L’achat des fournitures scolaires est un casse-tête financier pour de nombreuses familles .Produits de marque ou premier prix ? Un dilemme pas anodin, car selon une étude, 20% des enfants seraient concernés par du harcèlement lié aux fournitures.
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026, comme chaque année, l’achat des fournitures fait partie des pilules difficiles à avaler pour de nombreux parents, ainsi que pour beaucoup d’étudiants au budget serré. Mais cette corvée, déjà concernée par une forte inflation ces dernières années, est encore plus dure lorsque certains enfants réclament la trousse, le cahier ou le sac à dos rêvé avec leur marque ou licence préférée…
Car ces produits sont, sans surprise, plus chers. « Les enfants vont avoir peut-être un peu tendance à privilégier ce qui est un peu plus, entre guillemets, clinquant, donc les fournisseurs et les distributeurs jouent un petit peu là dessus« , confirme Claude Gaubert, trésorier de l’association de consommateurs Que choisir ensemble. Selon cet organisme, qui a comparé les prix d’une quinzaine d’articles scolaires, les marques coûtent 4 fois plus cher que les entrées de gamme.
L’association Que choisir ensemble a comparé les prix d’une quinzaine d’articles scolaires pour cette rentrée 2026. • © Que choisir / France Télévisions
Si les grandes marques spécialisées se permettent de telles marges, « c’est parce qu’elles connaissent leurs cibles, très influençables à cet âge-là. Et si on avait pris des marques sous licence, ça aurait été beaucoup plus que 100 euros« , assure Claude Gaubert.
Dans les rayons des hypermarchés, chacun a son avis sur la question des marques et sa méthode pour éviter de trop rallonger le ticket de caisse. Pour la première rentrée de sa fille en maternelle, Vintyana assume de prendre au moins cher. « Un cahier c’est un cahier, une feuille, c’est une feuille, et un stylo, c’est un stylo. Surtout pour de la maternelle« , lance-t-elle.
Mais pour les plus grands, surtout à partir de la rentrée au collège, avoir des affaires de marque revêt une certaine importance pour les élèves. C’est le cas « surtout en sixième, la majorité des élèves sont jugés pour ce qu’ils ont, ce qu’ils portent, tout ce qui concerne le domaine des affaires scolaires« , témoigne Raphaël, aujourd’hui lycéen. « Ils vont regarder ce qu’il y a dans la trousse, ils vont regarder les sacs, les marques, et en fonction, ils vont juger la personne avec ce qu’ils achètent« .
Le harcèlement peut vite commencer par ça. Des trucs débiles, des marques de stylos, de gommes. Ça démarre de là.
Raphaël, lycéen,à France 3 Occitanie.
Pourtant, si sa mère Florence reconnaît que « sur ce qui est vraiment visible, il y a un peu de discrimination« , pour le reste comme les stylos, elle assume ne pas prendre de marque pour son autre fils qui rentre en 6ème cette année. « Sinon, je ne m’en sors pas ! J’ai une liste énorme« , regrette-t-elle.
Reportage dans les rayons de fournitures scolaires d’un hypermarché au Crès (Hérault). • ©Caroline Agullo / Yannick Le Teurnier / Ludivine Roulland-Serin / France Télévisions
Pour lutter contre ce harcèlement, certaines municipalités comme Castelnau-le-Lez (Hérault) fournissent tout le matériel nécessaire aux élèves. « C’est aussi le rôle de la collectivité de veiller à l’égalité de chances pour nos élèves. Au moins c’est une discrimination qui est en moins« , pointe Séverine Beaume-Heckly, déléguée à l’éducation et à la jeunesse.
Selon un sondage IFOP pour l’association Don Solidaire, près de 20% des enfants déclarent avoir subi des moqueries ou duharcèlement pour leurs fournitures scolaires.
