Top 14 – « Je pense vraiment que j’ai grandi » : le Toulousain Juan Cruz Mallia se livre avant son retour à la compétition

Gravement blessé au genou en novembre 2025, l’Argentin Juan Cruz Mallia a raté la nouvelle fin de saison historique du Stade toulousain. Mais il en a profité pour effectuer un gros travail spécifique sur le plan physique, mais aussi mental, et espérer revenir encore plus fort. Depuis le stage des siens à Gérone, il dévoile ses ambitions avant de postuler pour les premières journées de Top 14. 

On sait que le stage de présaison est toujours un moment particulier dans la préparation, d’autant plus pour vous qui revenez de blessure. Comment vivez-vous cette expérience à Gérone ?

C’est ma première fois ici, et c’est surtout ma première présaison avec le Stade Toulousain. D’habitude, avec « Choco » (surnom de Santiago Chocobares, NDLR), on était avec l’équipe d’Argentine à ce moment-là. Donc, tous les deux, on profite beaucoup d’être ici. On aimerait bien sûr être avec les Pumas, mais il y a des raisons à notre absence, entre ma blessure et le besoin de repos pour « Choco ».

Effectivement, tout est nouveau pour vous cet été…

Oui, mais on est très contents d’être là. On en a beaucoup discuté avec « Choco » : on arrive souvent au club à partir du mois d’octobre, et la saison a déjà bien démarré. Là, disons qu’on commence de zéro, c’est très bien ainsi. On voit de quoi on parle dans le groupe, ce que donne une présaison, comment on se prépare, etc. Ça nous fait du bien de connaître des situations différentes.

Le bienfait peut-il aussi se faire ressentir sur le plan physique ?

Oui, c’est très important même. Personnellement, avec ma blessure en plus, revenir sur une présaison va me faire beaucoup de bien. Comme je le dis souvent, au vu du calendrier, on ne s’arrête jamais les autres années. Du coup, on n’a jamais le temps de repartir à zéro, de penser à autre chose que le rugby. Les vacances peuvent être essentielles. Cette fois, bien commencer la présaison, avoir le temps de travailler sur tout le corps, de manière générale et intense, cela va forcément être bénéfique pour nous.

La patience, c’est une qualité que j’ai beaucoup travaillée pendant ma rééducation

Quand ils vivent malheureusement une grosse blessure, comme ce fut votre cas, de nombreux joueurs disent que c’est le moyen de refaire un vrai « check-up » physique, ce que les saisons infernales ne vous permettent jamais…

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Oui, c’est ça. Je me sens fort partout maintenant. J’ai même travaillé les gros orteils, tous les doigts de pied, les chevilles (sourire). Parfois, tu n’as pas le temps de travailler pendant la saison car tout s’enchaîne, il y a beaucoup de matchs… Du coup, je pense que ça m’a beaucoup aidé pour la suite. C’est malheureusement à cause d’une blessure, mais j’en ai profité pour travailler sur mon corps en général, pour couper un peu aussi et pour reprendre de la force. C’est un boulot spécifique. Mais, pendant la saison, ce n’est pas possible. On ne peut pas vraiment bosser la force de tous les muscles. Tout le travail musculaire sert plutôt à se maintenir en forme au fil des mois. Là, je me suis servi de ces huit mois, quasiment neuf, pour bien revenir et surtout que ça me soit utile pour l’avenir.

Et mentalement, revient-on plus fort aussi ?

Bien sûr, ça aide. J’ai vécu des situations un peu plus dures. Dans ces cas-là, tu as le temps de réfléchir, parce que tu vois les choses sous un autre angle. J’ai eu la chance de regarder tous les entraînements avec un œil extérieur, tous les matchs également, de discuter et de me concentrer sur des choses qu’on n’a pas le temps d’affiner pendant une saison normale. Je pense vraiment que j’ai grandi. Et j’espère que ça va me permettre de revenir encore plus fort.

Avec la sélection argentine, Juan Cruz Mallia s’est gravement blessé au genou en novembre 2025. Il n’a pas encore joué en 2026. PA Images / Icon Sport – Andrew Matthews

Psychologiquement, est-ce que cela a été difficile de vivre les phases finales loin du terrain ?

