Le 13 août, Ellie a été victime d’une tentative de viol et d’une agression transphobe alors qu’elle se trouvait dans le tunnel du Verdanson, près de la place Albert 1er, à Montpellier. Elle a accepté de témoigner ce jeudi pour la première fois sur ICI Hérault.
Trois semaines après son agression, Ellie a encore les jambes et les bras striées de cicatrices violettes. « J’ai dû être suturée au niveau du bras, j’ai aussi pas mal de plaies au niveau de la poitrine », énumère la jeune femme de 21 ans. En tout, il a fallu 50 points de suture pour recoudre quatre plaies profondes.
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« Une personne me prend en clé d’étranglement »
Des blessures infligées par deux hommes, le 13 août dernier, alors qu’Ellie se trouvait dans le tunnel du Verdanson, près de la place Albert 1er de Montpellier. Un endroit complètement sombre, avec peu de passage et prisé par les adeptes, comme elle, de graffitis. « Je me place contre un mur, le temps de chercher un croquis. Au bout d’un moment, je vois derrière moi un flash lumineux. »
Elle se lève par reflexe et se retourne vers la personne en lui demandant « si tout va bien ». L’homme va alors faire une enjambée pour lui « mettre un coup au niveau de l’œil droit ».
Tentative de viol et agression transphobe
Ellie tombe. Elle a juste le temps de se relever quand « une autre personne me prend en clé d’étranglement, qui me comprime le cou et fait que je ne peux rien faire. » L’homme va lui toucher la poitrine, un long moment, avant de mettre la main dans ses sous-vêtements. C’est à ce moment là qu’il se rend compte qu’Ellie est transgenre, c’est à dire que c’est une femme assignée garçon à la naissance.
« Son premier réflexe a été de me pousser vers l’autre personne en disant ‘putain de merde c’est un trans’. La première personne a commencé à me donner des coups, puis j’ai senti des coups tranchants« . Elle va être lacérée plus d’une centaine de fois.
« Ils se sont acharnés sur moi »
D’après la jeune femme, des tessons de bouteille ont été retrouvés sur les lieux de l’agression. Elle en conclu que c’est ce qu’ont utilisé ses agresseurs pour s’en prendre à elle.« Ils se sont acharnés sur moi puis l’un a commencé à m’étrangler.« La jeune femme va réussir à prendre une bombe de peinture pour frapper son agresseur et s’enfuir. Là, elle est prise en charge par des passants. À l’hôpital, on lui dit qu’elle a perdu « entre un litre et un litre et demi de sang ».
Aujourd’hui, même si Ellie veut rester forte, elle est traumatisée: « j’ai beaucoup de cauchemar, je n’ai pas passé une nuit paisible depuis l’agression. Je ne suis pas bien de savoir que deux personnes aussi violentes trainent dans la nature. Me viendra toujours à l’idée qu’ils veuillent finir le travail un jour. »
Elle dénonce également la vague de commentaires transphobes qu’elle a reçue lorsque son agression a été diffusée dans les médias et sur les réseaux sociaux. « J’ai failli mourir, on a essayé d’abuser de moi, et je me prends la haine de centaines et de milliers de gens. »
« Il faut aujourd’hui une prise de conscience »
Le 27 août, le groupe municipal de la France insoumise et des Verts populaires de Montpellier a apporté son soutien à Ellie dans un communiqué. Il demande une réaction forte du maire, Michaël Delafosse.« On demande que cette agression soit prise au sérieux, elle inquiète beaucoup nos concitoyens et concitoyennes, affirme l’élue de Montpellier Alenka Doulain. Il faut aujourd’hui une prise de conscience. Les agressions transphobes en France ont été multipliées par trois depuis 10 ans d’après l’Observatoire des discriminations. »
Sébastien Cote, le premier adjoint du maire de Montpellier, notamment chargé de la prévention de la délinquance, a rappelé que les images de vidéosurveillance de la ville ont été transmises à la police et qu’il « apportait son soutien à Ellie ». Cette dernière affirme qu’un rendez-vous est prévu à la mi-septembre avec un membre de la majorité.
Contacté, le procureur de la République du tribunal de Montpellier affirme « qu’une enquête [est] en cours et que les investigations sont menées par le commissariat de police de Montpellier afin de déterminer les circonstances des faits et d’en découvrir les auteurs ».
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