Depuis fin juillet, douze personnes ont été interpellées près de Béziers (Hérault) dans le cadre de « l’Opération Tournesol 2 ». L’Office français de la biodiversité a mis au jour plusieurs réseaux de capture et de revente illégale de passereaux. Mais aussi de chardonnerets, une espèce en régression.
Après plusieurs mois d’investigations, l’Office français de la biodiversité (OFB) a renforcé son action dans l’Hérault.
Baptisée « Opération Tournesol 2 », cette mobilisation vise à mettre fin à des captures illégales d’oiseaux sur des parcelles agricoles du secteur biterrois.
Ce ne sont pas moins de 25 inspecteurs de l’environnement, « venus des services départementaux de l’Hérault, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Lozère, du Lot, du Tarn-et-Garonne, des Pyrénées-Orientales », appuyés par la « brigade mobile d’intervention de l’OFB », qui ont été mobilisés pour cette opération.
Elle a été menée « en étroite coordination avec la police nationale », sous l’autorité du parquet du tribunal judiciaire de Béziers.
Depuis plusieurs années, des parcelles de tournesol situées autour de Béziers sont régulièrement touchées par des « dégradations de filets de protection ». Selon l’OFB, ces dispositifs sont « détournés afin de piéger des passereaux, notamment des chardonnerets élégants et des linottes mélodieuses, deux espèces protégées faisant l’objet d’un commerce clandestin ».
Commencée à la fin du mois de juillet, l’opération a déjà conduit à « 12 interpellations en flagrant délit sur plusieurs exploitations agricoles proches de Béziers ».
Les auditions et les perquisitions menées au domicile des personnes mises en cause ont permis de confirmer l’existence de plusieurs trafics. Les oiseaux capturés étaient « souvent destinés à la revente en France et à l’étranger », précise l’Office français de la biodiversité.
Au total, des cages ont été saisies et « 34 oiseaux ont pu être relâchés ». En revanche, « 22 autres passereaux ont été retrouvés morts » lors des perquisitions. « Dix armes à feu ainsi que sept pieds de cannabis » ont également été découverts dans le cadre de procédures distinctes prises en charge par les services de gendarmerie, indique le communiqué de l’OFB.
Les procédures judiciaires se poursuivent sous l’autorité du parquet de Béziers. En droit français, la capture, la détention, le transport et la commercialisation d’espèces protégées constituent un délit. Les auteurs encourent jusqu’à « 150 000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement ».
Des passereaux en cage destinés au trafic. (Hérault) – 19 août 2026. • © Office français de la biodiversité
Cette lutte contre le trafic intervient dans un contexte préoccupant pour les oiseaux. Selon un dernier bilan national cité par l’OFB, « les populations d’espèces spécialistes des milieux agricoles et bâtis ont diminué d’un quart en trente ans ».
Le chardonneret élégant est particulièrement touché, avec « une régression estimée à 30 % ». En cause, « l’urbanisation, l’évolution des pratiques agricoles et la destruction des habitats », explique en partie cette situation.
Mais le trafic constitue une menace à plus grande échelle : « Probablement plusieurs milliers d’oiseaux » seraient encore capturés illégalement chaque année en France, assure le communiqué de l’Office français de la biodiversité.