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C’était évidemment un moment dur, mais j’ai essayé de rester collé au groupe, d’être à côté, d’aider mes partenaires dès que je pouvais faire quelque chose. J’étais là pour les accompagner, même en analysant parfois le jeu des adversaires ou juste pour parler. Oui, c’était difficile pour moi mais je suis heureux parce que l’équipe a montré encore une fois que, peu importe les joueurs sur le terrain, elle est capable de réussir à la fin.

Avez-vous bénéficié d’un accompagnement mental ?

Oui, toujours. Je travaille avec mon psychologue depuis des années. J’ai aussi eu l’accompagnement de ma copine, de toute ma famille, de tous mes amis, du club, des staffs médicaux. Franchement, tout le monde était avec moi à 100 %. Tout ce que j’ai demandé, ils ont essayé de me le donner. Je suis parti ailleurs, j’ai découvert différents centres d’entraînement, j’ai beaucoup partagé avec d’autres personnes, d’autres joueurs, d’autres kinés également. Ça m’a beaucoup aidé pour l’ensemble de ma rééducation.

Votre objectif personnel était d’être à 100 % pour le début de saison. Est-ce le cas aujourd’hui ?

Je me sens très bien. Après, je ne veux pas dire que je suis à 100 %, parce qu’on a encore des semaines de préparation. J’ai forcément envie de jouer les premiers matchs… Mais ça va dépendre des coachs. Je ne veux pas annoncer que ce sera pour la première, la deuxième ou la troisième journée. Parce que, s’il faut attendre un match ou une semaine de plus… Après huit ou neuf mois, cela ne me paraît rien du tout ! Je continue ma préparation sérieusement, et je ne vais pas penser plus loin que les entraînements que je fais. Il faut juste continuer à travailler, à s’entraîner et à régler les choses. Après, on verra pour quel match je reviendrai.

Ce groupe trouve toujours des sources de motivation

Mais il y a de l’impatience tout de même ?

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Oui. Franchement, tout s’est bien déroulé durant ma rééducation et c’est passé assez vite. Mais à la fin, j’ai commencé à être un peu plus anxieux parce que je voyais le bout justement. Je savais que la présaison commençait lors des premiers jours d’août. Mais c’est normal d’avoir aussi ce sentiment. La patience, c’est une qualité que j’ai beaucoup travaillée pendant ma rééducation (rire). Comme je le disais, il faut en avoir et je vais encore bien me préparer en espérant que le premier match arrive rapidement pour moi.

La saison qui s’ouvre va forcément être particulière pour tous les internationaux. Outre les défis en championnat de France et en Champions Cup, il y a aussi une Coupe du monde dans un peu plus d’un an. Avez-vous déjà cet événement majeur dans la tête ?

Franchement, on pense toujours à ça, mais un peu de loin. Comme vous vous en doutez, avec ma blessure, j’étais davantage concentré sur d’autres choses. Mais je pense que, tout ce qu’on fait au quotidien, c’est pour jouer pour notre pays, pour le représenter. Après, il faut bien faire les choses dans l’ordre, d’abord ici au club. Donc, je préfère rester concentré sur l’avenir à court terme, sur le fait de revenir sur le terrain, de retrouver des bonnes sensations et de bien travailler. Après, je pourrai penser à ça. Mais, sincèrement, ça va être encore très long et j’ai appris cette année qu’il ne faut pas regarder trop loin. Il faut savoir profiter du présent et se concentrer sur ce qu’on peut contrôler, sur notre entraînement et ce qu’on fait sur le terrain.

En club justement, votre groupe aura devant lui l’incroyable défi d’aller chercher un quintuplé en championnat, ce qui n’a jamais été réalisé…

Ce groupe trouve toujours des sources de motivation pour travailler et encore s’améliorer, continuer à gagner. Comme on le répète souvent, on n’est jamais fatigué de gagner. L’émotion, qu’on peut ressentir juste après le coup de sifflet final quand tu deviens champion, c’est incomparable. C’est ce qui nous pousse à aller plus loin, en espérant avoir de nouveaux bons résultats.

https://www.rugbyrama.fr/2026/08/19/top-14-je-pense-vraiment-que-jai-grandi-le-toulousain-juan-cruz-mallia-se-livre-avant-son-retour-a-la-competition-13514146.php

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