insuffisante au regard de l’ampleur des difficultés rencontrées par les exploitations. « On n’avait pas demandé à compenser les pertes. Mais par contre, on a demandé un plan d’accompagnement pour investir en 2027, pour remettre en culture et relancer la production en 2027« , a expliqué Luc Smessaert.
« On est loin du compte », juge la Coordination rurale
« On est loin du compte », a aussi regretté, sur franceinfo, François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale (CR). Il juge aussi l’enveloppe insuffisante, malgré le contexte budgétaire actuel. Les pertes sont colossales : « Quand on met un peu bout à bout toutes les pertes (…) entre la sécheresse, la canicule, rien que pour la production de maïs, on est à 2 milliards d’euros », estime François Walraet. « Vous ajoutez le blé, le tournesol, le sorgho, le fourrage, la vigne, les betteraves », « ça donne le vertige », lâche-t-il.
Pour les quelque 40.000 exploitations « vraiment en grosse difficulté » évoquées par la ministre, « ça fait 25.000 euros par exploitation » si le milliard leur était consacré. « Je ne pense pas que ce soit suffisant pour les sauver », a estimé le représentant de la Coordination rurale. « Ça ne sauvera pas tous les agriculteurs, ça ne sauvera pas l’agriculture », résume François Walraet, qui appelle plutôt à permettre aux exploitants de « vivre de leur travail » plutôt que de devoir « quémander des aides pour pouvoir survivre ».
La Coordination rurale doit être reçue par le Premier ministre en septembre afin de discuter de mesures permettant « à l’agriculture de repartir », a précisé son secrétaire général.
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