Pour Emmanuel Macron, ce 1er septembre, c’est aussi jour de rentrée. Le président de la République a choisi la Lozère et le lycée Chaptal de Mende pour rencontrer élèves et enseignants afin d’échanger sur une nouvelle règle dont il avait fait l’une de ses priorités : l’interdiction du téléphone portable.
Le ministre de l’Education, Édouard Geffray, est ce mardi au lycée Chaptal de Mende, avec le président Emmanuel Macron.
L’occasion, en ce jour de rentrée des classes, d’échanger avec les élèves et les enseignants sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée 2026.
L’application de cette mesure s’annonce complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l’usage des smartphones dans certains cas (paiement de la cantine, activités pédagogiques, etc.).
« Scientifiquement, on a établi que, à votre âge et compte tenu du fait que vous êtes là pour apprendre des contenus, des matières, apprendre l’esprit critique, pour vous construire… (…) les téléphones, les écrans et encore plus les réseaux sociaux écartent de cet objet », a fait valoir le président de la République devant une classe de seconde du lycée Chaptal.
Plusieurs élèves ont pris la parole, certains disant comprendre l’interdiction nouvelle quand pour d’autres cette décision était « infantilisante » dans un monde où les portables sont devenus « indispensables ».
Les téléphones « enlèvent de l’attention et de la capacité à être les uns avec les autres » car « on ne sociabilise pas de la même manière », a affirmé Emmanuel Macron, précisant qu’il avait lui-même interdit l’usage du portable lors de certaines réunions à l’Elysée.
Mende (Lozère) – Emmanuel Macron en visite au lycée Chaptal pour la rentrée scolaire avec le ministre de l’Education nationale – 1er septembre 2026. • © FTV Y. Gonon
Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année en novembre aux élèves, de la grande section à la terminale.
Après cet échange, Emmanuel Macron va poursuivre sa visite avec un déjeuner à la cantine du lycée Chaptal, avant de se rendre à 14h15, sur le site de Mende de la faculté d’éducation de Montpellier.
Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant l’élection présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme.
Mende (Lozère) – manifestation syndicale pour la venue d’Emmanuel Macron au lycée Chaptal avec le ministre de l’Education nationale, Édouard Geffray – 1er septembre 2026. • © FTV T. Achterfeld.
Ce matin, vers 10h, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à l’appel de la FSU, le syndicat majoritaire dans l’enseignement. Fermetures de classe, gel des salaires des enseignants, ils dénoncent une casse du système d’éducation par Emmanuel Macron pendant ses 10 ans de mandat écoulé.
« Chaque jour, il a fait fermer une classe en France. Chaque jour, depuis qu’il est président de la République. Ça, c’est le bilan pour le premier degré national et donc la Lozère a été mise à la dîme comme tous les autres départements français pour les écoles du premier degré. Et puis, dans le second degré, les réformes ont été empilées, des réformes très destructrices, très déstabilisantes pour le système, très déstabilisantes pour les personnels et aussi pour les élèves » explique Hervé Fumel, syndicaliste FSU Lozère.
Pour rappel, le département de la Lozère, le moins peuplé de France, compte environ 6 000 collégiens et lycéens scolarisés dans l’enseignement public.
En 10 ans, c’est la première fois que le président de la République vient dans ce département rural.
Avec T. Achterfeld, Y. Gonon et AFP.
