Brive change de modèle. Effectif resserré, masse salariale allégée mais staff renforcé : le CAB veut se réinventer sans renoncer à ses ambitions ni à son statut de poids lourd de Pro D2.
À Brive, le changement ne se résume pas aux nouveaux visages installés sur le banc. Après plusieurs saisons à courir derrière un hypothétique retour en Top 14, à empiler les joueurs et parfois les gros contrats, le CAB a choisi cet été de revoir en partie son modèle. De réduire la voilure, aussi. Le symbole le plus évident se trouve dans l’effectif. Brive comptait encore 41 contrats professionnels la saison dernière. Ils ne seront plus que 34 pour l’exercice qui débute, complétés par une dizaine d’Espoirs auxquels le nouveau staff corrézien entend véritablement ouvrir la porte. « Nous étions beaucoup trop nombreux, ce qui explique aussi peut-être quelques problèmes de cohésion et de stabilité », détaillait ainsi le président Thierry Blandinières au mois de juin, sur notre site Rugbyrama.fr. La cure d’amaigrissement concerne aussi la masse salariale. L’international anglais Courtney Lawes, tête d’affiche du précédent projet et plus gros contrat de l’effectif, est parti, tout comme le buteur sud-africain Curwin Bosch, autre joueur important dans la grille salariale briviste. Là où le CAB avait ces dernières années construit un effectif dimensionné pour retrouver rapidement le Top 14 et, surtout, s’y maintenir, il entend désormais retrouver davantage d’équilibre. Cela ne signifie pas que Brive a renoncé à investir ou que Ian Osborne, son principal investisseur, entame une quelconque prise de recul. Il a simplement déplacé une partie de ses moyens. Le club corrézien s’est offert un staff de haut niveau, bâti autour de Grégory Patat et Fabien Fortassin. Le premier arrive de Bayonne, où il avait participé à l’installation durable de l’Aviron parmi les places fortes du Top 14. Le second était l’architecte de la spectaculaire progression de Valence-Romans et l’un des techniciens les plus convoités de Pro D2.
L’aura du CAB demeure
Patat doit reconstruire un groupe et une cohésion. Fortassin, lui, a notamment été recruté par les dirigeants brivistes pour transformer le jeu. Longtemps identifié à la puissance de son pack, à la conquête et à un rugby très frontal, Brive souhaite désormais développer davantage ses trois-quarts et proposer une attaque plus ambitieuse. Thierry Blandinières ne s’en cachait d’ailleurs pas : « Fabien Fortassin a une vision très claire du système de jeu qu’il veut mettre en place et, à Brive, nous n’avions pas ces compétences. […] En résumé, il y a beaucoup de choses à faire et, plus que jamais, un potentiel formidable. » Entre les lignes, le président corrézien réclame donc du temps. Cette première saison doit permettre au nouveau staff d’installer ses méthodes, son rugby et de préparer, à moyen terme, un deuxième exercice où Grégory Patat aura davantage façonné l’effectif à son image. Brive veut parallèlement atteindre une moyenne de 17 Jiff et redonner de l’espace à sa formation.
Reste qu’en Pro D2, personne ne semble réellement croire à une année de transition tranquille pour l’entité corrézienne. Dans notre traditionnel sondage réalisé auprès des entraîneurs de la division avant le coup d’envoi de la saison, le CAB apparaît comme le deuxième favori derrière Provence Rugby. Une place qui dit beaucoup de l’aura conservée par le club présidé par Thierry Blandinières, au sein duquel l’historique Simon Gillham est toujours vice-président. Malgré les départs de plusieurs stars, malgré la réduction de l’effectif et malgré un discours présidentiel beaucoup moins pressant autour de la remontée, Brive conserve un budget conséquent, un public parmi les plus importants du championnat, des joueurs de qualité et désormais un staff particulièrement coté. De quoi rêver grand, n’est-ce pas ?
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